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Marché ovins de Réquista : première vente à la criée réussie

20 septembre 2018

Marché ovins de Réquista : première vente à la criée réussie

Le marché ovins de Réquista abandonne les ventes de gré à gré au profit des ventes aux enchères, à la criée. La première s’est déroulée lundi 17 septembre.

Le marché ovins de Réquista avait déjà pratiqué les ventes aux enchères pour le concours des agneaux de Pâques, en complément des traditionnelles ventes de gré à gré du lundi matin. Cette fois, une nouvelle page se tourne bel et bien avec la suppression du marché de vente de gré à gré au profit d’une vente à la criée, aux enchères, comme c’était le cas pour la première fois, lundi 17 septembre. Une quarantaine de lots étaient ainsi mis à disposition des acheteurs venus de la région, et de l’Hérault notamment. Ils étaient tous équipés d’un petit boîtier leur permettant de faire monter les enchères, lesquelles étaient visibles en temps réel sur deux grands écrans de télévision posées au dessus du public, éleveurs, curieux, et sans doute futurs acteurs du marché.

Un investissement de 18 000 euros

Pour le maire de Réquista, Michel Causse, il était temps de réagir pour maintenir à flot le marché ovin communal. «Depuis plusieurs années, notre marché accuse en effet une baisse régulière annuelle d’animaux d’environ 5 %», confie l’élu. «A ce rythme-là, dans dix ans, c’est terminé. Les autres marchés de France, comme Mézières (Haute-Vienne), Saugues (Haute-Loire), ou Laissac, qui sont passés aux ventes à la criée, ont retrouvé une nouvelle dynamique. C’est pour cette raison que la ville de Réquista a décidé d’investir 18 000 euros dans du matériel informatique pour mettre en place une vente à la criée». Michel Causse complète : «il y a 20 ans, Réquista accueillait 4 000 bêtes chaque lundi, avec le titre de premier marché ovins de France. Cette année, nous sommes à 1 000 animaux, et classé maintenant au 3ème national. Il fallait vite réagir en proposant ce nouvel outil aux producteurs et aux acheteurs. C’est à eux maintenant d’en faire bon usage. L’enjeu est de permettre au marché ovins de Réquista de continuer à fonctionner !».

Les choses sont désormais très claires également pour Claude Alvernhe, président de l’Association des utilisateurs du marché ovin de Réquista (AUMOR) créée en 2015 pour redonner un nouveau souffle au marché : «cette première vente dotée du nouvel outil informatique est une réussite» affirme-t-il. «Les acheteurs sont venus en nombre, les producteurs aussi avec plus d’une quarantaine de lots d’animaux. Au niveau des cours, je suis agréablement étonné de constater, par exemple, qu’une brebis est partie à 100 euros ! C’est unique ici avec un prix de 1,30 euro/kg vif. L’avenir devra confirmer ce premier bon départ !».

Des avantages

Le système d’enchères par boîtier semble être apprécié et bien maîtrisé par les acheteurs. Côté public, malgré une sonorisation exigeant quelques réglages, vue l’acoustique de la vaste halle, le bilan est jugé positif apparemment. «Il faudra revoir quelques petits détails mais cette vente à la criée a montré ses avantages», souligne Claude Alvernhe. «L’acheteur dispose de six secondes maximum pour gagner l’enchère. Et l’éleveur peut valider ou non la vente». Le président de l’AUMOR y voit aussi un autre atout, plus psychologique : «les éleveurs qui ne sont pas à l’aise avec les ventes de gré à gré, par timidité, manque d’expérience, ou parce qu’ils ne s’estiment pas suffisamment combatifs dans les transactions, peuvent trouver leur salut avec ce type de vente à la criée». L’affaire se règle en effet uniquement entre les acheteurs. Et donc sous l’œil attentif du vendeur qui suit avec attention la vente de ses animaux sur l’écran. Cette forme de vente à la criée peut donc élargir le potentiel de vendeurs, dans une région agricole qui reste le premier bassin moutonnier de France !

D.B.