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Association Pérail : le fromage Pérail demande l’IGP

21 novembre 2019

Association Pérail : le fromage Pérail demande l’IGP

En juin, l’association Pérail apprenait que l’INAO refusait sa demande d’AOP, une demande dans laquelle elle avait mis toute son énergie depuis plus de 25 ans. Elle rebondit en ce début d’hiver vers une demande d’obtention d’une IGP avec toujours la même détermination de «protéger son petit Pérail».

L’annonce du refus d’une AOP pour le Pérail au début de l’été a beaucoup marqué le président de l’association qui défend, depuis plus de 25 ans, ce petit trésor des Causses, Jean-François Dombre accompagné des membres de l’association. «Nous ne voulons pas entrer dans la polémique, ça ne ferait pas avancer les choses et surtout ça ne protègerait pas plus notre Pérail. Parce que notre volonté dès le départ a toujours été la même : protéger notre Pérail, sa localisation, le fait qu’il soit produit à partir de lait de brebis et le savoir-faire des 400 personnes qui travaillent pour lui et grâce à lui sur notre zone», argumente Jean-François Dombre. Le Pérail concerne 5 départements, 1 000 exploitations et 140 personnes dans les fromageries.

«Si nous avions demandé l’appellation d’origine protégée pour le Pérail au moment de son renouveau dans les années 70, nous l’aurions peut-être obtenu mais voilà personne n’envisageait alors l’ampleur qu’a pris ce petit fromage. Aujourd’hui plus de 1 000 tonnes de Pérail sont fabriquées par an», explique Jean-François Dombre. «A la création de notre association Pérail en 1995 pour sa défense et sa promotion, nous avons demandé l’AOP mais il a fallu retrouver les éléments historiques de notre fromage pour étayer notre demande, définir une zone de production, de fabrication, élaborer un cahier des charges... cela a pris du temps, plus de 25 ans en tout pour finalement se voir opposer un refus à plus de 79% des votes à l’INAO !», regrette Jean-François Dombre.

Rassembler les acteurs du Pérail

Mais plutôt que de s’apitoyer sur son sort, l’association Pérail a décidé de repartir de plus belle vers un nouveau projet : la demande d’une IGP. «L’IGP va nous apporter la même protection juridique qu’une AOP en France et à l’étranger», avance Sébastien Leclerq, directeur d’établissement des Fromageries Papillon et membre de l’association Pérail depuis 20 ans. Sachant que plus de 17% des ventes de Pérail se font à l’export. «Nous allons construire notre dossier IGP en nous appuyant sur tous les éléments que l’on a pu recueillir pour le dossier AOP, en vue de protéger notre tradition du Pérail», poursuit-il. «Nous envisageons une IGP forte pour protéger l’ensemble du process de la production du lait, à la fabrication du fromage, de l’affinage à l’emballage... sans oublier notre zone de production. Pour ce faire, nous avons besoin de rassembler l’ensemble des acteurs du Pérail. Certains se sont un peu découragés suite à l’échec de la demande d’AOP mais nous allons à la rencontre de chacun, producteurs de lait, producteurs fermiers, artisans, entreprises... afin de rassembler les amoureux du Pérail autour de cette demande d’IGP», avance Sébastien Leclerq. «Nous avons pris la décision de continuer à nous battre et nous sommes plus motivés que jamais», complète Pierre Gaillac, producteur de lait de brebis. «Notre intérêt à tous est d’avoir un Pérail reconnu et protégé. Il est de notre responsabilité de ne pas laisser utiliser le nom Pérail avec d’autres laits ou dans d’autres régions de France ou d’ailleurs», enchaîne Matthieu Castanier, producteur fermier de Pérail.

L’association va devenir ODG

D’ores et déjà, l’association Pérail a écrit une lettre d’intention à l’INAO pour l’obtention d’une IGP Pérail. «Nous avons rencontré la directrice de l’INAO, Mme Guitard, qui s’est engagée, oralement, à ce que nous obtenions cette reconnaissance dans les 3 ans», a révélé Jean-François Dombre.

La semaine prochaine, l’association doit rencontrer l’INAO pour tracer la feuille de route. «Cet hiver, notre association Pérail va se transformer en ODG - organisme de défense et de gestion - dont les statuts seront validés par l’INAO», a annoncé Sébastien Leclerq. L’assemblée générale constituve de l’ODG se déroulera le 24 janvier à Millau. Trois collèges composeront cet ODG : producteurs fermiers de Pérail, producteurs de lait de brebis et fabricants.

«Une IGP est une reconnaissance pour les producteurs et pour les fromagers», résument les membres de l’association Pérail. «Une garantie aussi pour le consommateur. Notre territoire mérite d’être récompensé pour son savoir-faire», concluent-ils.

Eva DZ