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Dégâts de sangliers sur les cultures : «A l’Etat de trouver des solutions !»

25 octobre 2018

Dégâts de sangliers sur les cultures : «A l’Etat de trouver des solutions !»

La FDSEA et les JA ont accueilli la préfète de l’Aveyron, Catherine Sarlandie de La Robertie, mardi 23 octobre, à Almont-les-Junies et Grand-Vabre, sur des parcelles ayant subi des dégâts de sangliers.

La préfète a été reçue chez Jean-Philippe et Guillaume Cerles à Almont-les-Junies, puis chez Jean-Luc Rouquette à Grand-Vabre. Chez les premiers, 1,5 ha de mais ont été détruits cette année sur les 15 ha semés, et chez le second, 1,3 ha sur 7,5 ha. Les éleveurs ont relayé le ras le bol des agriculteurs aveyron dont les exploitations sont de plus en plus impactées par des pertes de cultures dues à la population croissante de sangliers. «Le sanglier est un sujet qui nous irrite, nous excède et qui empire chaque année, malgré nos courriers envoyés à la préfecture !» proteste par exemple, Jean-Philippe Cerles.

Economie agricole

Selon la FDSEA et les JA, «en 2010, 7 000 sangliers ont été tués par les chasseurs sur le département. En 2018, ce serait plus de 13 500». Pour Laurent St-Affre (FDSEA), «il est urgent de trouver des solutions. L’Etat doit agir dans ce sens ! Dans certains secteurs plus que d’autres, les relations entre chasseurs et agriculteurs sont parfois difficiles... Aujourd’hui, chacun fait des efforts et des solutions doivent être vite trouvées». Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture et chasseur, estime qu’il faut «garder le lien entre la chasse et l’agriculture, mais trouver aussi un bon équilibre. La biodiversité est une chose, mais l’économie agricole en est une autre ! Il faut autoriser la chasse au sanglier tous les jours dans certaines zones où les problèmes sont récurrents !».

Dans un département qui compte «11 500 chasseurs», selon Nicolas Cayssiols, directeur de la Fédération départementale des chasseurs, «il en faudrait au moins 1 000 de plus pour mieux réguler. Nous manquons de chasseurs et j’invite les agriculteurs à nous rejoindre !». Classer le sanglier comme animal nuisible fut aussi parmi les questions soulevées. «Faut-il chasser tous les jours ?», interroge Nicolas Cayssiols, «nous n’avons pas le nombre de chiens et d’hommes nécessaires. Nous nous battons déjà aujourd’hui pour conserver des jours de chasse le week-end et le mercredi».

Selon la préfète, accompagnée de Laurent Wendling, directeur de la DDT, «l’Etat est là, à vos côtés. Vous avez tout mon soutien pour avancer sur le sujet, trouver des solutions ensemble, et réunir autour de la table agriculteurs et chasseurs».

Une réglementation «obsolète»

La FDSEA et les JA demandent à la préfète de prendre différentes mesures pour «mieux gérer la population de sangliers, car les moyens de chasse utilisés aujourd’hui sont obsolètes, insuffisants et inadaptés. Les chasseurs font des efforts pour réguler mais ce n’est pas suffisant» relèvent les deux syndicats. «Le vieillissement des équipes de chasseurs engendre un affaiblissement de la pression de chasse dans certaines zones. La chasse ne réglera donc pas le problème avec la réglementation actuelle». Et de rappeler «que le plan national de maîtrise des sangliers permet aux préfets de prendre des mesures fortes de lutte contre le sanglier. Dans ce cadre, nous demandons que la DDT établisse un véritable suivi des zones impactées et organise des actions ciblées : piégeage, prélèvement à l’agrainage ou pendant les chantiers de récolte. Il faut aussi permettre aux chasseurs d’exercer leur devoir de régulation sur des périodes de chasse plus étendues. Et que soient sanctionnés très durement les lâchers de sanglier et les agrainages illicites pratiqués».

D’autres sujets ont été évoqués avec la préfète. Ils concernent la sécheresse, les retards de paiement d’acomptes liés aux visites rapides et contrôles PAC, du PCAE avec le retard d’instruction de dossiers, «faute de personnel à la DDT», avec également les retards de paiements des aides bio et MAEC et l’incertitude de la collecte des plastiques agricoles en 2019. Enfin, la FDSEA et les JA ont également relayé les préoccupations de la profession agricole relatives aux attaques sociétales, comme la récente action de L214 sur un élevage avicole à Mayran (lire ci-dessous).

D.B.