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Berceau des races à viande : «nous demandons le respect de la loi»

19 septembre 2019

Berceau des races à viande : «nous demandons le respect de la loi»

A la veille du Sommet de l’élevage, les éleveurs du grand Massif central avertissent : les élus qui ont voté à la fois l’article 44 de la loi alimentation et le CETA ne seront pas les bienvenus. Question de cohérence et de respect des éleveurs.

Participation massive, lundi 16 septembre, à Aubière, pour la réunion des éleveurs du berceau des races à viande. Venus de la Nièvre, de la Saône-et-Loire, de la Lozère, de la Corrèze, de l’Aveyron, du Cantal, du Puy-de-Dôme… les responsables professionnels réunis autour du coordinateur, Christian Bajard, éleveur en Saône-et-Loire ont fait le point sur les dossiers du moment. Et autant dire qu’il n’y a pas que la température particulièrement élevée pour un 16 septembre qui a échauffé les esprits !

Face à un terrain, ébranlé pour la seconde année consécutive par une sécheresse sans précédent, et des politiques qui multiplient les incohérences, les éleveurs disent stop. «Trop c’est trop, le moral des éleveurs est au plus bas. Au-delà du contexte climatique et économique plus que tendu, la colère gronde dans les campagnes face à des pouvoirs publics qui exigent des éleveurs tout et son contraire», a résumé Christian Bajard. Depuis le vote positif des députés en faveur du Ceta au début de l’été, et, à la veille de l’examen du texte par les sénateurs (courant octobre), les éleveurs ont multiplié les actions. Et c’est loin d’être terminé. Ils entendent bien mettre les politiques face à leur contradiction, et exiger d’eux qu’ils appliquent les lois qu’ils ont voté.

Des députés hors la loi

En effet, à travers l’article 44 de la loi EGALIM, la France s’est engagée à interdire toute commercialisation de produits «pour lesquels il a été fait usage de molécules vétérinaires ou d’aliments pour animaux non autorisés par la règlementation européenne ou ne respectant pas les exigences d’identification et de traçabilité imposées par cette même règlementation». Il est indiqué à la fin de cet article que «l’autorité administrative prend toute mesure de nature à faire respecter cette interdiction». «La première de ces mesures devrait être, en vertu de la loi, de refuser de ratifier le CETA pour en exiger le retrait de la viande bovine», a expliqué Bruno Dufayet, président de la FNB.

Pour Emmanuel Bernard, FDSEA de la Nièvre, «il y a de quoi douter de la volonté des pouvoirs publics de garantir un avenir aux paysans français quand leur politique se résume à nous taper dessus sans arrêt et à importer n’importe quoi».

A quelques jours de l’ouverture du Sommet de l’élevage (2-3-4 octobre) à Clermont-Cournon, la pression monte. Et les éleveurs préviennent : «gare aux élus qui souhaiteraient profiter du Sommet pour raconter n’importe quoi. Le Sommet est un évènement sérieux». Comprenez, les élus qui ont voté à la fois l’article 44 de la loi alimentation et le CETA ne seront pas les bienvenus. A bon entendeur…

Sophie Chatenet - PAMAC