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Echanges lycée La Roque - CUMA : salarié agricole, un métier d’avenir

14 février 2019

Echanges lycée La Roque - CUMA : salarié agricole, un métier d’avenir

C’est devenu une habitude entre les CUMA et le lycée La Roque ! Chaque année, des responsables de CUMA locales accompagnés de salariés viennent à la rencontre des élèves de terminale pour leur présenter le fonctionnement d’une CUMA mais aussi pour leur confirmer le potentiel d’emplois. Le métier de salarié agricole a de l’avenir !

Vendredi 8 février, près de 90 élèves de terminale STAV (production et agro-équipement) et de bac pro CGEA ainsi qu’un groupe d’adulte en formation d’1 an, du lycée La Roque ont écouté le message de quatre responsables et salariés de CUMA du département. «Informer les élèves sur le métier de salarié et les sensibiliser aux principes fondamentaux d’une CUMA fait partie du programme de formation», explique Pascal Gilhodes, enseignant. «Le contact avec des professionnels, agriculteurs et salariés et les échanges avec eux, sont aussi intéressants et permettent de mieux faire passer les messages», poursuit-il.

Ainsi Guilhem Rudelle, trésorier de la CUMA de Prades et Canet de Salars et administrateur à la FD CUMA, Charles Guizard, responsable des salariés à la CUMA de Bellas et Sévérac, Quentin Enjalbert, salarié de la CUMA de Baraqueville et Guillaume Gaven, salarié de la CUMA de Sévérac, ont partagé leur expérience pendant toute une matinée avec les jeunes. Accompagnés de Benoît Lafabrègue en charge de l’emploi à la FD CUMA et de Sandrine Anglade, animatrice, les professionnels ont expliqué le fonctionnement d’une CUMA : la notion de coopérative, la gouvernance, le service aux adhérents (mise à disposition de matériels, de bâtiment, de main d’œuvre...), l’engagement de chacun... et bien sûr la convivialité et le lien social !

Des emplois de confiance

A partir de vidéos courtes et d’un quizz sur leur portable, les jeunes ont pu en savoir plus sur les CUMA et leur importance sur le territoire. Le réseau est en effet bien implanté en Aveyron : plus de 265 CUMA générant 17 millions d’euros de chiffre d’affaires et 135 emplois (90 en CDI et les deux tiers à temps complet) dont 5 nouveaux postes en 2018.

Pour exemple, la CUMA de Prades et Canet de Salars représentée par Guilhem Rudelle regroupe une centaine d’adhérents sur 3 communes et emploie 2 salariés à temps plein pour assurer les services complets et apporter un complément de main d’œuvre chez les adhérents. Tout le parc matériel (sauf téléscopique et fendeuse) est à disposition : «du matériel neuf, performant, bien entretenu et à moindre coût pour les agriculteurs engagés». La CUMA de Bellas représentée par Charles Guizard emploie 5 salariés à temps plein et un saisonnier qu’elle partage avec la CUMA de Sévérac. Ils assurent tout type d’activités en service complet.

Guilhem Rudelle et Charles Guizard ont expliqué leur façon de procéder lorsqu’un matériel doit être renouvelé ou une activité créée : le principe d’un agriculteur, une voix et l’association des salariés au choix du matériel. «Quand on s’installe, participer à une CUMA permet de soulager les charges de mécanisation qui représentent tout de même un tiers des charges sur une ferme !», tiennent à souligner les responsables de CUMA. «Chez moi, j’ai un tracteur et rien d’autres ! Je préfère profiter du matériel performant, récent et entretenu que me met à disposition la CUMA !», souligne Guilhem Rudelle, sans compter la fierté de «construire ensemble». Charles Guizard, lui, apprécie le lien entre les adhérents : «J’ai été salarié d’une CUMA pendant 10 ans avant de m’installer seul sur la ferme familiale. La CUMA me permet de garder un lien social, c’est important dans nos campagnes pour ne pas tomber dans la routine de la ferme».Avec quelques chiffres à l’appui, les responsables de CUMA ont expliqué l’intérêt économique de l’achat partagé de matériel, et par leur témoignage, l’intérêt social.

Il y a un vrai potentiel d’emplois au sein des CUMA. Quentin Enjalbert et Guillaume Gaven, salariés de CUMA ont présenté leur métier aux jeunes, notamment sa diversité : «Nous sommes polyvalents mais aussi très impliqués dans la gestion des chantiers, en lien étroit avec nos responsables et puis nous travaillons avec du matériel très performant». «On nous consulte sur le choix d’un matériel au moment du renouvellement, on compte sur nous et on nous fait confiance, c’est valorisant», appuient-ils. La conduite de matériels en service complet constitue la majorité de leurs interventions, l’entretien est réservé aux périodes creuses et le complément de main d’œuvre ponctuellement pour remplacer les agriculteurs en cas de coup dur, de congés ou de pics de travail.

Des informations sur la réglementation du travail, la rémunération ont aussi été apportées. «On sait dans quel milieu nous travaillons, on sait qu’il y a des périodes de pointe et de creux, à nous de nous adapter», témoignent les salariés que Guilhem Rudelle qualifie de véritables «collaborateurs» pour les agriculteurs : «Ils connaissent bien mieux le matériel que nous et leur participation à l’organisation est essentielle pour le bon fonctionnement de nos CUMA. Nous comptons sur eux !».

Eva DZ