lavolontepaysanne.fr Actualités - Agriculture - Aveyron
Elevage - Cultures - Machinisme - Ruralité

Archives VP
Dégâts de sangliers : agriculteurs et chasseurs avancent ensemble

21 février 2019

Dégâts de sangliers : agriculteurs et chasseurs avancent ensemble

Les dégâts de sangliers continuent de se multiplier sur les parcelles agricoles, leur population ne cessant de croître. La FDSEA et la Fédération départementale des chasseurs sont mobilisées ensemble pour apporter des solutions. Le point avec Jean-François Fabry, président de la section chasse et dégâts de gibier à la FDSEA.

Où en est-on sur la problématique des sangliers ?

J-F. Fabry : «Les agriculteurs continuent de nous alerter sur les multiples dégâts occasionnés par les sangliers sur leurs parcelles, sur plusieurs zones du département. La pression de chasse est forte grâce à la mobilisation de la Fédération départementale des chasseurs et des unités de gestion. En 8 ans, le nombre de sangliers abattus en Aveyron a doublé (ndlr : 2010-2011 : 6 976 sangliers abattus en Aveyron ; 2015-2016 : 9 602 ; 2017-2018 : 13 350).

Quel est l’état d’esprit de la profession ?

J-F. Fabry : Je veux tout d’abord préciser que la situation n’est vraiment pas simple. Malgré l’augmentation des prélèvements de sangliers, dans certaines zones, les dégâts sont toujours aussi importants. Les actions que nous mettons en place et que nous envisageons nécessitent un peu de temps avant de constater les résultats.

Quelles sont les actions menées pour revenir à une situation d’équilibre ?

J-F. Fabry : Nous avons reçu la préfète à deux reprises sur le terrain, à La Salvetat Peyralès et sur le bassin de Decazeville, pour l’alerter sur la prolifération des sangliers et les dégâts importants causés dans les parcelles agricoles. Ces rencontres qui ont réuni la profession agricole et la Fédération départementale des chasseurs, sont un signe fort de notre engagement commun pour faire avancer les choses.

A partir de ces rencontres, un comité de suivi s’est mis en place sous l’égide de la DDT. Il se réunit une fois par mois et rassemble les chasseurs, l’ONCFS et la profession agricole. Ensemble, nous échangeons sur les secteurs à problèmes et sur les actions envisagées sur ces zones. De plus, deux battues administratives ont été organisées sur des secteurs non chassés sur La Salvetat Peyralès en novembre - décembre et sur le bassin de Decazeville dernièrement (lire aussi encadré). A chaque fois, des sangliers ont été prélevés.

Comment se passe la relation avec les chasseurs ?

J-F. Fabry : Je tiens à souligner que la Fédération départementale des chasseurs a pris le sujet à cœur. Elle va à la rencontre de ses unités de gestion. A chaque réunion, les agriculteurs locaux sont invités à participer. Le dialogue est renoué entre agriculteurs et chasseurs et c’est en travaillant ensemble, que nous réussirons à avancer sur ce dossier.

Existent-ils d’autres marges de manœuvre pour faire évoluer la situation ?

J-F. Fabry : La FDSEA continut de porter plusieurs demandes. Dans le cadre du plan national de maîtrise des sangliers, les Préfets peuvent prendre des mesures fortes de lutte. Nous demandons que des outils supplémentaires soient mis en place pour réguler de façon efficace les populations de sangliers. Le premier d’entre eux est le classement nuisible du sanglier sur tout ou partie du département au moins le temps de revenir à une situation acceptable. Cela permettrait notamment d’étendre la période d’ouverture de chasse. A notre demande, la DDT établit un suivi des zones identifiées comme «points noirs » afin d’organiser des actions ciblées et adaptées.

Il faut permettre à un exploitant de protéger ses cultures et de pouvoir tirer des animaux faisant des dégâts sur ses parcelles toute l’année de jour comme de nuit. Il faut mettre en place le piégeage du sanglier sous la responsabilité des lieutenants de louveterie, une mesure en place par exemple dans le Gard. Il faut organiser des tirs à l’agrainage et pendant les chantiers de récolte, ils sont déjà pratiqués dans certains départements. Nous souhaitons aussi que les élevages de sangliers soient davantage contrôlés et que les lâchers de sangliers soient sanctionnés très durement de même que les agrainages illicites.

Nous continuerons de porter ces demandes pour réguler les populations de sangliers. Nous voulons simplement améliorer les conditions de travail et de vie des agriculteurs. Dans certaines zones, la situation n’est plus tenable. Même si elles mettent un peu de temps, les solutions collectives se mettent en place».

Recueillis par Eva DZ