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IGP Fleur d’Aubrac : des pistes pour se développer

11 octobre 2018

IGP Fleur d’Aubrac : des pistes pour se développer

L’association Fleur d’Aubrac tenait son assemblée générale lundi 8 octobre à Antrenas. Malgré la baisse des ventes de viande, la filière a maintenu ses chiffres pour l’année 2017.

«Avec près de 1 500 génisses et un bon équilibre entre l’offre et la demande, on peut globalement dire que 2017 aura été assez bonne pour les Fleurs d’Aubrac». Tel est le constat qu’a fait David Cayrel, président de Fleur d’Aubrac lors de l’assemblée générale de l’association le 8 octobre à Antrenas. Avec 146 apporteurs et 1 492 Fleurs d’Aubrac (817 d’Aveyron, 620 de Lozère, 41 du Cantal et 14 de Haute-Loire) vendus en 2017, la filière n’a pas à rougir. «En 2017, l’âge moyen des génisses à l’abattage était de 33 mois pour un poids carcasse moyen de 414 kg», continue David Cayrel. Des chiffres stables par rapport aux dernières années.

Avec une moyenne de 5,08 euros, le prix payé à l’éleveur reste lui aussi stable. « C’est la force de notre filière», ajoute le jeune éleveur. «La faible fluctuation des prix apporte de la visibilité à l’agriculteur. Et si la différence avec les circuits classiques est faible dans les périodes fastes, le reste du temps elle apporte une plus-value. En 2017 d’ailleurs elle était en moyenne de +0,49 euro pour les U+, +0,53 euro pour les U= et 0,5 euro pour les U-». Une stabilité et un mode de fonctionnement qui conviennent aux revendeurs et aux partenaires présents.

Maintenir les volumes et la qualité

Ainsi Didier Marragou, président de Cobo Sud a affirmé son soutien aux producteurs et sa volonté de «continuer à travailler ensemble pour une filière pérenne». Son discours a rassuré alors que la coopérative des bouchers a annoncé vouloir devenir abatteur, se détachant ainsi de Languedoc Lozère viande. «L’abattage continuera d’être fait à Antrenas et la méthode de collecte sera la même, il n’y aura pas de changements pour les éleveurs», a tenu à expliquer David Cayrel.

Un changement léger pour la filière qui devrait permettre à Cobo Sud, qui vend près de 54 % de la production de Fleur d’Aubrac, d’être plus indépendant. «Le seul problème, c’est que nous remarquons depuis 2 ou 3 ans, une baisse de la qualité et une augmentation du nombre d’animaux en U- », a alerté Didier Marragou. Un constat partagé par les autres acteurs de la filière, qui enregistrent, en dehors des foires, près de 40 % de génisses classées en U-. «Pour un bon équilibre, il faut pouvoir présenter un tiers de U-, un tiers de U= et un tiers de U+», explique le président de Fleur d’Aubrac. «C’est ce que les acheteurs demandent, il faut donc faire attention à suivre ces ratios et à inverser la tendance actuelle».

Communiquer autrement

Une baisse de la qualité qui inquiète fortement les revendeurs : «l’idéal serait de revenir à la situation d’il y a 3 ou 4 ans», continue Didier Marragou. «Garantir la qualité, c’est fidéliser le client et en ces temps de déprise sur la viande, nous devons faire front commun pour faire comprendre que la viande est un produit sain et que la Fleur d’Aubrac va de pair avec le bien-être animal. On ne peut pas faire une viande de qualité avec un animal maltraité». Pourtant, alors que l’ensemble de la filière viande fraîche bovine de boucherie enregistrait en 2017 une baisse de 1,7 %*, la consommation de Fleur d’Aubrac est restée stable. Ce chiffre n’empêche pourtant pas les responsables de l’association de s’interroger sur l’avenir de la filière et les solutions à apporter. «Pour l’instant, nous avons beaucoup communiqué sur la qualité de l’animal mais assez peu sur la mère», commente Hervé Chapelle, directeur de Celia. «Or, communiquer sur elle et sur les élevages nous permettrait de montrer les espaces de l’Aubrac et les troupeaux en train de pâturer en plein air. Il faut développer un package de communication destiné aux points de vente et pensé pour les clients afin qu’ils se représentent le territoire». En effet, cette IGP bénéficie d’un atout non négligeable. «Il faut faire évoluer notre communication sans occulter le produit», continue Didier Marragou. «Il faut avoir une accroche de départ pour que la filière attire le client et qu’ensuite on puisse lui expliquer exactement toutes les particularités des Fleurs d’Aubrac».

Aurélie Pasquelin - Réveil Lozère

* Panel Kantar, baromètre consommation à P12/2017.