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FODSA - GDS Aveyron en assemblée générale : les 60 ans d’un réseau reconnu

25 avril 2019

FODSA - GDS Aveyron en assemblée générale : les 60 ans d’un réseau reconnu

Vendredi 19 avril, devant près de 200 personnes, FODSA - GDS Aveyron a fêté ses 60 ans à la salle des fêtes de Rodez.

Près de 200 personnes, éleveurs, vétérinaires, responsables d’organisations professionnelles, élus locaux et départementaux, services de l’Etat... ont célébré les 60 ans de FODSA - GDS Aveyron. L’occasion de montrer toute l’utilité de cet organisme reconnu à vocation sanitaire, a rappelé Michèle Lugrand, secrétaire générale de la préfecture. «Vous assurez la santé sanitaire globale des élevages et pas seulement en réaction aux crises, votre action contribue à la pérennité économique des élevages», a-t-elle poursuivi. Une action qui ne saurait être efficace sans le partenariat étroit entre les éleveurs, les vétérinaires et l’Etat : «je salue votre capacité à travailler ensemble», a-t-elle continué.

Alice de Besombes, trésorière du syndicat des vétérinaires, a témoigné aussi de ces bonnes relations, qu’elle qualifie de «démarches mutuelles, solides et solidaires». «Vous fêtez les 60 ans d’une aventure humaine et sanitaire avec de belles réalisations», citant les progrès réalisés en IBR, l’enclenchement du programme d’éradication de la BVD, l’efficacité de la communication sur la Besnoitiose, le suivi des causes d’avortement... «Le travail accompli est considérable mais il y a encore beaucoup à faire ensemble», a avancé Alice de Besombes, dénonçant notamment le principe de dérogation de la recherche IBR au moment de l’achat d’un animal qui bien souvent, fait qu’aucune autre analyse n’est réalisée.

Organisme à vocation sanitaire reconnu

Cet équilibre ne doit pas être remis en cause, Michel Combes, président de GDS France, invité en voisin du Cantal aux 60 ans de FODSA - GDS Aveyron a alerté la représentante de l’Etat et les élus présents, le député Stéphane Mazars et le conseiller départemental, Vincent Alazard. «Nous sommes inquiets par rapport à une ordonnance ouvrant les missions sanitaires aux Chambres d’agriculture. Nos GDS ont été reconnus pour assumer les missions déléguées par l’Etat en matière sanitaire, le rôle de nos GDS va bien au-delà avec une représentativité jusqu’à l’échelon européen. Nous ne lâcherons pas et notre ambition est bien de continuer à développer un partenariat fort avec les Chambres d’agriculture, tout en gardant nos missions propres», a précisé Michel Combes.

Depuis sa création, FODSA - GDS Aveyron va bien plus loin que le suivi sanitaire des troupeaux du département. Elle a développé un certain nombre de services et prodigue conseils et informations aux éleveurs bovins, ovins, caprins, porcins, de volailles et palmipèdes, de chevaux... «Le film que nous avons projeté sur la création des GDS, le rapport d’activités de notre GDS démontrent la volonté de notre Maison - GDS Aveyron et sa filiale FARAGO Aveyron - d’être le dénominateur commun de la dynamique de l’engagement au quotidien, auprès des éleveurs pour la meilleure maîtrise sanitaire possible, tout en s’inscrivant dans le réseau des GDS via la FRGDS Occitanie et GDS France pour une ouverture plus large», a commenté Bernard Lacombe, président de GDS Aveyron.

Au-delà de l’histoire donc, la Maison FODSA s’inscrit pleinement dans l’avenir. Et ses acteurs et partenaires l’ont clairement exprimé lors de cette assemblée générale. Autour de la table, Sylvain Fraysse, secrétaire général de FODSA - GDS Aveyron, a animé de main de maître les échanges autour des enjeux et orientations de santé animale. Michel Combes, président de GDS France, Dominique Chabanet de la DDCSPP, Lionel Lafon du GTV 12, Roland Brugidou d’Aveyron Labo, Bernard Lacombe, président de GDS Aveyron, Philippe Verlaguet et Christian Soulié, vice-présidents et Jean-Michel Desmons, président de l’un des 46 GDS locaux du département, ont chacun leur tour exprimé leur attachement à la FODSA et évoqué les défis à relever ensemble à l’avenir.

