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«Moi(s) je m’installe» avec Anne-Gaëlle Danflous : «fière de prendre la suite»

15 novembre 2018

«Moi(s) je m’installe» avec Anne-Gaëlle Danflous : «fière de prendre la suite»

Deux ans après son installation, Anne-Gaëlle Danflous est une éleveur de vaches laitières heureuse. Diplômée de Purpan, après plusieurs années de salariat, cette jeune maman s’épanouit sur la ferme familiale à Galgan.

Anne-Gaëlle Danflous a roulé sa bosse avant de s’installer à 30 ans sur la ferme familiale. Diplômée de Purpan, elle a été formatrice à l’ADPSA puis pendant 6 ans, formulatrice à Solevial. «Dans un coin de ma tête j’ai gardé l’idée de m’installer mais ce n’était pas évident en raison d’un manque de foncier», se souvient Anne-Gaëlle. Jusqu’à cette opportunité offerte par des voisins qui cessaient leur activité : «la possibilité de louer des terres à proximité a déclenché mon projet».

C’est ainsi que le 1er décembre 2016, Anne-Gaëlle a rejoint ses parents pour former le GAEC du Rosier Blanc, sur la commune de Galgan, près de Montbazens. «L’élevage laitier me tentait depuis toujours, et qu’importe si au moment de mon installation, la conjoncture n’était pas au beau fixe. Dans tout métier, il y a des hauts et des bas, des contraintes. Avoir travaillé à l’extérieur précédemment me permet de relativiser et je suis aujourd’hui plus libre», soutient Anne-Gaëlle. Cette maman de deux jeunes enfants (3 et 5 ans) arrive à se libérer quand elle en a besoin pour eux : «C’est une question d’organisation. Mes parents comme moi, nous avons tous gagné en qualité de vie».

L’installation d’Anne-Gaëlle a également été facilitée par le travail de ses parents : «ils m’ont transmis une ferme bien assise, spécialisée en bovins lait depuis 4 ans, après l’arrêt de l’atelier ovins faute de foncier suffisant». Avec son arrivée sur l’exploitation, l’atelier est passé de 60 à 90 vaches laitières en race Prim’Holstein, sur 76 ha dont environ 25 en location. Peu à peu les associés augmentent la production, espérant réaliser leur référence de 960 000 litres rapidement. Le lait est livré à la coopérative Sodiaal.

Le GAEC a également profité de l’arrivée d’Anne-Gaëlle pour construire un bâtiment qui accueille l’ensemble du troupeau, ainsi qu’une salle de traite «pour le confort de tous», notamment de plain pied pour que les enfants puissent y assiter en toute sécurité !

Un an pour s’installer

Pour concrétiser son accompagnement à l’installation, Anne-Gaëlle a mis une année, à partir du premier rendez-vous au Point Accueil Installation. «C’est un peu le parcours du combattant notamment pour tout ce qui a trait aux tâches administratives et réglementaires. Je ne pensais pas qu’il y avait autant de choses à suivre en même temps. Pour faire avancer son dossier, il faut bien le suivre». Après une formation sur le chiffrage de son projet, la future agricultrice y a vu plus clair sur son dossier qui était relativement simple : une installation dans le cadre familial, une exploitation bien assise... «Le plus délicat a été de faire coincider mon installation avec le dossier PCAE pour le bâtiment. Les démarches étant pour la plupart dématérialisées, cela facilite les échanges. L’accompagnement de la Chambre d’agriculture, encore aujourd’hui sur tout l’aspect réglementation, est très appréciable».

Deux ans après son installation, Anne-Gaëlle mesure déjà le chemin parcouru. «La première année, on avance un peu à tâtons et puis le bâtiment n’était pas tout à fait fini, mais quand on a fait une année complète, on y voit plus clair dans l’organisation de chacun», avance la jeune agricultrice qui a vite trouvé ses marques sur une exploitation qu’elle connaissait déjà bien. Ses parents lui ont confié la gestion administrative de la ferme. «J’ai encore beaucoup à apprendre sur la conduite du troupeau, et je participe à plusieurs journées techniques, via la Chambre d’agriculture, Sodiaal...» pour parfaire sa formation, et elle compte aussi sur l’expérience de ses parents !

Envie d’ouverture

C’est aussi cette envie d’ouverture et d’échanges qui l’a convaincu de participer à la première réunion du groupe JA réservé aux agricultrices. «C’est toujours intéressant de pouvoir échanger sur le parcours de chacun, mais aussi de se comprendre parce qu’on ne partage pas toujours le même point de vue que les hommes sur notre métier», avance Anne-Gaëlle. Elle attend de ce groupe, de pouvoir partager ses préoccupations, notamment sur l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie familiale. «On s’aperçoit que l’on se pose toutes les mêmes questions. A plusieurs c’est plus facile de trouver des solutions !». Anne-Gaëlle est aussi fière de représenter la jeunesse sur son secteur : «Nous manquons un peu de dynamique dans le coin, en participant à un groupe JA j’espère y contribuer à mon échelle».

Pour les années à venir, Anne-Gaëlle veut tout simplement vivre de ce métier qui la passionne et bien le vivre. «Sur une ferme on travaille avant tout pour soi et je suis fière que mes parents me passent le relais en douceur. Jamais ils ne m’ont découragé dans mon projet. Ils m’ont rendu mon projet facile».

Eva DZ