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Assemblée générale UNICOR : quelle coop pour demain ?

18 avril 2019

Assemblée générale UNICOR : quelle coop pour demain ?

Remettre l’associé coopérateur au cœur du projet de la coopérative, telle est l’ambition du groupe UNICOR. Lors de leur assemblée générale fin mars, les responsables de la coopérative ont publié les résultats d’une étude de satisfaction, menée auprès de leurs coopérateurs pour connaître leurs besoins, leurs attentes. Le président, Jean-Claude Virenque, accompagné du directeur général, Denis Simon, en détaille les conclusions.

Dans le cadre de votre projet d’entreprise, vous avez mené une étude de satisfaction auprès de vos coopérateurs. Pourquoi cette enquête ?

J-C. Virenque : «C’était un premier test, nous n’avions jamais réalisé ce type d’enquête auprès de nos coopérateurs. Nous avons donné la parole aux adhérents sur le groupe en général, sur l’ensemble de nos métiers, sur leur lien avec la coopérative, sur leur place dans la coopérative...

Leurs réponses nous poussent à redéfinir nos missions parce que notre priorité est de travailler pour nos adhérents, de les fidéliser, d’expliquer nos choix aussi. C’est important de se rapprocher.

Qu’en avez-vous retenu ?

J-C. Virenque : Notre première satisfaction est de voir que 600 personnes y ont répondu, ils ont pris le temps d’argumenter leurs réponses. C’est la première fois que nous pouvons bénéficier d’une telle base de travail. Beaucoup d’idées ont fusé. Nous avons retenu les principales : création de valeur ajoutée, proximité, technicité, esprit coopératif-communication et accompagnement. Nous sommes désormais attendus sur ces thématiques sachant que nous devrons les travailler dans un contexte économique toujours difficile. Mais nous avons notre feuille de route.

Nous avons partagé ces grandes lignes lors de notre assemblée générale avec la participation particulière de trois adhérents, Brigitte Singla, Francis Bral et Anthony Marre, qui ont répondu au questionnaire. L’objectif était de tracer l’orientation de la coopérative pour demain. Et les adhérents, présents en nombre à notre assemblée générale, ont apprécié cet échange franc. Le dialogue s’est ouvert.

Comment allez-vous décliner ces pistes de travail ?

J-C. Virenque : Je m’appuierai sur quelques exemples. La technicité est l’un des fondamentaux de notre coopérative. Au-delà de l’aspect purement commercial, nous devons amener plus de technicité, d’accompagnement dans la technicité. Alors que l’on discute de la séparation de la vente et du conseil, nous serons très attendus sur cette partie conseil. L’exemple le plus probant est l’utilisation des produits phytosanitaires. Nous devons être capables de trouver des solutions techniques pour accompagner les agriculteurs dans la baisse des apports. Nous sommes déjà en train d’y réfléchir mais c’est une petite révolution culturelle et nous devons aller encore plus loin.

Sur la proximité, nos adhérents comptent beaucoup sur le maillage territorial avec notamment notre réseau de magasins, complété par l’offre numérique et digitale. Pour eux, UNICOR est un acteur référent sur le territoire mais ils attendent davantage. Ils souhaitent une coopérative plus vivante par le biais de rencontres techniques locales par exemple pour renouer le lien avec leur coopérative. Nous envisageons aussi d’impliquer davantage nos administrateurs régionaux qui travaillent beaucoup dans l’ombre.

Au-delà de cette étude menée auprès de vos adhérents, l’assemblée générale a permis de faire le point sur l’activité du groupe coopératif. Comment se porte UNICOR ?

J-C. Virenque : Concernant l’appro des exploitations, nous avons ressenti les conséquences de la baisse d’effectifs en vaches laitières. Cependant, dans ce contexte difficile, SOLEVIAL reste un acteur important en terme d’alimentation. Nous avons travaillé à l’adaptabilité de nos modèles pour mieux accompagner les agriculteurs.

La collecte des céréales a été catastrophique, les aléas de la météo engendrant une nette baisse des rendements.

Dans le domaine de l’équipement des exploitations, nous affichons une vraie satisfaction : CADAUMA renoue avec un résultat positif. Plus de 120 tracteurs neufs autour de nos deux marques leader ont été commercialisés. En manutention, la nouvelle gamme s’est bien développée. Et en bâtiment d’élevage, le système séchage en grange est clairement un moteur.

Pour faire le lien avec l’étude de satisfaction menée auprès de nos adhérents, et leur demande de technicité, nous travaillons sur le lien entre agronomie et machinisme. Les innovations en terme de matériel (cartographie...) nous permettent par exemple de moduler les apports.

Et en productions animales ?

J-C. Virenque : Nous avons fait le point récemment avec les responsables des organisations de producteurs (lire aussi dans la VP du 4 avril). Globalement, en ovins, nous retiendrons qu’UNICOR est toujours le premier opérateur d’agneaux français. Notre ambition est de relancer l’activité d’engraissement, une activité à part entière sur une exploitation, créatrice de valeurs. En agneau sous la mère, malgré la bonne valorisation des animaux, nous observons une érosion lente de la production. Là aussi, nous devons travailler sur le renouvellement de notre bassin de production.

En bovins, nous envisageons de bâtir un système plus efficace en broutards (qui représente 55% de notre activité). Nous travaillons aussi à plus de liant dans le pilotage de nos équipes pour plus d’efficacité sur le marché de la viande. Nous voulons aussi consolider nos filières porteuses comme le Veau d’Aveyron et du Ségala.

En palmipèdes, les éleveurs ont bien rebondi après la grippe aviaire. La production remonte en puissance, la technicité permet une belle valorisation. Nous devons retrouver des équilibres de consommation sur le marché de la viande.

En vin, les vendanges 2017 ont été calamiteuses du fait du gel mais l’esprit coopératif a joué son rôle avec la caisse de péréquation. La récolte 2018 a, elle, été exceptionnelle. Un projet d’agrandissement de la cave de Valady est dans les cartons avec notamment un chai de vieillissement. L’AOP Marcillac est un beau fleuron pour le groupe.

Et comment se porte le réseau de 45 magasins ?

J-C. Virenque : Le contexte national des jardineries est compliqué mais nous tirons notre épingle du jeu (+1,8%) grâce notamment aux rayons alimentation, animalerie et motoculture (tondeuse automatisée, quad). Nous devons être très affûtés sur la productivité de nos magasins. Nous jouons la carte de la proximité et du service aux agriculteurs.

Et les Halles de l’Aveyron ?

J-C. Virenque : Nous avons fêté les 10 ans du magasin de Rodez. Avec l’ouverture des deux magasins en région parisienne, nous avons été confrontés à la problématique du pouvoir d’achat, de la consommation de viande... Il y a un retour vers le commerce de proximité, nous travaillons donc au dimensionnement de nos structures pour les projets à venir, sans remettre en cause nos 3 magasins existants».

Recueillis par Eva DZ