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Forum des filières agricoles UNICOR-APO : un potentiel toujours bien accompagné !

25 avril 2019

Forum des filières agricoles UNICOR-APO : un potentiel toujours bien accompagné !

Le forum des filières agricoles dynamiques organisé par les coopératives UNICOR et Alliance Porci d’Oc (APO) a rassemblé plus de 80 personnes, vendredi 19 avril, à Luc-La Primaube.

Cette rencontre, qui était une première, avait pour objectif de mettre en avant des filières agricoles à la recherche de producteurs, et par là même, d’échanger sur les opportunités en matière d’installation ou de reconversion, avec l’appui de différents témoignages. La matinée a été lancée par l’intervention de Jacques Mathé, économiste au réseau CERFrance, professeur à la faculté de sciences économiques de l’université de Poitiers. Il travaille notamment sur le développement des productions agricoles de proximité et leurs impacts sur l’économie des territoires. Il est aussi l’auteur d’un ouvrage sur les circuits courts et intervient lors de conférences pour des organisations économiques du monde rural (coopératives, entreprises agro-alimentaires, organisations de producteurs, banques...).

Valeur ajoutée

En Aveyron, Jacques Mathé a évoqué les nouvelles opportunités de marché pour les agriculteurs, dans «un département déjà placé en bonne position concurrentielle sur les productions localisées», atteste-t-il. «Comment redynamiser les produits à haute valeur ajoutée ?», interroge plus largement l’expert. «Les débouchés ne sont pas un problème. La difficulté, ce sont les volumes de production et le manque de bras», complète-t-il. «L’agriculture est en pleine innovation, avec une population de «hors cadres» qui portent des projets différents», citant par exemple une start-up comme WeFarmUp, qui s’inspire du modèle des CUMA avec le partage du matériel agricole via internet. «On peut aussi citer les nouvelles techniques simplifiées du sol, moins gourmandes en mécanisation et qui apportent aussi de la valeur». Jacques Mathé insiste «sur l’importance de travailler en groupe, en filière, avec une idée de club, un peu comme les CUMA. Il y avait avant des groupes de vulgarisation agricole. Aujourd’hui, les agriculteurs sont certes autonomes mais ils doivent toujours regarder ailleurs. Beaucoup de gens innovent en agriculture et le font trop souvent en cachette. Avec internet et les smartphones, il est facile de tout partager, de poser une question et d’avoir la réponse rapidement !».

Attentes sociétales

Il a parlé de «transmission du savoir, des codes de fonctionnement traditionnels bousculés par le financement participatif, d’une agriculture devenue un gros fournisseur de data informatiques, avec une digitalisation porteuse de valeur derrière des structures comme la Ferme Digitale, Agriconomie, Karnott...». Gagner de la valeur c’est aussi «répondre à des attentes sociétales plus conscientes» toujours selon Jacques Mathé : «avec des mots comme santé, respect, éthique, promesse (transparence et origine) et des prix. Ce qui différencie aussi le métier, c’est la manière dont travaille l’agriculteur». Il a commenté des résultats économiques de productions agricoles en Aveyron et remarqué «le peu de différences entre les exploitations de queue et de tête». Jacques Mathé confie : «je suis surpris de constater que ce département se distingue par des écarts de revenus agricoles très faibles», précisant cependant «l’importance des soutiens publics à l’agriculture de montagne qui ont un effet lissant et protecteur. Il est donc important pour vous Aveyronnais d’être très attentifs à la nouvelle PAC !». Autre remarque, «la taille, n’est pas, n’est plus, un signe de performance. Le foncier, le patrimoine, est-il un bon outil de production ? Il est possible de créer de la valeur avec ce que l’on a». Et les circuits courts ? «Ils sont réservés aux meilleurs, avec des exigences terribles», lâche Jacques Mathé, adepte du travail en filière.

L’importance d’être bien accompagné techniquement et économiquement est ressortie des témoignages d’éleveurs et producteurs lors de l’échange animé par René Debons. Il s’agissait notamment des productions présentées sous forme de cinq fiches : agneau laitier Lacaune, élevage ovins viande, élevage de canard prêts à gaver, élevage de canards gras, élevage de poules pondeuses, élevage de porc post-sevrage engraissement et élevage de porc naisseur-engraisseur bio (lire aussi dans la VP datée du jeudi 11 avril).

D.B.