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Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs : une belle dynamique aveyronnaise

14 mars 2019

Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs : une belle dynamique aveyronnaise

L’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs Aveyron s’est déroulée vendredi 8 mars à Luc, sous la présidence d’Anthony Quintard, avec comme point fort, un échange sur «l’adaptation des exploitions face aux changements climatiques».

Pour son assemblée générale, Jeunes Agriculteurs Aveyron avait réuni ses adhérents et ses partenaires autour du thème de l’adaptation des exploitations aux changements climatiques. Objectif, «interpeller les acteurs de l’agriculture aveyronnaise et les agriculteurs eux-mêmes sur ce sujet capital, qui fait appel à la résilience par la triple performance économique, sociale et environnementale, à l’autonomie et à la recherche de solutions innovantes». Les JA avaient invité Julien Caillard, membre du bureau national JA, céréalier installé dans l’Yonne, adepte de l’agriculture de conservation. Il a parlé de la PAC et de la résilience en agriculture, sujets qui étaient au cœur du rapport d’orientation JA national de l’an dernier, et que Julien Caillard avait alors présenté. «Nous avons d’abord fait un point avec lui en interne sur les négociations autour de la nouvelle PAC», dit Anthony Quintard, «puis évoqué lors de l’assemblée générale la résilience en agriculture, c’est à dire la capacité des agriculteurs à surmonter notamment les conséquences économiques des sécheresses et inondations en lien avec le changement climatique. Il est en effet possible de rebondir face à ces difficultés en adaptant par exemple ses pratiques culturales».

«Expliquer le métier»

Pour Anthony Quintard, «les JA sont également conscients du changement de paradigme imposé par la société concernant l’usage des produits phytosanitaires, le bien-être animal ou la production de viande. Le thème de notre assemblée générale est en phase avec ces préoccupations, comme l’importance d’un couvert végétal sur les cultures pour capter le carbone. Les JA sont prêts à diminuer l’usage de produits phytos si le conseil technique suit. Nous ne pulvérisons pas par plaisir. Nous sommes favorables à la protection de la ressource afin de rendre plus acceptable notre métier. Nous sommes la voix la plus pertinente pour expliquer ce qu’est réellement notre métier !».

Les JA avaient convié deux experts dans leur domaine, Serge Moncet, conseiller végétal chez RAGT et Céline Nayraguet, conseillère commerciale ISAGRI (Aveyron et Lozère). Elle a présenté la station météo professionnelle connectée Météus, précisant que deux d’entre elles étaient installées en Aveyron, à Salmiech et à Sévérac le Château, depuis six mois. Cette station enregistre différentes données météo, températures, pluviométrie, etc, mais aussi les sommes de températures bien connues des systèmes agricoles pâturant. La finalité est d’indiquer à l’éleveur le meilleur moment pour semer, traiter, faucher, le tout afin d’optimiser le potentiel économique de l’exploitation pour un meilleur revenu. La station météo coûte environ 500 euros, plus 180 euros de contrat de service annuel.

«Une agriculture plus autonome»

Serge Moncet, conseiller agronomie et conduite des cultures chez RAGT, travaille au sein du service Conseil, Innovation, Développement de RAGT Plateau Central proposant des diagnostics personnalisés pour les agriculteurs. Il a mis l’accent sur l’importance de la couverture des sols permettant de limiter l’érosion, et sur l’avantage des rotations des cultures. «Sécuriser le potentiel des prairies est l’un des enjeux majeurs lié au réchauffement climatique», selon lui. Le président des JA complète : «l’herbe doit se pratiquer comme une culture à part entière avec plusieurs variétés pour favoriser la biodiversité, limiter les risques de sécheresse, permettre une agriculture plus autonome».

Et Anthony Quintard de conclure : «l’Aveyron est sur une bonne dynamique, avec un niveau d’installations positif, lié également à la réforme de la dotation jeune agriculteur permettant de rendre plus attractive l’entrée dans le métier. Nous avons aujourd’hui environ deux installations aidées pour trois départs dans le département. Nous pouvons peut-être faire mieux encore mais ce résultat est déjà très encourageant. En Aveyron, nous avons des filières agricoles qui sont porteuses économiquement, permettant à des jeunes de s’installer sur l’ensemble de notre territoire. C’est là aussi un autre point important en faveur d’une ruralité vivante».

D.B.