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Accords CETA : stop au «dialogue de sourd» !

10 octobre 2019

Accords CETA : stop au «dialogue de sourd» !

Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande de la FDSEA de l’Aveyron représentait avec Bruno Dufayet, président de la FNB, les éleveurs lors du débat sur le CETA avec plusieurs députés issus des différents bancs de l’Assemblée Nationale. Un débat qui a tourné court puisque les députés de la Majorité ont été invités à quitter la salle et le Sommet de l’élevage par les éleveurs, instatisfaits des réponses avancées.

«Pour mon premier débat, ce fut un peu chaud !», Valérie Imbert participait à la rencontre avec les députés sur la question du CETA et son impact sur le secteur de la viande bovine française. «Les élus de la majorité qui ont voté pour le CETA ont campé sur leurs positions et même si nous avons pu avancer nos arguments et expliquer que nous ne pouvons pas nous battre à armes égales avec le Canada, ils n’ont pas démordu».

Dans le viseur des éleveurs, Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse, rapporteur de la loi issue des Etats généraux de l’alimentation et présent à la rencontre : «Vous ne pouvez pas d’un côté voter une loi en France qui interdit de faire entrer sur le territoire national, des produits ne respectant pas les normes européennes et de l’autre signer le CETA qui engage la France à accueillir de tels produits... Où est la cohérence politique dans cette attitude ?», a interpellé Bruno Dufayet, président de la FNB. Et Valérie Imbert de tirer la sonnette d’alarme face aux conséquences d’un tel accord commercial devant Roland Lescure, député de la Majorité, représentant les Français établis au Canada et aux Etats-Unis et président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée générale. «Vous devez assumer vos actes et prendre la responsabilité de la perte de 30 000 éleveurs si cet accord se met en place parce qu’il créera incontestablement un déséquilibre sur nos marchés», a-t-elle avancé.

Pour «refaire le débat du CETA», participaient également André Chassaigne, député Front de Gauche de la montagne thiernoise, Jean-Yves Bony, député cantalien Les Républicains et François Ruffin, député de la Somme France Insoumise.

Roland Lescure a souhaité ramener le débat sur le terrain de «l’indispensable adaptation des accords de libre-échange au XXIème siècle», Jean-Baptiste Moreau a tenté de minimiser la portée du CETA, le qualifiant de «globalement positif». André Chassaigne s’est dit méfiant : «le globalement positif, pour les pays dit socialistes, on a vu ce que ça a donné !». Et d’estimer qu’en votant le CETA, «c’est le fenestron de nos fenêtres qu’on a ouvert. La prochaine fois, ce sont les portes des granges que l’on va ouvrir !».

François Ruffin, «ne veut pas de cette mondialisation Shadock, où on importe de la viande du Canada, en disant réexporter en Chine. Mais il ne s’agit pas de fermer les frontières à l’entrée et à la sortie. On choisit ce qu’on fait rentrer, et les autres ont leur liberté commerciale pour choisir ce qu’ils veulent faire rentrer». Tout comme son collègue Chassaigne, il estime qu’avec le vote favorable au CETA, la majorité a ouvert la boîte de Pandore, et «devra en assumer les conséquences». Première de ces conséquences : une expulsion des députés ayant voté le CETA du site, au terme d’1h30 de débat.

«Nous avons vécu cette signature comme une trahison et venir la défendre au Sommet devant un parterre d’éleveurs est tout simplement honteux», a réaffirmé Patrick Benezit, secrétaire général de la FNSEA après qu’une centaine d’éleveurs du réseau FNSEA-JA-FNB aient mis dehors les députés Moreau et Lescure. «La réaction des éleveurs est à la hauteur du mépris et de l’affront que les députés nous ont fait. Le vrai problème est le manque de reconnaissance de notre profession d’éleveurs par les élus de notre pays», a-t-il conclu.

Eva DZ

et Sophie Chatenet (PAMAC)