lavolontepaysanne.fr Actualités - Agriculture - Aveyron
Elevage - Cultures - Machinisme - Ruralité

Archives VP
Marché au cadran de Baraqueville : un an après le lancement...

23 mai 2019

Marché au cadran de Baraqueville : un an après le lancement...

Un an après avoir vu le jour, le marché au cadran de Baraqueville affiche un joli parcours : plus de 7 600 animaux ont été vendus avec un taux de vente de 98% et la fréquentation moyenne est de 150 animaux tous les lundis. Pour souffler sa première bougie et dresser un bilan d’étape, le conseil d’administration de la SAS Coop Cadran Ségali qui le gère, a invité, lundi 20 mai, les élus sans qui ce projet n’aurait pu voir le jour.

«Sans une évolution, le marché de Baraqueville était voué à disparaître !» Que de chemin parcouru en un an ! La mise en place d’un marché au cadran tous les lundis avec de nouvelles catégories d’animaux proposés à la vente a reboosté ce rendez-vous économique hebdomadaire sur le Ségala. Les quelques chiffres présentés par le président de la SAS Coop Cadran Ségali, Vincent Albouy, prouvent cette réussite : 7 600 bêtes vendues en un an avec un taux de vente de 98%, une fréquentation linéaire avec en moyenne 150 animaux présents tous les lundis, 500 adhérents (éleveurs et acheteurs) et de nouveaux venus chaque semaine. «Nous sommes vraiment satisfaits de ce bon départ», a résumé Vincent Albouy devant les élus de la Communauté de communes qui a financé ce projet. «Nous avons mis tous les atouts de notre côté en proposant un projet raisonné et limité, ce qui nous permet un résultat positif un an après», poursuit le président.

Car la mise en place d’un marché au cadran représentait une petite révolution en soi : «Nous partions un peu dans l’inconnu mais sans ce projet le marché traditionnel aux veaux gras de Baraqueville aurait disparu». En effet, sur le marché traditionnel, il y avait péniblement 30 veaux gras tous les 15 jours, aujourd’hui, le marché au cadran en accueille 80 par semaine et même 90 depuis début 2019. La moyenne des petits veaux à la vente était de 25, elle est aujourd’hui de 40. Et pour les nouvelles catégories dont les vaches, la moyenne est de 30 têtes par marché (1 160 en un an). Seule la catégorie des broutards (340 en un an) peine à démarrer mais les responsables du marché réfléchissent à quelques idées qui pourraient augmenter les apports et ainsi satisfaire les acheteurs (vente par vidéo par exemple).

«Nous avons mis en place un marché bien organisé grâce à la mobilisation chaque semaine de nos bouviers qui gèrent la circulation des animaux», explique Vincent Albouy. «Chaque lundi, les ventes sont bien animées par notre chef de vente, Laure Guitard et bien encadrées avec un horaire précis pour chaque catégorie : 11h les petits veaux, 13h30 les vaches, baby et taureaux, 14h45 les broutards, 15h les veaux gras. Et le fonctionnement est simple puisque les apporteurs annoncent leurs animaux le vendredi avant 14h par téléphone ou sur internet pour que les acheteurs aient connaissance de la liste des animaux proposés à la vente», détaille Vincent Albouy. «L’annonce des animaux est un point vraiment important puisqu’elle influence les acheteurs dans leur choix de venir».

Clairement, les responsables du marché sont satisfaits de cette belle évolution : «C’est un outil qui permet aux éleveurs de garder le choix pour la vente de leurs animaux, et au territoire de maintenir une dynamique économique chaque semaine».

Des éleveurs satisfaits...

Pour les éleveurs apporteurs, le marché au cadran constitue une nouvelle opportunité de vente pour leurs animaux tout en leur apportant certaines garanties : «Je viens à la vente plus serein, je suis moins stressé car mes animaux seront vendus au plus offrant», témoigne cet utilisateur fidèle de la première heure, enchanté de ce nouveau système. «Les organisateurs prennent en charge nos animaux dès le déchargement, après on ne s’occupe de rien !», souligne cet autre utilisateur régulier. «Ce système d’enchères crée une émulation et tire les prix vers le haut. J’apprécie aussi la sécurité de paiement et le paiement comptant à la fin de la vente», continue un autre. Certains viennent pour la première fois et ont été séduits : «C’est une première pour moi aujourd’hui et je reviendrai !».

... tout comme les acheteurs

Hervé Tortissier de Parm’Aubrac venait au marché traditionnel à Baraqueville et regrettait le manque d’affluence des animaux : «le pari est réussi avec ce marché au cadran car nous bénéficions d’un choix plus important d’animaux avec aussi de nouvelles catégories. Sur un même site, le même jour, nous pouvons trouver tous les types d’animaux que nous recherchons». Son seul regret est le manque de broutard. Cet acheteur apprécie aussi le lieu central de Baraqueville et l’accès facilité... qui le sera peut-être encore plus dans les mois à venir avec l’ouverture de la 2x2 voies. Même constat positif pour Gérard Sudries : «Nous avons vraiment le choix dans les animaux et cette nouvelle forme de commerce que je découvre, nous donne accès à tous les animaux, on peut se positionner sur plusieurs à la fois». Et l’anonymat permet une meilleure équité dans les enchères.

Un an après, les élus de la Communauté de communes qui ont financé le projet, sont heureux de la réussite : «Nous avons eu la chance de pouvoir nous appuyer sur une structure existante, ce qui nous a permis de limiter nos investissements et donc de donner toutes les chances de réussite à ce marché au cadran», avance Jean-Pierre Mazars, président de la Communauté de communes du Pays Ségali. «Le principe d’un conseil d’administration qui réunit éleveurs et acheteurs permet aussi un fonctionnement efficace et équitable».

La député, Anne Blanc, a aussi constaté les bons résultats. A l’origine du projet, elle présidait la Communauté de communes : «les éleveurs et les acheteurs ont su se réunir pour réagir et trouver une alternative à leur marché qui périclitait. Les résultats sont là, au-delà des estimations premières. L’objectif est de s’inscrire dans la durée tout en augmentant progressivement les apports. Nous serons là pour les y aider».

Vincent Albouy confirme : «Nous avons en l’état un vrai potentiel de développement des apports. En un an, nous avons assuré la pérennité de notre marché, à nous maintenant de continuer à le développer !».

Eva DZ

Le marché au cadran de Baraqueville accueille l’opération Made in Viande lundi 27 mai à 14h30