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Cilaisud lait de chèvre : le nouvel envol de l’interprofession régionale caprine

11 octobre 2018

Cilaisud lait de chèvre : le nouvel envol de l’interprofession régionale caprine

L’Aveyronnais Joël Mazars préside la commission caprine de l’interprofession régionale laitière Cilaisud depuis 1,5 an. Encouragée par une conjoncture favorable, la structure porte de nouveaux projets. Son président fait le point.

- Comment se porte la filière caprine régionale ?

J. Mazars : «Notre filière se caractérisée par deux stratégies de production : la filière laitière, composée de producteurs livrant leur lait en laiteries, et la filière des fromagers fermiers, particulièrement nombreux en Languedoc-Roussillon qui transforment le lait et commercialisent les fromages.

Le bassin Sud-Ouest, qui s’est étoffé avec le Languedoc Roussillon il y a 1,5 an, est particulièrement dynamique puisqu’il détient 16% du cheptel de chèvres françaises et produit 15% de la production de lait nationale et 13% des fabrications de produits fermiers.

A noter aussi, la présence de deux fromages sous AOP : Rocamadour et Pélardon sur notre secteur et un bon développement de la production sous le label Agriculture Biologique.

- Et niveau volumes et prix ?

J. Mazars : Depuis 2000, la production de lait de chèvre a progressé de 47%. L’Aveyron est le département leader en terme de production régionale. Et en 10 ans, le prix a augmenté de + de 30% malgré la crise. Une belle progression qui nous permet d’engager des projets pour maintenir et développer les initiatives.

- Quel est le rôle de Cilaisud ?

J. Mazars : Notre commission caprine est une branche de l’interprofession laitière régionale Cilaisud. Elle réunit tous les acteurs : coopératives, industriels, producteurs qui travaillent sur de nombreux sujets et sur la promotion du lait de chèvre et de ses produits.

Nous avons tiré les leçons de la dernière crise et nous sommes conscients de l’équilibre à préserver. Dans un contexte plutôt favorable, nous travaillons sur plusieurs projets en toute sérénité. Cette entente cordiale est le fruit du travail mené depuis plus de 10 ans au sein de l’interprofession, notamment à l’échelon national, ANICAP, présidé par l’Aveyronnais, Jacky Salingardes.

- Quels sont justement vos projets ?

J. Mazars : Depuis septembre, nous avons recruté une personne à temps plein, Aude Rolland, qui s’occupe exclusivement de l’animation de notre interprofession caprine, en lien avec le GIE caprin d’Occitanie. Ce système nous est apparu cohérent face aux attentes de tous les acteurs de la filière. Elle est aussi une interlocutrice privilégiée et unique auprès de l’ensemble de nos partenaires. Aude est basée à Toulouse dans les locaux de Cilaisud.

Dans un contexte conjoncturel porteur, l’équipe de la commission caprine que je préside, entouré de Philippe Bru du Tarn, qui représente le collège coopérative et de Davy Hecht qui représente Lactalis Rodez, mène plusieurs projets.

Nous avons commandé un travail d’enquête dans chaque département du bassin du Sud-Ouest pour faire un état des lieux de la production de lait de chèvre. Une restitution sera proposée dans les départements, dont une partie dans les fermes enquêtées, afin de faire la promotion de la filière, de la faire connaître auprès de tous les intervenants locaux (lycéens, Chambres d’agriculture, organismes bancaires, élus,...), de présenter le fonctionnement de l’interpro... Des documents avec des cas types seront élaborés sur les différents sytèmes d’élevages caprins (fromagers, laitiers, installation en société, en individuel,...).

- Et côté promotion de la filière ?

J. Mazars : Nous avions mené il y a quelques années, une campagne de communication, notamment en Aveyron, en lien avec le Conseil départemental, la Chambre d’agriculture,... en vue de promouvoir l’installation en lait de chèvre. L’Aveyron est l’un des départements qui installe le plus en France, il est le moteur de l’interprofession régionale. Nous allons poursuivre dans cette voie de la communication positive car nous manquons de production.

- Et en matière d’innovation ?

J. Mazars : Nous travaillons sur un dossier investissement et innovation en production caprine, notamment concernant l’autonomie fourragère. Avec l’appui du GIE caprin, de la Chambre régionale d’agriculture et des Chambres départementales ainsi que de la Région Occitanie, nous menons un projet sur 4 ans avec plusieurs axes : des recherches sur les cultures, les fourrages, la récolte, les espèces,... pour gagner en autonomie fourragère. Le contexte climatique actuel nous rappelle la nécessité de gagner en autonomie fourragère, l’indice IPAMPA (coût de production) est en effet reparti à la hausse. Nous sommes dans un périmètre de production où le coût d’achat de l’aliment se situe entre 30 et 40 euros de plus que dans la région Ouest par exemple ! De plus l’autonomie des élevages est plus en adéquation avec les attentes des consommateurs, peu ouverts aux systèmes hors sol.

Pour 2019, nous réfléchissons avec l’IDELE et le pôle Sud Ouest Agri Innovation, à la robotisation caprine, en lien notamment avec Airbus pour gagner et innover en automatisation sur la traite.

Enfin, nous continuons de cultiver notre dynamique collective au sein de l’interpro. Nous proposons ainsi un voyage ouvert à tous les éleveurs caprins, à Capr’Inov les 28 et 29 novembre.

Cilaisud caprin organise pour la première fois une rencontre ouverte à tous les producteurs fromagers, lundi 26 novembre à Lodève, pour aborder la thématique fermière. Une action de plus pour créer du lien, un trait d’union entre les producteurs et faire de Cilaisud la plaque tournante de la filière caprine du bassin sud ouest».

Recueillis par Eva DZ

Contact commission caprine Cilaisud - Aude Rolland - 05 61 75 47 34