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Veau d’Aveyron et du Ségala : de nouvelles opportunités

23 avril 2020

Veau d’Aveyron et du Ségala : de nouvelles opportunités

Pierre Cabrit, président de l’IRVA, interprofession régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala, fait le point sur les conséquences de la crise du COVID 19 et des mesures en place pour sa filière en label rouge et IGP.

Quels impacts sur les débouchés du Veau d’Aveyron et du Ségala ?

P . Cabrit : «Globalement tous nos débouchés traditionnels sont impactés par cette crise de façon plus ou moins importante. La restauration hors foyer représente des parts de marché non négligeables pour le Veau d’Aveyron et du Ségala. La fermeture des restaurants est un coup dur pour eux, comme pour nous. En GMS, nos volumes de vente sont aussi en baisse, compte tenu d’une moindre fréquentation dans les magasins. Et si les systèmes de Drive s’en sortent mieux, nous regrettons que notre Veau d’Aveyron et du Ségala y soit peu présent et donc difficilement accessible pour les clients...

Côté surgelé par contre, les ventes sont en hausse, notamment chez Picard Surgelés. Même constat positif chez nos bouchers traditionnels qui affichent une reprise d’activité et des volumes en nette progression. Les consommateurs sont rassurés de s’approvisionner chez leur boucher. Ils craignent encore de faire leurs courses dans les supermarchés. Les ventes en ligne se portent aussi plutôt bien.

Comment se sont organisées les filières pour promouvoir le Veau d’Aveyron et du Ségala ?

P. Cabrit : L’enseigne Auchan a pris le taureau par les cornes en pré- parant pour la semaine prochaine, une communication où le Veau d’Aveyron et du Ségala sera mis en avant dans ses prospectus et flyers. C’est un bon signal pour nous et nous espérons que cette initiative va rebooster les ventes.

Depuis plusieurs mois et bien avant la crise, le conseil d’administration de l’IRVA réfléchissait au moyen d’accompagner ses filières sur la vente en ligne. Cette anticipa- tion est grandement appréciable en ce temps de crise et nous a permis de bénéficier à temps, d’un outil de vente en ligne. Nous nous sommes rapprochés de la Coterie française, un site auquel bouchers et éleveurs peuvent adhérer pour vendre à distance les viandes d’excellence et les livrer à domicile. Les premiers signes sont encourageants avec 8 adhérents pour le Veau d’Aveyron et du Ségala dont 6 boucheries.

Les administrateurs de l’IRVA ont réfléchi aussi au développement de la vente directe des produits. L’idée est de pouvoir encadrer ce système de commercialisation par l’éleveur en garantissant la traçabilité et le respect des contrôles et du cahier des charges, de façon à éviter toute tromperie aux consommateurs. Les éleveurs intéressés peuvent se rapprocher de l’IRVA.

Cette crise a-t-elle une répercussion sur les prix ?

P. Cabrit : Le Veau d’Aveyron et du Ségala Label Rouge et IGP est rémunéré selon une grille interprofessionnelle, sur laquelle les filières s’appuient depuis plus de 20 ans et ça continue même en période de crise. Nous n’avons ressenti aucune pression sur cette grille de prix. Depuis quelques mois, nous réfléchissons à la faire évoluer notamment pour qu’elle prenne mieux en compte les coûts de production. Cette réflexion va se poursuivre.

Certaines viandes sous label évoquent la possibilité d’assouplir leur cahier des charges sur le poids des animaux par exemple, pour adapter leur production à la période de crise. Est-ce d’actualité pour le Veau d’Aveyron ?

P. Cabrit : Nous n’avons aucune difficulté aujourd’hui à approvisionner le marché en veaux label, il n’y a donc aucune raison d’adapter notre cahier des charges.

Quel est votre ressenti sur cette crise ?

P. Cabrit : Je veux croire que nous sortirons de cette crise, renfor- cés : notre produit rassure, apporte des garanties. L’IRVA continue son travail en restant l’écoute des attentes des filières, de la distribution... et initie de nouvelles dynamiques : vente en ligne, enca-drement de la vente directe... qui répondent aux attentes des consommateurs. Il faut y croire !».

Eva DZ