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Journée caprine : une filière jeune et dynamique

20 décembre 2018

Journée caprine : une filière jeune et dynamique

Des prix rémunérateurs, une demande à la hausse, une consommation de fromages positive... La filière caprine se porte bien. Pour la faire connaître et inciter les jeunes à s’installer, la Chambre d’agriculture entourée de partenaires a organisé une journée mardi 18 décembre à Gabriac.

Arnaud Cormouls est un jeune éleveur caprin installé depuis 2012 avec son père, en GAEC, à Malagenq, sur la commune de Gabriac. Depuis tout petit, il souhaite reprendre la ferme familiale. Lorsque ses parents ont arrêté la production de lait de brebis, ils ont créé un atelier caprin en vue de l’installation de leur fils. Ils ont acheté en 2007, 150 chevrettes et ont réalisé leur première traite en 2008 pour la coopérative Terra Lacta. Arnaud, lui, s’est installé en 2012... en pleine crise caprine : «Cette crise m’a permis de mesurer mes investissements. Si j’ai réussi à investir et à développer mon système vers plus d’autonomie à ce moment-là sans me noyer, c’est bon !», résume Arnaud. Il a pu compter sur le soutien des techniciens de la Chambre d’agriculture pour construire son projet.

Arnaud, un bel exemple de réussite caprine !

«En élevage caprin, il faut être très bon techniquement en plus de tout l’administratif. Et puis je pense qu’il faut commencer petit avec des chevrettes. Même si c’est compliqué de les élever un an sans production, il ne faut pas prendre le risque de commencer avec des chèvres en production», explique Arnaud qui a acheté ses chevrettes chez un éleveur du département et auprès de la coopérative des Chevriers du Rouergue. Aujourd’hui, Arnaud a 330 chèvres à la mise-bas et une production de 1050 L/chèvre en moyenne. Avec la mise en place d’un séchage en grange en 2013, il mise sur l’autonomie fourragère : maïs ensilage et foin de luzerne une partie de l’année et enrubanné et foin l’autre partie. Son troupeau de 45 vaches Limousines complète bien le système pour les refus et les surfaces difficiles à exploiter. Son séchage en grange lui permet d’économiser 20 000 euros par an et de valoriser ses prairies naturelles. L’achat d’un robot d’alimentation lui permet aussi de gagner du temps dans la distribution tout comme l’installation d’une nouvelle machine à traire qui lui supprime 2h30 d’astreinte par jour ! Bientôt seul sur la ferme, Arnaud a réfléchi à la simplification du travail et sait qu’il peut compter sur l’entraide des voisins et de la CUMA. Il s’appuie aussi sur son technicien caprin à la Chambre d’agriculture, son troupeau est en Contrôle laitier officiel. «J’ai atteint un bon fonctionnement, mon objectif est de maintenir mon troupeau tel qu’il est, de consolider la ferme en agrandissant par exemple le séchage en grange pour plus d’autonomie».

Son témoignage a beaucoup plu aux participants, dont des étudiants de La Cazotte, de la journée caprine organisée mardi 18 décembre par la Chambre d’agriculture, en partenariat avec Cilaisud, interprofession laitière du Sud-Ouest - commission caprine, le GIE Elevage Occitanie, l’IDELE et l’ANICAP, interprofession nationale caprine, présidée par l’Aveyronnais Jacky Salingardes, présent à cette journée.

«Notre filière en Aveyron est jeune et dynamique avec 190 élevages livreurs ou fermiers ou mixtes», a souligné Virginie Albespy, responsable du groupe caprin à la Chambre d’agriculture. Le président, Jacques Molières a d’ailleurs encouragé la filière à continuer sur cette voie de la réussite. «Ensemble notre objectif est de faire prospérer une filière et tout un territoire», a complété Joël Mazars, président de CILAISUD. Pour faire connaître cette production et inciter les jeunes à la choisir, la filière a engagé plusieurs actions de promotion : «Nous allons partir à la rencontre de tous les établissements agricoles de notre bassin de production pour parler de notre production», a expliqué Joël Mazars. Une plaquette réunissant dix témoignages, dont celui d’Arnaud Cormouls, est à la disposition de tous. «Nous voulons dire et montrer que notre filière s’est professionnalisée, qu’elle est créatrice de valeurs dans les exploitations et les territoires», concluent de concert Virginie Albespy et Joël Mazars.

Eva DZ