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Marché aux bestiaux de Laissac : les animaux bio font leur entrée sur le foirail

25 juin 2020

Marché aux bestiaux de Laissac : les animaux bio font leur entrée sur le foirail

David Minerva, maire de Laissac-Sévérac l’église et Patrick Kalil de SOCOPA à Villefranche d’Allier.

A partir du 1er juillet, le marché aux bestiaux de Laissac pourra accueillir les bovins sous le label Agriculture Biologique avec une catégorie spécifique, sans rupture de traçabilité. Une façon de répondre à une offre et une demande grandissante sur ce créneau.

Il est désormais possible pour les marchés aux bestiaux adhérents à la Fédération nationale des marchés aux bestiaux vivants (FMBV) de proposer une catégorie spécifique aux bovins labellisés Agriculture Biologique. Le marché de Laissac s’est tout de suite positionné et dès le début du mois de juillet, les bovins sous le label AB auront leur propre emplacement sur le foirail, sans rupture de traçabilité.

«La FMBV a lancé cette démarche de façon collective pour tous les marchés adhérents», expliquent David Minerva, maire de Laissac et Anne Mercadier, co-présidente de l’association du marché aux bestiaux de Laissac. «A Laissac, nous y voyons la possibilité de répondre à une demande des utilisateurs du marché, à la fois les vendeurs et les acheteurs», poursuivent-ils. En effet, le marché du bio est porteur mais à ce jour, sur les marchés, les animaux estampillés AB étaient vendus dans le circuit conventionnel, et les acheteurs ne pouvaient obtenir la certification AB des animaux qu’ils avaient achetés et donc apporter l’assurance du label à leurs clients...

Un potentiel de développement

A partir du 1er juillet donc, les passeports des animaux labellisés AB seront validés en entrée et sortie. Pour mettre en place cette nouvelle catégorie, peu de changements ont été nécessaires pour les organisateurs du marché. «Pour assurer la tracabilité des animaux bio, nous devons conserver tous les certificats AB (en cours de validité) des éleveurs, conserver une copie des passeports des animaux, tenir un registre des animaux bio passés sur le marché et apposer le logo AB sous la halle uniquement pour les animaux bio», détaille David Minerva. «Finalement, le plus gros du travail sera administratif», ajoute Anne Mercadier.

Les usagers du marché devront transmettre le certificat AB de l’éleveur et le passeport de l’animal à l’entrée au marché et installés les animaux dans les emplacements prévus à cet effet. «Avant de mettre en place cette diversification, nous avons sondé nos usagers pour tester cette nouvelle opportunité et beaucoup nous ont indiqué que le marché du bio était porteur et que le potentiel était là», avance David Minerva.

Des propos confirmés par Patrick Kalil, de SOCOPA à Villefranche d’Allier, fidèle à Laissac depuis plus de 17 ans. «L’offre d’animaux bio reste diffuse. En proposant une catégorie spécifique sur le marché de Laissac, nous pourrons avoir un choix plus large en un même lieu pour répondre à la demande croissante de nos clients». Lais- sac attire en effet chaque semaine, des animaux venus d’une douzaine de départements (région Occitanie et sud Massif central). «Cette démarche incitera aussi peut-être quelques opérateurs à s’agréer en bio», poursuit-il.

Depuis quelques années, les animaux bio qui restent un marché de niche selon Patrick Kalil, ont gagné en qualité bouchère et sur le calibre des produits. Si les marchés deviennent pour eux, un nouveau débouché, la valorisation suivra. «Les animaux valorisés en filière AB affiche une plus-value de 40 à 80 centimes d’euro voire 1 euro sur certaines catégories, c’est un juste retour du travail engagé par les éleveurs», avance Patrick Kalil.

Pour l’heure, Laissac est l’un des seuls marchés à proposer cette nouvelle catégorie d’animaux AB. «On ne cache pas que l’on espère que cela sera porteur en terme d’image et de communication pour notre marché auprès des vendeurs, des acheteurs et du grand public. C’est une manière pour nous de faire évoluer notre marché pour qu’il perdure», conclut David Minerva qui espère voir reprendre prochainement les visites guidées au grand public.

Eva DZ