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Action FDSEA - JA auprès de la restauration hors domicile : la viande française dans nos assiettes !

21 février 2019

Action FDSEA - JA auprès de la restauration hors domicile : la viande française dans nos assiettes !

Mardi 19 février, une délégation d’éleveurs bovins viande de la FDSEA et les JA s’est rendue dans deux enseignes de l’agglomération ruthénoise pour obtenir des informations sur l’origine des viandes proposées et sur le prix d’achat.

La consommation de viande en France en 2018 a augmenté de 2%, une hausse qui s’explique notamment par l’augmentation de la consommation des Français en restauration hors foyer. Or les enseignes de RHF importent jusqu’à 70% des viandes proposées à la carte ! En octobre, la FNB a voulu lever le voile sur l’origine et le prix des viandes consommées en restauration hors foyer. Elle a adressé un courrier à plus de 36 enseignes nationales pour les rencontrer et échanger. A ce jour, 17 acteurs différents ont répondu positivement mais 20 restaient toujours muets. La FNB a donc invité les départements à se rendre dans les enseignes concernées pour aller chercher l’information.

En Aveyron, mardi 19 février, une délégation d’éleveurs bovins viande de la FDSEA et des JA a visité les enseignes Buffalo Grill et Courtepaille à Onet le Château et Rodez. «Nous sommes là dans un esprit de dialogue et non de confrontation, nous voulons simplement connaître l’origine des viandes consommées en restauration hors foyer et les prix d’achat», a expliqué Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande FDSEA. «Dans un département d’élevage comme le nôtre, il est regrettable que les viandes proposées dans la restauration hors foyer soient importées», complète Laurent Lemmet, secrétaire de la section. Valérie Imbert enchaîne : «Nous évoluons dans un contexte de marché très concurrencé mais nous n’acceptons pas que nos viandes, produites selon un certain nombre de normes, en toute transparence, soient mises en concurrence avec des viandes importées qui ne sont pas soumises aux mêmes règles. C’est tromper le consommateur qui recherche aujourd’hui la proximité ou tout au moins, l’origine France».

Faire la transparence

Et les éleveurs d’insister sur les enjeux économiques et territoriaux : «derrière nos élevages, il y a toute une économie locale, des emplois, des territoires vivants avec des services... Si notre avenir est remis en question parce que nous ne pouvons pas valoriser nos produits au juste prix, que deviendront nos territoires ?», interroge René Debons, membre de la section bovins viande FDSEA.

Au Buffalo Grill d’Onet le Château, les éleveurs ont discuté avec le directeur régional de l’enseigne. Ensemble ils ont échangé sur l’origine de la viande proposée à la carte et sur les conditions d’approvisionnement. Le directeur de l’enseigne a expliqué qu’il dépendait exclusivement d’une centrale d’achat des produits au niveau national, et qu’il ne disposait d’aucune latitude dans le choix de l’origine. «A l’ouverture du restaurant, nous avions à la carte de la viande d’Aubrac mais ce sont avant tout des opérations ponctuelles, qui ne s’inscrivent pas dans le temps», a-t-il commenté. Il a ouvert les portes des frigos du restaurant à Valérie Imbert et Laurent Lemmet afin de vérifier l’étiquetage. Toute la viande est d’origine France excepté quelques morceaux d’origine UE (essentiellement Italie, Allemagne). Le directeur s’est engagé à faire remonter à sa direction nationale, les demandes des éleveurs.

La discussion s’est avérée un peu plus difficile au restaurant Courtepaille à Rodez. Le directeur régional de l’enseigne n’a pas souhaité rencontrer les éleveurs, il s’est simplement entretenu par téléphone avec Valérie Imbert, lui fournissant quelques informations peu précises sur l’origine des viandes servies dans le restaurant, une grande majorité n’étant pas estampillée France sur la carte. «C’est dommage cette enseigne n’a pas voulu jouer le jeu du dialogue», regrette Valérie Imbert. «C’est une forme de tromperie envers le consommateur que de ne pas vouloir nous donner l’information sur l’origine des viandes», ajoute Laurent Lemmet. Depuis, l’enseigne Courtepaille a pris rendez-vous avec les éleveurs.

Plusieurs départements en France ont mené ce type d’actions et la FNB continue son enquête auprès des enseignes nationales de restauration hors foyer : «Nous sommes tous consommateurs, nous avons le droit de savoir d’où vient la viande que nous mangeons !», conclut Valérie Imbert.

Eva DZ