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Durenque : une nouvelle unité de méthanisation à taille humaine

21 juin 2018

Durenque : une nouvelle unité de méthanisation à taille humaine

Deux exploitations sur la commune de Durenque ont créé une unité de méthanisation qu’elles viennent de mettre en service. Leur projet a été inauguré vendredi 15 juin autour des partenaires et des élus locaux.

Ce n’est pas encore à la hauteur de ce qui se passe dans les pays européens voisins mais les projets de méthanisation autour de quelques exploitations, se développent en Aveyron. Un quatrième projet mis en service en février, vient d’être inauguré sur la commune de Durenque.

Le projet est porté par deux exploitations, le GAEC de l’Autan d’Adeline et Laurent Canac et l’EARL d’Arnaud Paulhe, accompagné de sa femme, Emmanuelle. «Aujourd’hui c’est la concrétisation de deux années d’engagement pour voir aboutir le projet», avance Adeline Canac. Deux années bien chargées : «il ne faut pas se voiler la face, se lancer dans la construction d’une unité de méthanisation est un travail lourd, long et chronophage mais nous avons été bien épaulés par l’association des méthaniseurs de France et les autres porteurs de projet en Aveyron», poursuit l’agricultrice.

La SAS Canac-Paulhe regroupe donc deux exploitations : le GAEC de l’Autan, un élevage de brebis laitières et l’EARL d’Arnaud Paulhe en bovins lait. «Pour faire fonctionner notre unité de méthanisation, nous valorisons les fumiers et lisiers de nos deux élevages ainsi que de trois fermes voisines (M. et Mme Saint Geniez, le GAEC de Monteillet et M. et Mme Cabot) à qui nous restituons le digestat à épandre 3 à 4 fois par an», détaille Adeline Canac.

Les deux exploitations à l’origine du projet avaient en tête depuis quelques années de se lancer dans ce type de projet : «nous avions envie de trouver une solution pour nos effluents d’élevage que nous pourrions transformer en fertilisant natuel», poursuit l’agricultrice. Après avoir rencontré d’autres agriculteurs méthanisateurs, silloné des salons spécialisés, les éleveurs de Durenque se sont rapprochés de la société Naskeo, spécialiste français de la valorisation énergétiques des gisements organiques par méthanisation. L’entreprise a réalisé un avant-projet, puis a accompagné les exploitants dans leur demande de subventions, dans la rédaction des dossiers ICPE et PC, d’agrément sanitaire, de soutirage et d’injection ERDF. Elle a bien sûr réalisé la conception de l’ouvrage et accompagné la mise en service.

La SAS Canac-Paulhe s’est orientée sur un projet de cogénération de 250 kWél, en s’appuyant sur un gisement de 9 300 tonnes par an à base de fumiers bovins et ovins, de lisiers, d’eaux pluviales, de lactoserum, d’ensilages CIVES et de menues pailles. L’objectif étant d’atteindre une certaine autonomie dans le fonctionnement avec les ressources locales.

L’unité a a été mise en service en décembre 2017. Depuis février, elle produit du gaz de qualité, transformé en électricité et dirigé directement dans le réseau. Elle produit également de la chaleur qui va alimenter le dispositif de séchage de fourrages pour les deux fermes, ainsi que le chauffage des maisons d’habitation et l’eau chaude du robot de traite de l’élevage bovins. Et les premiers épandages ont été réalisés ce printemps, avec déjà des premiers effets positifs sur le sol selon les agriculteurs.

Sur ce projet de 2,4 millions d’euros, la SAS a obtenu 37% de subvention grâce à la Région (fonds européen), l’ADEME, l’Agence de l’eau, la fondation Une rivière, un territoire.

Très heureux d’avoir lancé cette unité, les agriculteurs notent tout de même le travail assez conséquent à fournir au quotidien en termes d’astreinte, de surveillance : «L’unité demande autant de temps à consacrer qu’un élevage. Nous sommes trois agriculteurs et embauchons un salarié à temps plein via un groupement d’employeurs et nous sommes en recherche d’un deuxième», avance Adeline Canac. Mais ils ne regrettent pas leur choix : «Ce projet va permettre de conforter nos deux exploitations en créant de la diversification, ce qui nous permettra de pallier les crises de production. Et puis nos enfants évoquent la possibilité de s’installer plus tard sur la structure, donc nous l’avons aussi fait pour eux !», poursuit Adeline Canac. «Cette unité familiale est notre force depuis le départ ! Chacun est bien impliqué».

Les agriculteurs ont pu partager la réussite de leur projet avec tous ceux qui les ont aidés dans sa concrétisation, vendredi 15 juin et auprès du grand public pour une visite de leur unité.

Eva DZ