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Action FDSEA-JA : rien de tel qu’un bon steak made in France !

16 aout 2018

Action FDSEA-JA : rien de tel qu’un bon steak made in France !

Jeudi 9 août, la FDSEA et les JA de l’Aveyron ont profité du chassé-croisé des vacanciers, sur l’aire d’autoroute de Sévérac le Château pour leur proposer un petit morceau de leur pays : des grillades de viande d’Aubrac. Une manière de les sensibiliser à l’intérêt de la consommation de viande française pour sauver l’élevage face aux importations de viande du MERCOSUR.

Il régnait comme un petit air de vacances jeudi 9 août sur l’aire d’autoroute de Sévérac le Château. Les voitures, campings-cars, camionnettes emplies de vacanciers étaient nombreux à faire une halte sur l’aire de l’Aveyron, avant de rejoindre les plages de la Méditerranée. Non sans avoir reçu un petit message des éleveurs de l’Aveyron : «pensez à consommer la viande d’origine France et n’hésitez pas à questionner les restaurateurs sur l’origine de la viande !».

Ils étaient une vingtaine d’agriculteurs de la FDSEA et des JA de l’Aveyron à diffuser ce message en distribuant des tracts défendant le mode d’élevage à la française face aux feedloots sud américains. «L’Aveyron est l’un des premiers départements d’élevage de France, notre mission est d’interpeller les consommateurs et les pouvoirs publics sur la nécessité de consommer de la viande locale et d’origine française», a expliqué Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande et secrétaire générale de la FDSEA.

«Il est primordial de rappeler que nos élevages sont à taille humaine, basés sur une agriculture familiale, qui fait vivre un tissu économique local et le milieu rural», rappelle la responsable professionnelle. «Nous développons des systèmes d’élevage tout en herbe, la majorité de l’alimentation de nos animaux est produite sur la ferme. Notre traçabilité est la plus pointue dans le monde, chaque animal étant identifié et suivi individuellement». Valérie Imbert évoque également l’amour des éleveurs pour leurs animaux : «Nous sommes bienveillants chaque jour à leur confort, à leur alimentation et nos pratiques sont encadrées par la loi. Si nous n’aimions pas nos animaux, nous ne ferions pas ce métier».

Des systèmes diamétralement opposés

Face aux efforts qu’ils fournissent au quotidien, les éleveurs français ne comprennent pas les négociations en cours avec le MERCOSUR, qui pourraient déboucher sur l’arrivée d’importations massives de viandes d’Amérique du sud, produites dans des conditions bien différentes : «les parcs d’engraissement dans ces pays rassemblent 20 à 30 000 bovins en moyenne. Ils sont nourris de maïs OGM, de farines animales, d’activateurs de croissance, soignés aux antibiotiques,... et ne voient jamais d’herbe. Là-bas la traçabilité n’est pas obligatoire, les hormones sont utilisées massivement sans contôles !», souligne Valérie Imbert.

«Nous ne pouvons pas lutter à armes égales face à ces produits, nous sommes victimes d’une concurrence déloyale et les consommateurs ne s’y trompent pas. Une grande majorité ne veulent pas de ces viandes à l’origine incertaine, produites dans des conditions qu’ils ne cautionnent pas», poursuit la responsable professionnelle. «Les conclusions des Etats généraux de l’alimentation ont bien rappelé que les consommateurs français privilégiaient la viande locale et attendaient de la qualité et de la traçabilité dans les produits. Ces négociations avec le MERCOSUR sont un contre-sens du gouvernement».

Une opération séduction réussie

Pour se faire entendre et solliciter le soutien des consommateurs, une nouvelle fois, une action nationale de communication positive a été lancée par la FNB et relayée par les éleveurs de races à viande du Grand Massif central. La FDSEA et les JA de l’Aveyron s’y sont associés en organisant une dégustation de viande d’Aubrac : «C’est en allant à la rencontre des consommateurs que nos messages passeront», sont convaincus les agriculteurs présents.

Quelques tracts dans une main, une assiette de viande dans l’autre et un grand sourire, la vingtaine d’éleveurs présents a fait le plein de bonne humeur : «La plupart des gens, de toutes générations, nous ont fait part de leur soutien à l’élevage français et de leur souci de consommer des viandes locales. C’est rassurant et cela nous encourage aussi à poursuivre nos efforts dans nos fermes», témoignent certains agriculteurs.

Eva DZ