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Les CUMA à l’Agricampus La Roque : l’apprentissage de l’investissement en groupe

13 février 2020

Les CUMA à l’Agricampus La Roque : l’apprentissage de l’investissement en groupe

Depuis plus de 10 ans, les CUMA ont pris l’habitude d’intervenir devant les élèves de l’Agricampus La Roque. Des responsables de CUMA viennent témoigner de l’intérêt d’investir en commun dans du matériel qui représente la première charge dans les exploitations ! Ils sont accompagnés de salariés de CUMA qui, eux, font la promotion de leur métier, souvent méconnu des jeunes.

En s’appuyant sur les chiffres des CUMA, sur des témoignages d’adhérents, de responsables et de salariés, près de 90 étudiants de l’Agricampus La Roque (terminale STAV, bac pro CGEA, bac pro adulte, BTS TC et PA...) ont écouté avec beaucoup d’attention, vendredi 7 février, Guilhem Rudelle, trésorier de la CUMA de Prades - Canet de Salars et Maxime Puech, responsable à la CUMA de Villecomtal. Tous deux administrateurs à la FD CUMA, ont partagé leur expérience dans l’utilisation de leur CUMA et dans sa gestion. Benjamin Pouget, salarié à la CUMA de Lapanouse sur le Sévéragais, les accompagnait pour parler de son métier.

Des témoignages francs et sincères

268 CUMA en Aveyron, soit près d’une par commune, 80% des agriculteurs du département adhèrent à une CUMA, plus d’une centaine d’emplois non délocalisables, un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros... En quelques chiffres, les étudiants ont d’emblée reconnu l’importance de ce réseau pour la mutualisation des matériels bien sûr mais aussi pour les échanges et la convivialité qu’il crée entre agriculteurs. Ce sont d’ailleurs les arguments que Guilhem et Maxime ont mis en avant : «Certes il y a le prix de revient du matériel, la possibilité d’accéder à du matériel récent et performant mais grâce à la CUMA, on rencontre aussi nos voisins, on se tient au courant, on prend des nouvelles. On dispose aussi d’un appui salarié sur nos fermes». Guilhem, lui, dès son installation, a fait le choix du 100% CUMA pour l’ensemble du matériel.

Les deux responsables de CUMA ont expliqué les clés de répartition des investissements réalisés en CUMA, précisant bien que tous les adhérents quelle que soit la taille de leur exploitation, étaient considérés de la même façon, les activités étant facturées à l’utilisation. Des éléments qui ont rappelé les valeurs d’équité et de mutualisme au sein de ces coopératives. A l’interrogation d’un jeune qui pensait qu’être en CUMA «coûte cher», Maxime a évoqué le risque partagé lorsqu’on investit collectivement dans un matériel : «Nous n’avons pas le souci de la gestion de la panne, de la prise en charge de l’entretien, de l’assurance... Tout est mutualisé». Par ailleurs, Guilhem et Maxime ont expliqué le système de gouvernance des CUMA : chaque adhérent représente une voix au sein de sa CUMA. «Chaque adhérent s’engage sur le matériel qui l’intéresse et sur une durée, les parts sociales lui appartiennent».

Le développement de partenariats avec les collectivités par exemple sur les activités de déneigement, d’élagage... ainsi qu’avec d’autres CUMA sur la base d’InterCUMA ouvre aussi de nouvelles portes et inscrit concrètement les CUMA dans le développement local. Des emplois sont créés, non délocalisables.

Benjamin Pouget compte parmi la centaine de salariés employés par les CUMA en Aveyron. Embauché à la CUMA de Lapanouse depuis 2010, avec deux autres collègues, il a expliqué ses missions : conduite d’engins, entretien du matériel mais aussi appui dans les exploitations lors des agnelages par exemple... «Nous avons la chance de travailler avec du matériel récent et performant, chez des agriculteurs qui nous font confiance et qui, même parfois, nous demandent conseil sur telle ou telle implantation de cultures par exemple, en fonction de nos expériences, c’est enrichissant», témoigne Benjamin. Bien sûr, la question du salaire a été soulevée par les étudiants : «Au moment de l’embauche, nous sommes payés un peu au-dessus du SMIC mais quand on fait ses preuves, comme dans toutes entreprises, il est possible de négocier. Et puis mon contrat est annualisé, ce qui permet d’équilibrer les grosses semaines en période de pointe de travail et les semaines plus tranquilles. Et mes heures supplémentaires sont payées. Personnellement je suis bien dans mon métier, j’apprécie la diversité de mes missions, le fait d’être autonome dans les tâches que me donnent les responsables d’activité et les adhérents, le fait aussi que l’on me confie des responsabilités, c’est valorisant. Lorsque je sème ou je récolte, je suis responsable de la récolte de l’adhérent, ce n’est pas rien !». Un point de vue que partage Maxime qui fut avant de s’installer, 5 ans salarié de la CUMA de Villecomtal. «Les adhérents comptent aussi sur leur salarié pour partager leur expérience et leur savoir-faire dans l’utilisation et la conduite du matériel. C’est un échange vraiment enrichissant pour les deux parties».

Un témoignage franc et sincère qui a séduit quelques jeunes puisque plusieurs mains se sont levées dans la salle lorsque les organisateurs ont demandé s’il y avait des volontaires pour devenir salarié agricole !

Eva DZ