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Action FDSEA-JA : action contre les prix du lait bradés

22 novembre 2018

Action FDSEA-JA : action contre les prix du lait bradés

La section bovins lait FDSEA et les JA ont protesté «contre le prix du lait de vache bradé» dans le magasin Géant d’Onet-le-Château, jeudi 15 novembre, en guise d’exemple. Les producteurs laitiers ont obtenu un rendez-vous avec la direction du magasin vendredi 23 novembre, afin de travailler notamment sur des «opportunités locales».

Emmenés par Claude Falip et Jérôme Valière, les producteurs laitiers ont protesté devant des responsables du magasin Géant, dans le rayon des produits laitiers, et dans une ambiance tendue. Ils ont rappelé que lors des différentes réunions organisées dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation, «tous les acteurs de la filière laitière, dont les distributeurs, s’étaient accordés pour moraliser les relations commerciales». En réalité, constatent la FDSEA et les JA, «18 mois après ces belles intentions, voilà que l’on trouve dans les rayons, du lait à 0,59 €/litre et 0,53 €/litre dans des enseignes GMS de l’agglomération ruthénoise. Alors que la montée en gamme portée notamment par la FNPL devait créer de la valeur pour la filière, force est de constater que la guerre des prix reste le seul cheval de bataille !» dénoncent encore les deux syndicats.

396 euros/1 000 litres !

Et de préciser : «comme elle s’était engagée à le faire au moment des Etats généraux de l’alimentation, l’interprofession laitière a publié des références économiques communes qui doivent maintenant être prises en compte en toute transparence dans les négociations commerciales. Pour l’interprofession, le prix de revient du lait de vache produit dans les fermes laitières françaises doit atteindre 396 euros/1 000 litres. Ce niveau permet de rémunérer chaque agriculteur à hauteur de deux Smic à l’année. C’est un minimum pour prendre en compte les 50 à 70 heures de travail hebdomadaire, bien vivre de son métier et assurer la pérennité de la production française !».

Entrevue le 23 novembre

La FDSEA et les JA ont donc relayé tous ces arguments auprès des responsables de la GMS qui se sont engagés à recevoir les représentants des deux syndicats ce vendredi 23 novembre. Selon Claude Falip, «nous allons voir avec eux s’il est possible de travailler sur des opportunités locales, afin de mieux valoriser notre lait, en lien avec des OP notamment». Et plus généralement, pour échanger sur le niveau de prix des produits laitiers français.

Revaloriser de 5 %

Revenant sur le prix de revient calculé par l’interprofession, de 396 euros/1 000 litres, Claude Falip et Jérôme Valière complètent : «ce niveau de prix impliquerait une revalorisation de 5 % du prix de vente des produits laitiers aux distributeurs. C’est possible. Intermarché s’est engagé, mardi 13 novembre, par la voix de son président, à accepter des hausses de prix réclamées par les industriels aux distributeurs, «s’ils sont capables de justifier l’augmentation de la rémunération des agriculteurs en 2019» a en effet déclaré le président d’Intermarché. Nous saluons donc cette preuve de responsabilité !».

Caude Falip et Jérôme Valière concluent : «l’alignement perpétuel sur les prix les plus bas n’a pas de sens. Il est destructeur de valeur pour tout le monde. Alors que la loi Alimentation vient d’être votée, et à la veille de sa mise en application, nous, producteurs, voulons rappeler à l’ordre les distributeurs. Le lait a un prix, un prix minimum nécessaire pour faire vivre dignement nos familles. A vouloir brader le lait français, on liquide les producteurs. Au final, où faudra-t-il aller chercher le lait de notre petit-déjeuner ?».

D.B.