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13 000 sangliers abattus en Aveyron : la chasse peut-elle encore réguler ?

26 juillet 2018

13 000 sangliers abattus en Aveyron : la chasse peut-elle encore réguler ?

La FDSEA a pris l’initiative de réunir les agriculteurs, la Fédération des chasseurs, la DDT et les lieutenants de louveterie à Cornus le 16 juillet. Ce secteur, comme d’autres, est très touché par les dégâts de sangliers. Les exploitants sont excédés face à une situation qui se dégrade d’année en année. Malgré une pression de chasse renforcée, d’autres solutions doivent être aujourd’hui envisagées pour retrouver un équilibre.

Fin 2017, la FDSEA avait déjà alerté la DDT et la Fédération des chasseurs sur la situation particulièrement tendue vis-à-vis du sanglier en Aveyron. Le seuil d’équilibre partagé par la profession et la Fédération des chasseurs se situe entre 6 000 et 7 000 sangliers abattus par an. Il s’est fortement dégradé depuis 5 à 6 ans passant de 6 500 sangliers abattus en 2012, à plus de 13 000 aujourd’hui (voir tableau des prélèvements).

Dégâts de gibiers : 560 000 euros !

Les conséquences sont multiples et dépassent le cadre agricole. Les dégâts sur les cultures augmentent fortement remettant en cause parfois des équilibres économiques dans les exploitations. Les indemnisations versées aux exploitants augmentent aussi avec 560 000 euros la dernière saison. Cependant beaucoup d’agriculteurs ne demandent rien car c’est avant tout une meilleure gestion qu’ils souhaitent.

L’augmentation des populations de grands gibiers accentue aussi le risque sanitaire : les animaux sauvages sont vecteurs de maladies comme la tuberculose. Elle engendre aussi un problème de sécurité publique avec 35 000 collisions recensées en moyenne par an au plan national. Ce développement incontrôlé des populations de sangliers ne peut plus continuer !

La FDSEA tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme et demande à la Fédération des chasseurs et aux services de l’Etat de bien prendre la mesure du problème pour que des mesures fortes soient enfin prises et rapidement.

Tir individuel pour tous les exploitants

Pour Laurent Saint Affre, président de la FDSEA : «le tir de défense doit être accordé sans condition à tous les exploitants pour protéger leurs récoltes, c’est indispensable !». La DDT a indiqué qu’à ce niveau-là, il n’y avait aucun frein aujourd’hui et que le nombre d’autorisation de tir d’été avait doublé cette année.

Interdire l’agrainage !

Pour Jean-François Fabry, co-président de la section chasse et dégâts de gibiers de la FDSEA : «nous demandons aussi l’interdiction de l’agrainage car beaucoup de dérives sont à souligner et c’est généralement davantage du nourrissage !». La Fédération des chasseurs ne souhaite pas interdire l’agrainage d’une façon générale mais est prête à l’interdire sur certaines unités de gestion à problème. C’est un premier pas ! Pour avancer sur ce sujet, la FDSEA lance un recensement des points d’agrainages clandestins ou n’étant pas dans le cadre règlementaire (lire encadré).

Les agriculteurs ont porté d’autres demandes comme le classement en tant que nuisible du sanglier et du blaireau (c’est déjà le cas dans certains départements) ou la baisse du nombre de chasseurs en battue (6 comme pour le chevreuil).

LD