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Confédération générale de Roquefort : première fête du Roquefort en 2019

21 juin 2018

Confédération générale de Roquefort : première fête du Roquefort en 2019

La Confédération générale de Roquefort était en assemblée générale, mardi 19 juin à Millau. Fabricants et producteurs de lait de brebis étaient réunis pour présenter notamment leur projet de relance des ventes de Roquefort.

C’était la première assemblée générale de Cécile Arondel Schultz comme secrétaire générale de la Confédération générale de Roquefort. Aux côtés de son président, Jérôme Faramond, elle a présenté la feuille de route de l’interprofession. Le contexte tant national, que régional ou encore à l’échelle du bassin de Roquefort, n’est en effet pas sans conséquence. Il y a d’abord les Etats généraux de l’alimentation, l’écriture d’un plan de filière ovine française et la stratégie locale appelée MOFF (menaces oportunités forces et faiblesses) sur laquelle les sept fabricants et les producteurs réunis au sein de l’APLBR, ont travaillé cet hiver.

«Les trois inteprofessions régionales ovines et les «hors interpro» ont défini trois priorités : être en phase avec les attentes sociétales, maintenir le potentiel de production en France et progresser dans la gouvernance de la filière», a résumé Jérôme Faramond.

Une structure autour de France brebis laitière

La filière ovine est en train de se structurer autour de l’association France brebis laitière qui réunit l’ensemble des acteurs ovins lait. Son objectif : rendre plus visible la filière auprès des décideurs et des consommateurs. Pour structurer l’amont, la contractualisation sera rendue obligatoire, une proposition de contrat cadre est en cours d’étude au ministère. Sur les marchés, l’ambition est de développer les débouchés à l’international, d’augmenter la consommation des produits et d’investir dans tous les circuits de commercialisation. Pour répondre aux attentes sociétales, l’excellence doit être maintenue, de même que la garantie de la sécurité sanitaire et des progrès agroécologiques doivent être mis en avant. Enfin, sur le volet distribution, des discussions vont être engagées avec l’aval, autour d’une analyse de la répartition de la valeur. Des rencontres sont aussi prévues avec des associations de consommateurs. Et un travail sera mené autour d’un observatoire d’analyse et de prospective.

A l’échelle du bassin de Roquefort, un séminaire a réuni en février tous les membres des deux collèges de la Confédération générale de Roquefort, producteurs et fabricants ainsi que l’équipe encadrante pour travailler à un diagnostic sur le produit Roquefort, les menaces, les opportunités, les forces et les faiblesses (MOFF). «C’est un vrai challenge pour notre interpro de mettre en place une démarche commune, les acteurs sont tout aussi différents que les visions, parfois au sein d’un même collège», souligne Jérôme Faramond, qui tient à remercier chacun pour son implication dans ce dossier. «Nous partageons tous le constat que les ventes de Roquefort baissent mais nous avons tous la volonté de trouver des solutions ensemble».

Un projet porté par toute la filière

A l’issue de ce diagnostic, plusieurs actions phares ont été décidées. La première d’entre elles est de créer un événement La Fête du Roquefort dont la première édition aura lieu les 27 et 28 avril 2019 dans le village de Roquefort. Portée par tous les acteurs de la filière et du territoire, elle vise à mettre en avant le roi des fromages et tout son environnement.

Une étude auprès des consommateurs sera aussi lancée afin d’identifier les freins et les leviers dans la baisse de la consommation de Roquefort et de connaître les consomm’acteurs. Par rapport au bien-être animal, le cahier des charges sera relu sous ce prisme : l’objectif étant de recenser les pratiques d’élevage vertueuses et celles à rendre vertueuses.

Enfin, la filière veut s’inscrire dans une démarche de progrès en terme d’agroécologie, d’empreinte environnementale, d’énergie,... en lien notamment avec le PNR des Grands Causses. Pour commencer, une étude sera réalisée sur l’utilisation des produits phytosanitaires dans les élevages.

Des commissions de travail actives

Au sein de ses différentes commissions (AOP, qualité, service élevage, communication), la Confédération générale de Roquefort réalise un travail conséquent au service de la filière. «Il serait intéressant d’énumérer le nombre de réunions réalisées au cours de l’année au sein de nos commissions pour montrer cette implication au quotidien pour notre filière», a avancé Jérôme Faramond.

La commission AOP travaille notamment au respect du cahier des charges, par le biais de contrôles internes et externes : «un enjeu majeur pour toute la filière, qui nous permet d’apporter des réponses face à la pression extérieure, aux attentes sociétales», selon Jérôme Faramond. A noter que la Confédération générale de Roquefort a dû faire face à plusieurs tentatives d’usurpation, «preuve que notre fromage fait des envieux !».

Un point a également été réalisé sur l’activité de la commission qualité et ses différents plans en place et qui se traduit par plus de 3 900 interventions en 2017 au service des producteurs et des fabricants.

Le service élevage de la Confédération générale de Roquefort accompagne l’élevage de brebis et la production de lait de brebis dans différents métiers : sélection et diffusion génétique (elle est une entreprise de sélection Lacaune lait), enregistrement des phénotypes (mesure des performances animales et outils de pilotage du troupeau), appui technique et conseil (avec de nouveaux outils comme l’intégration des coûts de production dans le conseil, l’approche globale sol-plante-troupeau,...), expertise pour les décisions professionnelles, construction d’outils et participation à la recherche et au développement. «Nous misons sur la proximité et la disponibilité de nos techniciens auprès des éleveurs», a assuré Philippe Boudou, président du service élevage.

Le dernier volet concerne la communication, présenté par Anthony Soulié, président de la commission. «En 10 ans, les ventes de Roquefort ont chuté de 16%. Nous avons donc orienté notre budget communication (554 Keuros à partir des cotisations du lait transformé en Roquefort) sur la relance des ventes», a-t-il expliqué. Il s’agit d’abord de soutenir les ventes sur le cœur de cible, les consommateurs de plus de 45 ans, à travers une campagne radio (France Inter, RTL) de 11 semaines en fin d’année, pour réveiller le réflexe d’achat du Roquefort. Ainsi dans cette période, une hausse de 6% des volumes de Roquefort acheté a été observée !

Pour se faire connaître du jeune public, une tournée #partageonsleroquefort a été organisée dans 5 villes de France. A bord du Roquefort truck, des producteurs et Quentin Bourdy, ex candidat de Top Chef, chef d’un restaurant à Villefranche de Rouergue ont proposé des moments de partage dans des lieux tendances, fréquentés par les jeunes, autour de recettes au Roquefort. «Nous avons réussi à créer un réseau de prescripteurs de Roquefort grâce à un bon relais sur les réseaux sociaux et auprès des blogueurs culinaires», avance Anthony Soulié.

Et localement, une exposition photos itinérante a permis de rappeler aux Aveyronnais et aux gens de passage, la qualité du Roquefort, son ancrage territorial. Des soirées thématiques autour de l’AOP ont aussi été proposées sur le bassin.

Et en 2018...

Forte de tous ces projets, la Confédération générale de Roquefort s’est mise au travail. Une plateforme stratégique va permettre de fonder les actions de demain : le diagnostic auprès de tous les acteurs de la filière à travers le MOFF, l’étude de marché sur le Roquefort, la refonte des sites roquefort.fr et soyezroquefort.fr, la préparation de la première Fête du Roquefort dont le lancement est prévu le 22 juillet, lors du passage du Tour de France à Millau... Bref toute la filière est mobilisée autour de son fromage roi !

Eva DZ