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Salon des circuits courts, le 3 mars : comment s’épanouir en milieu rural avec les circuits courts ?

20 février 2020

Salon des circuits courts, le 3 mars : comment s’épanouir en milieu rural avec les circuits courts ?

Mardi 3 mars, le salon professionnel des circuits courts visant à faciliter la relation entre producteurs et intermédiaires locaux se déroulera à Saint-Rome-de-Cernon. Il s’inscrit dans le cadre du Programme National pour l’Alimentation pour le projet «Vers un projet alimentaire de territoire Grands Causses Lévézou», porté par le PNR des Grands Causses en partenariat avec la Chambre d’agriculture de l’Aveyron, l’APABA et les Loco-Motivés*. À cette occasion, les organisateurs partent à la rencontre d’acteurs locaux.

Il y a 9 ans, Adeline Boudou a décidé de quitter l’éducation nationale pour lancer sa biscuiterie artisanale et devenir maître de sa destinée en créant Les Délices du Rougier à Montlaur.

Quel est votre rapport aux circuits courts au quotidien ?

A. Boudou : «J’ai toujours travaillé avec les circuits courts. C’était vraiment une volonté au départ de travailler avec des produits sains. L’idée était de fabriquer des biscuits sans avoir d’additifs, de colorants ou de conservateurs. Et comme je suis très enracinée à mon territoire, j’avais envie de créer quelque-chose d’ici. Petit à petit, je me développe et j’embauche, donc je fais aussi vivre des gens sur un territoire et c’est ce qui me plaît.

Au niveau des matières premières, j’essaie toujours de travailler de façon spiralaire. C’est-à-dire, ce que je trouve le plus proche de la biscuiterie en allant de plus en plus loin. Le Roquefort par exemple, j’utilise celui de la Pastourelle, car la laiterie se trouve sur la commune de Montlaur. Je trouve que c’est logique de travailler comme ça.

Quel a été le déclic pour lancer votre activité ?

A. Boudou : Ça a été la maladie dans mon entourage, et je me suis dit : on n’a qu’une vie. Il faut faire les choses parce qu’on a envie de les faire et il faut se donner à 200 % si on croit que ça peut marcher. Aujourd’hui je n’ai aucun regret d’avoir quitté l’éducation nationale. J’ai certainement un salaire moins important, mais est-ce que le salaire définit le travail ? Être dans un endroit où on a la chance de vivre, ça ne se monnaie pas. Moi je suis passionnée par ce que je fais et Confucius disait : «choisissez un travail qui vous plaît, vous ne travaillerez plus un seul jour de votre vie».

Si je devais faire une image, créer une entreprise en zone rurale ce serait : une piscine en plein mois de juillet avec une eau chaude et quand on est en haut du plongeoir, qu’on n’a pas nagé depuis l’année dernière. Créer son entreprise c’est sauter à l’eau ! Et si une fois arrivée au bord j’ai failli me noyer, j’arrête et puis c’est tout. Pour moi, dans mon quotidien l’échec c’est de ne pas essayer. On a essayé, ça ne marche pas, eh bien ce n’est pas un échec, c’est une expérience de vie.

Où peut-on retrouver vos produits ?

A. Boudou : Dans les épiceries fines, les crémeries et les primeurs un peu partout en France. L’idée aujourd’hui c’est de me développer chez les cavistes, car j’ai fait le choix de me spécialiser plutôt dans le biscuit salé d’apéritif. Actuellement, j’ai une gamme de 11 biscuits salés différents, mais dans ma tête les idées c’est un peu comme les fleurs au printemps. J’ai toujours plein d’idées et ma difficulté ce n’est pas de chercher des nouveautés ou de l’innovation, c’est plutôt de me canaliser.

Quelle définition donneriez-vous aux circuits courts ?

A. Boudou : Pour moi, un circuit court c’est mettre en valeur un territoire. C’est s’appuyer sur les points forts de chacun, pour qu’on avance tous. C’est vrai que c’est souvent repris en politique et finalement on reprend régulièrement ce proverbe africain : «tout seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin». Et le circuit court c’est exactement ça. C’est-à-dire que si l’on s’appuie sur les forces des uns et des autres, on peut arriver à avancer. Et moi je crois vraiment au territoire, à la solidarité. Je suis également pompier volontaire. Et en fait, tout ça est inscrit dans ma génétique de me dire qu’on peut faire des choses sur ce territoire, ce n’est pas la peine de vouloir faire de grandes choses au niveau mondial, commençons à faire localement et petit à petit si chaque zone locale fait quelque chose, c’est comme ça qu’on pourra changer les choses».

*La Chambre d’agriculture de l’Aveyron et l’APABA se sont associées avec le Parc Naturel des Grands Causses, la Chambre de commerce et d’industrie, la Chambre de métiers et de l’artisanat de l’Aveyron, le Conseil départemental, pour organiser un salon professionnel des circuits courts.