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SOS Busards : les agriculteurs peuvent se mobiliser

17 mai 2018

SOS Busards : les agriculteurs peuvent se mobiliser

Seuls rapaces à nicher au sol principalement dans les cultures (prairies de fauche notamment), les populations de busards sont en grand danger. Leurs effectifs régressent de façon alarmante et ces espèces sont dorénavant classées En Danger d’Extinction à l’échelle de Midi-Pyrénées.

Contrairement aux autres rapaces qui nichent dans les falaises ou les arbres, les busards, qu’ils soient «cendrés» (des migrateurs qui reviennent d’Afrique mi-avril), ou «Saint-Martin», font leur nid à même le sol. Conséquence de la disparition de leur milieu naturel, landes et prairies humides, ils ont trouvé dans les champs cultivés un milieu de substitution. L’étendue herbeuse offre alors protection aux œufs et à la busarde. Celle-ci assure en effet seule la couvaison et demeure ainsi de longues heures sur sa couvée, cachée par la hauteur de l’herbe. Brune, elle se confond avec le sol et son immobilité lui permet de passer inaperçue.

Ne pas bouger pour ne pas se montrer et protéger ainsi ses œufs… c’est ce que font les busardes qui attendront le dernier instant pour décoller face à un danger. C’est alors que dans son tracteur, l’agriculteur en train de faucher, verra surgir de l’herbe, à 2 m devant sa faucheuse, un oiseau brun arborant une tâche blanche à la base de la queue (photo). Certaines femelles, décollant trop tardivement, se font même happer par la machine, souvent à l’insu des agriculteurs. Le mâle, inquiet, peut alors apparaître et tourner au dessus de la parcelle. Ses ailes et son corps au dessous blancs et le bout de ses ailes noires le rendent très facile à reconnaître (photo).

En protégeant les busards, c’est aussi les récoltes que l’on protège

Ces rapaces sont en effet de grands destructeurs de campagnols des champs et rats taupiers. Chasseurs infatigables de rongeurs, les busards écument sans fin de leur vol louvoyant les prairies et zones cultivées à quelques mètres au-dessus des herbes. Un couple et ses petits consomment en effet au minimum plus de 2 000 campagnols durant les quatre mois que dure leur reproduction voire davantage lors de pullulation car les busards tuent alors plus qu’ils ne peuvent consommer. La quasi totalité du régime alimentaire du busard Saint-Martin est constitué de campagnols (plus de 90%) et celui du busard cendré de rongeurs et d’insectes (sauterelles).

Dans certains secteurs du département, les fauches ont déjà débuté et vont s’intensifier dans les semaines à venir. Que faire si on trouve un nid de busards en cours de fauche ? Si un grand oiseau brun s’envole à quelques mètres devant la faucheuse ? Dans l’urgence et pour ne pas bloquer le travail, appelez dès que possible SOS busards au 06 75 72 13 87 et laissez un carré de 5m sur 5m d’herbe non fauchée (le nid peut être au centre de cette surface ou en bordure).

Suite à cet appel, une équipe de bénévoles de SOS busards interviendra pour sécuriser le nid et répondre aux questions. Un suivi de la nichée sera ensuite assuré et forte d’une solide expérience (près de 300 nids à son actif) l’association donnera le maximum de chance à la nichée pour parvenir jusqu’à l’envol.

En 2017, SOS busards a suivi plus de 40 nids. Sans cette action, le busard cendré serait très certainement proche de l’extinction dans le département. Aujourd’hui ces actions de protection, soutenues par la majorité des agriculteurs qui aident concrètement à localiser et à protéger «leurs» busards, prouvent que des solutions simples et profitables à tous existent.

«Agissons ensemble pour la sauvegarde des busards, un patrimoine qu’il serait dommage de laisser disparaître et qui fait que nos milieux agricoles restent synonymes de vie», conclut l’association.

Contact : Viviane Lalanne-Bernard - SOS busards - 12800 Quins - Tél : 06 75 72 13 87 - courriel : sos-busards12@sfr.fr.