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Paul Durand, la plume de la VP pendant 20 ans nous a quittés

10 janvier 2019

Paul Durand, la plume de la VP pendant 20 ans nous a quittés

Pendant 20 ans, de 1969 à 1989, Paul Durand fut la plume de La Volonté Paysanne et celle de Raymond Lacombe dont les éditos chaque semaine, en Une, donnaient le ton. Il nous a quittés il y a quelques jours à l’âge de 88 ans.

Originaire de Verfeil-sur-Seye en Tarn-et-Garonne, Paul Durand était un homme de l’écrit. Engagé, il l’a été tout au long de sa carrière et même au-delà, dans le milieu ouvrier à l’usine de caoutchouc de Moissac puis au service des agriculteurs, à la Chambre d’agriculture à Villefranche puis à la rédaction de La Volonté Paysanne qu’il a dirigée pendant 20 ans.

«Pas de pays sans paysans», né sous la plume de Paul Durand

Là il a côtoyé les grands noms du syndicalisme aveyronnais, Raymond Lacombe, Marcel Bruel... qui le sollicitaient régulièrement pour poser les mots, composer les éditos, les discours, les slogans... Parmi les plus connus «Plus un actif à perdre», «Pas de pays sans paysans». «Raymond et Paul se retrouvaient souvent à la maison, Raymond donnait les idées et Paul les écrivait», se souvient Marie-Thérèse Lacombe. «Ils formaient un duo efficace, une bonne équipe !».

Paul Durand était aussi présent lors du grand combat du Larzac en 1972-1973, lançant dans les Volonté Paysanne de l’époque, un «appel à la conscience nationale». Il a mis sa plume aussi dans le discours de Raymond Lacombe, le 14 juillet 1972, sur le foirail de Rodez, où des milliers d’agriculteurs avec leurs tracteurs étaient venus pour sauvergarder le Larzac, à l’appel de la FDSEA et des JA.

«Par ses articles, il avait le sens de l’engagement, du rassemblement», se souvient encore Roland Salles, qui fut directeur de la FDSEA alors que Paul Durand dirigeait La Volonté Paysanne. «Sa grande fierté était d’avoir réussi à donner un nouvel élan au journal agricole du département en fédérant autour du titre, l’ensemble des organisations professionnelles agricoles», poursuit Roland Salles. Un partenariat fort qui perdure aujourd’hui encore, et qui fait la force de cet outil de communication au service des agriculteurs de l’Aveyron.

Au cours de sa carrière à La Volonté Paysanne, Paul Durand a contribué à la création de la régie publicitaire, Printagri, au service du journal.

Durant 20 années, il a assis la notoriété du titre dans les campagnes aveyronnaises : «l’agriculture aveyronnaise lui doit beaucoup», témoigne Marie-Thérèse Lacombe. Par le contenu technique, syndical... il a contribué à faire de La Volonté Paysanne, le journal officiel de l’agriculture dans le département. Il avait d’ailleurs toujours plaisir à le lire depuis sa retraire, disent ses proches.

Chroniqueur de la ruralité

Paul Durand était aussi un homme de cœur, un humaniste. Au début de sa carrière, il est parti pour Madagascar, où il fut chef de secteur du paysannat, il y vécut la proclamation de la première République et l’indépendance de l’île. Il partageât cette expérience dans un livre «On ne revient jamais de Madagascar». À partir de lettres écrites entre juin 1957 et janvier 1960, l’ouvrage rend compte des dernières années de la colonisation française à Madagascar, qui furent aussi les premières de l’indépendance malgache.

De son séjour à Madagascar, Paul Durand avait gardé le souci constant d’aider ce peuple à travers l’association Les Enfants de Madagascar, qui œuvre à l’éducation des jeunes Malgaches. Il s’est aussi engagé au Secours populaire de l’Aveyron.

Sa plume incisive et affûtée, Paul Durand l’a aussi exercée dans divers ouvrages, dont «Je suis né deux fois», paru aux éditions de l’Harmattan. Il livre sa «mémoire d’homme» en 17 récits, de l’enfance à l’âge des bilans : l’abandon de la religion au profit de la foi constitue le thème majeur du récit, parcourant l’Algérie, Madagascar, la Chine, et traversant l’effondrement de la condition paysanne.

C’est d’ailleurs cette foi en l’homme qui a animé Paul Durand pendant toute sa vie.

L’équipe de La Volonté Paysanne présente ses sincères condoléances à ses proches et à tous ceux qui l’ont côtoyé.

Eva DZ