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Union Aubrac : une expansion continue

16 aout 2018

Union Aubrac : une expansion continue

La race Aubrac continue de surfer sur la vague de la notoriété ! Une croissance soutenue de l’ordre de 5%, un taux d’inscription au Herd Book toujours significatif et de grands rendez-vous à venir, notamment le concours national fin septembre. L’Union Aubrac réunie en assemblée générale vendredi 10 août, reste vigilante tout de même à la maîtrise de ce développement.

«L’Aubrac n’en finit pas de séduire de nouveaux éleveurs vers des horizons toujours plus larges», Yves Chassany est un président heureux. Les derniers chiffres de juin affichent de nouveaux records avec près de 217 000 vaches Aubrac en France, soit une croissance soutenue de l’ordre de 5% par an depuis plusieurs années.

Les 640 adhérents de l’Union Aubrac détiennent environ 20% du cheptel mère, «ce qui nous place dans les tout premiers rangs en terme de pourcentage d’animaux inscrits vis-à-vis de la population totale», se réjouit Yves Chassany. Les adhésions sont d’ailleurs stabilisées depuis quelques années (210 en Aveyron, 143 dans le Cantal, 151 en Lozère et 146 hors berceau). Et près d’une quinzaine d’éleveurs ont émis le souhait de rejoindre le Herd Book cet été. Et si les cheptels non inscrits pratiquant la certification de parenté bovine ou le contrôle de performances sont comptabilisés, plus d’un tiers des vaches Aubrac en France sont suivies et viennent alimenter la base de sélection.

Une situation positive mais les responsables de l’Union Aubrac ne veulent pas céder à l’euphorie pour autant : «Les adhésions se font de plus en plus hors berceau, ce qui demande une réflexion au sein de notre conseil d’administration quant au suivi des élevages (déplacements plus nombreux, plus éloignés, demandes différentes des adhérents, effectif par cheptel en progression,...)», résume Yves Chassany qui alerte sur la baisse des subventions. Deux techniciens ont été recrutés dans l’année pour accompagner cette évolution.

Le conseil d’administration mise donc sur une stratégie de prudence pour assurer la pérennité de la structure et de l’accompagnement, au service des adhérents et du développement de la race (investissement génomique, création d’une OS européenne cet automne,...). Dans cette perspective, les administrateurs ont engagé une réflexion sur le projet racial Aubrac : «Au-delà de l’orientation raciale qui détermine plus le type de vache recherché, savoir ce que nous souhaitons faire demain de notre race est aujourd’hui une priorité absolue», a signalé Yves Chassany, remerciant au passage l’engagement de Bernard de Lapanouse, administrateur depuis 1985 et rapporteur de la commission d’orientation raciale au sein de l’UPRA.

Quel animal et quel éleveur demain ?

Pour construire le projet racial des 5 à 10 ans à venir, un groupe de travail restreint s’appuie sur les résultats marquants de la race :

46 569 naissances, un taux de croisement qui ne cesse de baisser (14% contre 23% en 2013) ce qui entraîne une offre sur-abondante de femelles Aubrac, des filières valorisant le croisé qui souffrent,... et d’autre part de gros écarts entre les mères à taureaux élite (362 jours IVV, soit un veau par an) et les mères de service (380 jours IVV), 88% de vêlage sans aide (+1% «seulement»), des tailles de cheptel en augmentation,... D’où les questions à se poser pour l’avenir : qu’en sera-t-il de l’élevage allaitant en France ? Des zones non convertibles à la culture ? L’élevage sera-t-il spécialisé naisseur et l’engraissement se développera-t-il dans des zones plus adaptées ? Comment se portera la consommation de viande quand on sait qu’aujourd’hui 45% d’une carcasse est transformé en haché ! Quel type d’animal faudra-t-il produire ? Comment évolueront les attentes sociétales ? Et les attentes des éleveurs ? «Le groupe va dégager des pistes de travail pour savoir quel type d’animal pourra répondre à ces questions demain tout en rémunérant l’éleveur», a résumé Jacques Renou, directeur de l’Union Aubrac.

Les éleveurs Aubrac pourront toujours compter sur leur station d’évaluation de La Borie, pour les accompagner : les ventes de la station ce printemps ont atteint des niveaux de prix tout à fait satisfaisants «à même de valoriser le travail génétique de chacun». Un outil essentiel pour la race Aubrac, selon Yves Chassany : «Chacun chez soi doit être en mesure de savoir quels veaux ils vont proposer, issus de leurs vaches les mieux qualifiées et aux capacités d’allaitement irréprochables». La capacité d’allaitement des vaches Aubrac est nécessaire au maintien des systèmes économes en herbe, qui font, notamment, la notoriété de la race. Yves Chassany espère un déploiement de l’index allaitement.

Vers une représentativité élargie

Pour une meilleure représentativité des éleveurs inscrits, l’Union Aubrac réfléchit aussi à modifier ses statuts de façon à intégrer au sein de son conseil d’administration des éleveurs représentatifs des différentes zones géographiques où l’Aubrac est présente. «Avec 10 syndicats Aubrac actifs sur le territoire et un certain nombre d’autres en préparation, notre conseil d’administration est devenu au fil du temps, une véritable assemblée pour laquelle nos statuts seront bientôt limitants», a avancé Jacques Renou. Dans un souci d’ouverture et de simplification, le conseil d’administration propose une élection tous les 2 ans, des membres du bureau et tous les 6 ans de ses administrateurs. Ces modifications des statuts sont à l’étude et interviendront lors de l’assemblée générale de 2019.

2019 marquera également le 40ème anniversaire de l’Union Aubrac. Encore de grands rendez-vous à venir donc pour la belle aux yeux noirs et ses très nombreux suiveurs !

Eva DZ

Trois nouveaux administrateurs entrent à l’Union Aubrac : Céline Batut (Laguiole), Alain Durand (Sarrans) et Thierry Reversat (Lozère). Ils remplacent Bernard de Lapanouse, Christian Soulenq et Patrice Laporte et 5 autres administateurs ont été renouvelés.