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Jeune Montagne : qui se cache derrière le fromage de Laguiole et l’aligot de l’Aubrac ?

09 aout 2018

Jeune Montagne : qui se cache derrière le fromage de Laguiole et l’aligot de l’Aubrac ?

Depuis longtemps la coopérative Jeune Montagne ouvre les portes de son atelier de fabrication aux amateurs de fromage Laguiole AOP et d’aligot de l’Aubrac mais elle ne s’était pas encore essayé à la visite des fermes de ses producteurs de lait. C’est chose faite depuis le deuxième été avec 8 producteurs de la zone d’appellation, tous les mardis et jeudis à partir de 16h, sur inscription. Reportage chez la famille Cestrières à St Rémy de Montpeyroux.

Aller chercher les vaches au champ, assister à la traite, goûter le fromage de Laguiole et les produits de Jeune Montagne assis sur une botte de foin, échanger en direct avec les producteurs... Voilà le programme des visites de fermes Jeune Montagne. «Nous avions tenté l’expérience l’été dernier de manière expérimentale et face au succès remporté, nous avons renouvelé l’opération qui, nous l’espérons, s’inscrira dans le temps», introduit Gilbert Cestrières, président de la coopérative.

«Depuis plus de 20 ans, notre site historique de la coopérative à Laguiole accueille des visiteurs pour découvrir la fabrication de nos produits laitiers mais il manquait l’étape de la ferme. Souvent les visiteurs étaient en recherche du contact avec les vaches, avec les producteurs de lait», poursuit l’éleveur de Saint Rémy de Montpeyroux, installé en GAEC avec son fils, Bertrand et sa belle-fille. «De plus en plus, les gens veulent savoir comment sont produits notre fromage, notre tome frâiche qui sert à faire l’aligot de l’Aubrac, comment sont élevées nos vaches, que leur donne-t-on comme alimentation, comment sont-elles logées ?... Seuls les producteurs peuvent leur apporter ces réponses». A chaque visite, les groupes sont vite complets : «Nous limitons les visites à 20-25 personnes maxi pour favoriser la proximité et pouvoir répondre à toutes les questions. Nous formons d’autres groupes sur d’autres fermes si les demandes sont plus importantes», assure Gilbert Cestrières. Les inscriptions sont prises en charge par le magasin de la coopérative ou les offices de tourisme de Laguiole et La Canourgue.

«On va voir les vaches !»

Cette année, 8 agriculteurs se sont portés volontaires pour accueillir les visiteurs, après un agrément et un accompagnement sur le discours, reçus par Jeune Montagne. Dont le GAEC Cestrières des Pradelles de Gilbert et Bertrand qui ont reçu un groupe mardi 31 juillet. Sur leur deuxième site, celui d’été, ils ont présenté leur troupeau de 60 laitières dont 3 Aubrac, expliqué leur façon de travailler, précisé les points du cahier des charges de l’AOP Laguiole... «Nous expliquons simplement notre métier, notre quotidien», indique Gilbert Cestrières.

Puis après les discours, les enfants nombreux sont allés à la rencontre des vaches. Certains sont venus l’année dernière et demandent des nouvelles du troupeau ! «Le principe est d’aller chercher les vaches au champ et de les conduire à la traite, les enfants et même les parents apprécient ce contact», souligne Bertrand Cestrières, heureux de pouvoir partager sa passion. Là sur le chemin, les questions s’enchaînent sur l’alimentation des animaux, la race choisie, le lien au territoire, les conditions d’élevage, la proportion du pâturage,... et sur le revenu des producteurs. «Partout dans les médias, on entend que les agriculteurs ne vivent plus de leur métier, cela nous inquiète parce qu’on est attaché à notre agriculture et que l’on ne veut pas de produits importés», avance ainsi un visiteur venu de Montpellier, en vacances sur l’Aubrac. Et Bertrand Cestrières de répondre : «Ici sur l’Aubrac, nous avons réussi à maintenir une production laitière en nous différenciant. Alors, certes cela incombe des efforts de notre part mais nous sommes récompensés par un prix du lait rémunérateur et la fierté de la qualité de nos produits. Nous avons la chance d’être acteurs dans notre coopérative et de savoir ce que devient notre lait». «C’est vrai que vous êtes bien ici, loin des tracas de la ville !», enchaîne un autre visiteur venu de Clermont Ferrand.

«Il n’y a rien de tel que cette communication positive de proximité pour propouvoir nos produits et notre métier», poursuit Gilbert Cestrières. «Cette démarche est gratifiante à la fois pour le producteur mais aussi pour le consommateur qui obtient des réponses à ses questions. Nous ne sommes qu’une petite coopérative, une goutte de lait dans l’environnement laitier mais à notre façon, nous apportons notre contribution dans la communication positive de notre métier». Et ce projet de visite de ferme devrait se développer à l’avenir et pourquoi pas également au niveau de la coopérative de Thérondels, partenaire de Jeune Montagne.

Eva DZ