Approche sanitaire globale : la réussite collective

L’approche sanitaire globale (ASG) est une notion cultivée depuis quelques années par FODSA - GDS Aveyron : «Notre réflexion s’articule pour donner du sens à une vision et des perspectives qui dépassent le cadre animal, d’une maladie ou la recherche d’une seule cause», a introduit Bernard Lacombe. Le sanitaire s’appuie en effet sur plusieurs piliers : environnement de l’animal, bâtiment, conduite de l’élevage, alimentation, sol, traitements thérapeutiques... «Tous ces paramètres sont complémentaires et le groupe de référents que nous avons constitué avec les organismes professionnels qui le souhaitent ainsi que les formations des techniciens, des vétérinaires et des groupes d’éleveurs organisés par le réseau de GDS locaux sont des leviers pour des échanges constructifs», a-t-il complété. Lionel Lafon représentant les vétérinaires a confirmé la participation de sa profession à ce dispositif ASG, «une opportunité pour anticiper les problématiques».

Philippe Verlaguet, président de la commission petits ruminants à FODSA - GDS Aveyron, a confirmé que l’ASG offrait à chacun des points de repère simples à mettre en œuvre pour orienter les conduites. «Nous avons un réel besoin de formations pour acquérir toute l’expertise en la matière», a-t-il témoigné.

L’autre dossier d’actualité de FODSA - GDS Aveyron est la mise en place du plan d’assainissement de la BVD avant la publication de l’arrêté ministériel. Ce dernier devrait être officialisé dans les semaines à venir, selon Michel Combes. «C’est une bonne nouvelle pour les éleveurs, comme vous en Aveyron, qui se sont déjà engagés. Vous avez une longueur d’avance et ainsi vous vous donnez toutes les chances de réussite pour éviter le blocage des animaux positifs car dans 4 ans, aucun animal IPI ne pourra circuler». Ce dispositif a pu se mettre en place grâce à la réactivité d’Aveyron Labo. «Le dépistage de la BVD est l’exemple type d’une collaboration réussie avec la FODSA», a souligné le directeur Roland Brugidou. «Pour arriver à traiter en temps et en heure, les 1 000 enveloppes qui nous parviennent chaque jour avec les prélèvements, nous avons réorganisé nos locaux, investi dans du matériel et recruté du personnel».

La biosécurité est une notion également forte à FODSA - GDS Aveyron. Dominique Chabanet, directeur de la DDCSPP, a confirmé la nécessité pour les éleveurs de se former pour trouver les moyens qui font que les agents pathogènes ne rentrent pas dans les troupeaux. Certaines productions y sont déjà particulièrement bien impliquées (volailles, porcs, abeilles...). L’un des premiers facteurs d’introduction de maladies dans les exploitations est l’achat d’animaux. Bernard Lacombe, président de FODSA - GDS Aveyron, a présenté le projet de pack d’analyses à l’introduction que son conseil d’administration vient de valider.

La dynamique d’un réseau depuis sa ferme jusqu’à Bruxelles

Le dernier point de cette table-ronde est la dynamique de réseau, la force de FODSA - GDS Aveyron, depuis ses débuts il y a 60 ans et encore aujourd’hui avec ses 46 GDS locaux. «Chaque GDS local est autonome financièrement et donc dans ses projets et ses décisions. Il faut beaucoup d’énergie pour entretenir ce maillage mais c’est très enrichissant», a témoigné Jean-Michel Desmons, président du GDS de Saint Amans des Côts. «Chaque président de GDS local est un intermédiaire entre le terrain et le département». Et Bernard Lacombe d’évoquer le lien entre le département et la FRGDS Occitanie. Une nouvelle équipe est en cours de constitution. Un relais aussi avec l’échelon national : «GDS France est en relation permanente avec les pouvoirs publics pour faire remonter les problématiques de terrain à la fois au niveau français et européen».

Et Sylvain Fraysse de conclure : «Le GDS ça démarre à la porte de notre élevage jusqu’à l’échelle de l’Union européenne ! Nous avons voulu rendre hommage à toutes les femmes et tous les hommes visionnaires, qui ont dans cette aventure, investi de la conviction et du temps pour convaincre leurs pairs de la nécessité d’œuvrer au service de la santé de nos cheptels. Cela reste une source de motivation et d’inspiration pour les responsables actuels».

Eva DZ