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FODSA-GDS Aveyron : boiteries et pathologies du pied, une formation sur mesure !

10 janvier 2019

FODSA-GDS Aveyron : boiteries et pathologies du pied, une formation sur mesure !

Mi-décembre, les GDS de Belmont et Camarès ont accueilli une formation sur les boiteries et pathologies du pied en bovins. Une dizaine d’éleveurs ont planché sur le sujet avec Audrey Carrière de FODSA - GDS Aveyron et Mathieu Molinier, pareur de FARAGO Aveyron qui a réalisé une démonstration en direct au GAEC d’Aupiac.

A la demande de ses GDS locaux, ponctuellement, FODSA  - GDS Aveyron propose des formations en lien avec l’Approche Sanitaire Globale, notamment sur la santé des veaux, l’éleveur infirmier, la manipulation et contention... et les boiteries et pathologies du pied. Le 13 décembre, cette thématique a fait l’objet d’une journée de formation à laquelle participaient une dizaine d’éleveurs bovins lait et viande adhérents des GDS de Belmont sur Rance et Camarès.

«Cette formation est l’occasion de faire se rencontrer des éleveurs bovins, peu nombreux sur notre secteur de Belmont et Camarès mais qui ont plaisir à se retrouver pour échanger sur des problématiques communes, comme celle des boiteries», explique Gilles Chibaudel, président du GDS de Camarès. «Pour compléter la formation, nous avons associé le GDS de Belmont, présidé par Vincent Guilloth. Cela permet d’élargir les échanges», poursuit le responsable local.

Une formation alliant théorie et pratique en élevage

Les participants ont été très satisfaits de la journée, répartie en deux temps : un apport de connaissances théoriques en salle et une démonstration de parage l’après-midi dans un élevage. Pour cette formation, les participants ont été chaleureusement accueillis par les trois associés du GAEC d’Aupiac à Camarès. Cet élevage de 80-85 vaches Prim’Holstein à la traite est particulièrement attentif aux problèmes de boiteries, misant sur le préventif plutôt que sur le curatif. «Nous faisons appel au pareur de FARAGO Aveyron deux à trois fois par an», assure l’un des éleveurs associés. «Il y a 2 ans, nous avons installé deux robots de traite et construit un nouveau bâtiment. Dès que c’est possible, nous privilégions le pâturage et nous n’avons que très peu de soucis au niveau des boiteries», poursuit-il.

Preuve en est, Mathieu Molinier, le pareur, n’a pas eu beaucoup de travail sur les quelques vaches que les éleveurs avaient sélectionnées. «Ce qu’il faut retenir c’est que les problèmes de boiteries peuvent s’anticiper par de la prévention, en sollicitant régulièrement le pareur, pour entretenir les pieds de vos bovins», a expliqué Audrey Carrière de FODSA - GDS Aveyron. «Cette situation est plus confortable, moins stressante et plus économique qu’une situation d’urgence avec des animaux en mauvaise santé». La démonstration a été enrichissante pour tous puisque le pareur, accompagné d’Audrey Carrière, a pu apporter quelques conseils et repères pour les éleveurs, sur les pathologies du pied mais au-delà sur l’approche sanitaire globale sur une exploitation.

Ces conseils pratiques venaient compléter l’apport théorique délivré en salle le matin. L’évolution des structures - nombre de bovins, d’UTH, bâtiments...  peut engendrer des problèmes de boiteries plus nombreux qu’avant, ainsi que des pertes économiques importantes. En découlent de nombreuses conséquences négatives pour l’élevage : une conduite de troupeau perturbée (temps passé aux soins, frais vétérinaires, réformes précoces et dépréciées...), la douleur des animaux qui se déplacent moins, mangent moins, produisent moins et présentent des problèmes à la repro...

Audrey Carrière a présenté aux éleveurs, les indices de locomotion permettant de mettre en évidence qu’un animal souffre de ses pieds : dos courbé, enjambées courtes avec une ou plusieurs pattes, arrêts fréquents pendant les déplacements...

Que faire pour repérer les boiteries ?

Lors de cette formation, FODSA - GDS Aveyron a livré ses conseils pour repérer les boiteries :

- observer la démarche des vaches (25% du troupeau ou 15 vaches minimum)

- faire le bilan : dos plat et horizontal au repos et pendant le déplacement, bon aplomb... tout va bien ! Dos courbé au repos et/ou pendant les déplacements, tête plus basse et plus éloignée du corps... l’animal doit être surveillé.

- observer les aplombs, les tarsites

- observer les vaches au pré et en bâtiment

- lever régulièrement les pieds des vaches

- observer et noter les lésions avec son pareur.

Pour une bonne santé des pieds des bovins, FODSA - GDS Aveyron mise sur la qualité des onglons, une charge bien répartie sur les onglons, des traitements précoces et une attention particulière aux agressions extérieures (propreté et hygiène, humidité des litières...).

Via l’Approche Sanitaire Globale qui se base sur le bon équilibre entre le troupeau, l’éleveur, le bâtiment, l’état sanitaire, l’alimentation, les sols, le pâturage... plusieurs pistes permettent d’améliorer les situations. Le confort des animaux en bâtiment même si le pâturage reste généralement un critère de référence est une priorité en créant des zones de confort (espace, accès facilité à l’eau, à l’alimentation, allotement autour du vêlage). Des signes peuvent montrer que des vaches ne sont pas bien installées : des animaux trop longtemps debout, qui se couchent ou se lèvent difficilement, qui ne sont pas bien répartis dans le bâtiment...

Il est conseillé de privilégier les sols souples de façon à bien adapter la pousse et l’usure du sabot, de vérifier la température de la litière, d’éviter les sols glissants, pentus et irréguliers, d’observer la ventilation (odeurs, toiles d’araignées), d’évaluer la propreté et l’hygiène des animaux...

Bien sûr l’état général sanitaire du troupeau a une incidence sur la bonne santé des animaux : prophylaxie annuelle obligatoire, recherches lors des contrôles d’introduction mais aussi favoriser la bonne immunité du cheptel... L’alimentation du cheptel joue aussi un rôle primordial dans la qualité de la corne et des aplombs : une disponibilité en eau en quantité et de qualité, du sel iodé pour tous et tous les jours, une alimentation à base de fourrages grossiers en premier puis d’aliments plus acidogènes dans l’heure qui suit, l’observation des bouses... Des changements métaboliques peuvent également intervenir autour du vêlage et mener à des boiteries, cette période nécessite donc une attention toute particulière, comme les transitions alimentaires.

En conclusion, Audrey Carrière et Mathieu Molinier ont mis en avant un «indispensable» : le parage fonctionnel qui permet de répartir l’ensemble des pressions de façon équivalente sur les deux onglons et d’éviter l’apparition de lésions de la boîte cornée ; en plus de permettre un suivi régulier de l’évolution des aplombs et de la qualité de la corne des animaux.

Eva DZ