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Les Esprits sauvages à St-Chély d’Aubrac : au galop ou au trot en pleine nature

16 aout 2018

Les Esprits sauvages à St-Chély d’Aubrac : au galop ou au trot en pleine nature

Entre Saint Chély d’Aubrac et Castelnau de Mandailles, au bout du bout d’une piste, est installée Mathilde Bonneville. Agricultrice depuis 4 ans dans ce petit coin de paradis, elle élève des chevaux, propose des balades et projette de démarrer la traite des juments pour la cosmétique. Reportage.

Elève puis professeur à l’école national des arts du cirque, Mathilde Bonneville et son compagnon ont posé leurs valises sur l’Aubrac il y a plus de 15 ans, à La Canourgue d’abord puis depuis 6 ans, dans un petit coin sauvage, sur les hauteurs de Saint Chély d’Aubrac. Les Esprits sauvages, c’est ainsi qu’elle a baptisé son activité mêlant élevage de chevaux et ferme équestre. Son compagnon lui, se consacre aux arts du cirque dans l’association Cirka Kana Valka. «Je suis installée en individuel, ma première activité est l’élevage de chevaux et je viens d’ouvrir fin mai une ferme équestre autour de balades, dans le réseau Bienvenue à la ferme», explique Mathilde, tout à fait en adéquation avec le concept d’accueil à la ferme, par son sourire, sa bienveillance et son souci du bien-être de ses visiteurs.Sur son petit bout de terre, elle est aux petits soins pour ceux qui viennent lui rendre visite.

Après avoir passé son diplôme agricole lui permettant de s’installer, elle est titulaire d’un brevet d’accompagnateur en tourisme équestre et prévoit très vite de valider son BPJEPS qui lui permettra de donner des cours d’équitation. Et cet automne, Mathilde va démarrer la traite des juments, leur lait est déjà réservé pour un débouché dans le secteur de la cosmétique.

Ferme équestre et projet de lait de jument

Sa saison est bien planifiée : accueil sur la ferme de mai à Toussaint, naissance des poulains l’été et traite des juments de septembre à décembre, le reste du temps étant dédié à la communication et aussi à ses deux enfants ! Pour créer son activité, le cadre de ses installations,... Mathilde a suivi ses envies et son inspiration. Très bricoleurs avec son compagnon, ils ont construit en bois, la pièce centrale, le manège qu’elle partage avec l’association Cirka Kana Valka pour des stages de cirque. Autour de petites constructions circulaires en bois, posées sur palettes donc mobiles, accueillent la sellerie, les toilettes,... Un bâti qui s’intègre parfaitement dans le lieu entouré de bois et de forêts.

«Un cadre idéal pour l’élevage de chevaux et les balades puisque que nous partons de l’exploitation ou des communaux à 1200 m d’altitude où mes chevaux pâturent tout l’été, nous ne voyons ni goudron, ni route, simplement des sentiers, des chemins, parfois une rivière,... un très agréable terrain de jeu pour les cavaliers comme pour les chevaux, au trot ou au galop», résume Mathilde.

A l’état sauvage

Ses chevaux justement, sur les 11 qu’elle possèdent, 5 mâles sont réservés au tourisme équestre, les six autres sont des poulinières de lait destinées à son projet de traite. «Mon objectif est bien sûr de vendre des poulains mais aussi d’assurer la production de lait. En la matière, il y a encore beaucoup de recherches sur les capacités laitières des juments. J’ai choisi des mères de races rustiques, s’adaptant particulièrement au climat de l’Aubrac puisque mes chevaux évoluent en extérieur toute l’année, maternelles et laitières», détaille Mathilde, qui élève des Chevaux d’Auvergne, des Pottok (petit cheval des Pyrénées) et des Highlands. Pour son projet de traite, Mathilde va construire un bâtiment qui lui permettra aussi de stocker le foin. «La traite des juments demande beaucoup d’anticipation, de manipulation. Depuis le début de l’été, je prends le temps tous les jours, d’aller vers elles, de les habituer à être manipulées», explique l’agricultrice qui prévoit de traire 4 fois par semaine.

Elle a aussi échangé avec des anciens sur la traite sur l’Aubrac. «J’ai été très bien accueillie par les agriculteurs du coin mais aussi par la mairie de Saint Chély d’Aubrac. Grâce au départ en retraite d’un agriculteur, j’ai récupéré 8 ha de communaux, ce qui m’a permis de concrétiser mon installation», explique ravie Mathilde.

La preuve, son activité de tourisme équestre a débuté grâce au bouche à oreille : «je reçois beaucoup de locaux et quelques vacanciers. Je privilégie l’accueil personnalisé avec pas plus de 4 personnes en balade». Mathilde les accueille sur sa ferme, dans son petit bureau, une petite caravane qu’elle a customisée ! Dans un espace sécurisé, elle leur présente les chevaux qui vont les accompagner. Sur une grande table, entourée de bancs, elle déplie une grande carte afin de leur montrer le circuit qu’ils vont emprunter. «Je leur parle de mes chevaux, de leur caractère, j’aime transmettre et je pense que ça plaît !», sourit Mathilde. Elle met à disposition également une roulotte pour des petits séjours itinérants (sur réservations bien à l’avance !). Et c’est parti pour des balades, à la carte, 1h, 2h, 3h,...

Référencée dans le réseau Bienvenue à la ferme, Mathilde envisage de développer l’accueil de groupe de randonneurs, en plus des balades. Pour l’instant, le lait de jument, elle le valorisera pour un débouché cosmétique. Et bien sûr, elle se consacrera aussi à l’élevage de ses chevaux. «J’aime échanger avec les gens, partager ma passion et apprendre aussi, c’est ainsi que je conçois Les Esprits sauvages, la curiosité de la découverte», conclut Mathilde toujours le sourire aux lèvres.

Eva DZ

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