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Producteurs de lait de chèvre livrant à Lactalis : un bassin jeune et dynamique

19 juillet 2018

Producteurs de lait de chèvre livrant à Lactalis : un bassin jeune et dynamique

Les 95 producteurs de lait de chèvre de l’Aveyron livrant à Lactalis se sont retrouvés en assemblée générale jeudi 12 juillet à Baraqueville. Avec 23,2 millions de litres de lait produits et un objectif de 28 à 30 millions d’ici 2021, le bassin aveyronnais, jeune et dynamique affiche ses ambitions.

«Nous sommes fiers de notre bassin de production en Aveyron parce que nous continuons d’installer des jeunes, de valoriser à un prix correct notre lait, de travailler en réelle concertation avec notre entreprise Lactalis, dont le site d’Onet le Château poursuit sa croissance. Tous les voyants sont au vert», a résumé ravi, Jacky Salingardes, président du groupement de producteurs de lait de chèvre de l’Aveyron livrant à Lactalis, qui va devenir l’organisation des producteurs de chèvre du Rouergue. «Notre OP devrait être agréée d’ici la fin d’année. La contractualisation sera sans changement pour les producteurs comme dans notre relationnel avec l’entreprise Lactalis. Nous fonctionnions déjà dans un esprit d’OP», poursuit Jacky Salingardes.

Cette belle dynamique est confortée par une conjoncture favorable : une consommation à +1,7%, des volumes en hausse, des marchés demandeurs, un prix du lait en hausse de 25% depuis 2012 (+1,5% en 2016), des produits transformés sur le site d’Onet le Château porteurs, en particulier le lait UHT et le Rondelé. Comme le confirme Davy Hecht, directeur de région à Lactalis : «notre gamme de lait UHT demi-écrémé et entier est en développement, de même que le fromage sous la marque Rondelé le tout sous l’étiquette origine lait France, très porteuse dans le choix des consommateurs».

«Cette réussite est le fruit du travail mené au sein de l’interprofession, ANICAP», résume Davy Hecht. «C’est sûr qu’il est plus facile d’évoluer dans un climat serein, mais nous n’avons pas oublié d’où nous venons et les crises que nous avons traversées». L’objectif affiché est donc d’entretenir cette dynamique tout en restant dans une logique de cadrage entre l’offre et la demande.

Des produits porteurs

«Nous avons la chance d’être dans un bassin de production jeune et dynamique puisqu’une dizaine de personnes se sont lancés dans le lait de chèvre récemment», avance Jacky Salingardes. «Nous sommes fiers de pouvoir installer des jeunes dans un système encadré et accompagné avec les soutiens à l’installation et à la transmission proposés par Lactalis», poursuit l’éleveur aveyronnais, également président de la FNEC, fédération nationale des éleveurs de chèvre. «Ce n’est malheureusement pas aussi évident dans d’autres régions. En Nouvelle Aquitaine qui produit 60% des volumes de lait de France, la moitié des producteurs ont plus de 55 ans et parmi eux, 30% sont sans succession...», cite-t-il. Le renouvellement des générations est donc un défi majeur pour les années à venir que la production caprine a inscrit dans son plan de filière.

D’autant qu’à l’échelle nationale, il manque du lait : «les importations notamment d’Espagne progressent, nous devrons être vigilants pour ne pas reproduire les erreurs d’hier, l’interprofession y veille. Il faut continuer à bien valoriser notre lait», avance Jacky Salingardes.

Une dynamique de volume

Davy Hecht se montre confiant sur les perspectives : «Notre dynamique est encadrée avec un accompagnement des installations, un appui pour conforter nos producteurs historiques. Nous avons une approche raisonnée et collective pour maintenir la dynamique des volumes avec un objectif de 28 à 30 millions de litres de lait d’ici 2021, la qualité,... travailler sur la saisonnalité».

«Nous avons la chance d’avoir une entreprise qui croit en son bassin, qui investit», complète Jacky Salingardes. «Nous devons continuer à travailler et à avancer ensemble comme nous le faisons depuis de nombreuses années». Le président de la FNEC attend aussi davantage de communication sur les produits français pour asseoir ce développement : «la production de lait de chèvre a une bonne image auprès des consommateurs, sur laquelle nous devons travailler, de même que sur les questions environnementales et sanitaires,...», comptant sur les Etats généraux de l’alimentation.

Eva DZ