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Ecole d’attelage de l’Aubrac : en voiture avec un Cheval d’Auvergne au grand air de l’Aubrac !

09 aout 2018

Ecole d’attelage de l’Aubrac : en voiture avec un Cheval d’Auvergne au grand air de l’Aubrac !

L’été comme l’hiver, toute l’année, sur le plateau de l’Aubrac, Pascale et Nicolas Perrain invitent, à la découverte de l’attelage, une voiture hippomobile, tirée par des chevaux de pure race Cheval d’Auvergne, race rustique que les deux éleveurs ont contribué à relancer sur le Massif central.

Les petites routes de l’Aubrac ou les pistes de ski sont le terrain de jeu des attelages de Pascale et Nicolas Perrain. A quelques encamblures de la ferme qu’ils ont achetée en 2008, aux portes de l’Aveyron, aux Mazucs, sur la commune de Cantoin, le couple partage sa passion pour l’attelage et les Chevaux d’Auvergne. Moniteur diplômé d’Etat (BPJEPS attelage), Nicolas a fait de sa passion, son activité professionnelle : l’élevage de chevaux et l’enseignement de la pratique de l’attelage.

Sur les petites routes de l’Aubrac en toute saison ou sur les pistes de ski en traîneau, le Cheval d’Auvergne est à l’aise sur tous les terrains, ce qui permet à Pascale et Nicolas de développer une activité d’accueil sur leur exploitation toute l’année. «Nous sommes avant tout éleveurs de chevaux autour d’une race Cheval d’Auvergne, que nous avons réussi à faire reconnaître en 2010 par l’INPI puis «race française» par le ministère de l’agriculture en 2012, grâce au travail de notre association de sauvegarde», explique Nicolas.

«Il faut savoir que la race Cheval d’Auvergne était particulièrement bien implantée sur l’Aubrac autour des communes de Laguiole, Ste Geneviève sur Argence, Aumont Aubrac. Sa capacité à s’adapter au climat de moyenne montagne (neige l’hiver et chaleur l’été), sa facilité d’élevage, sa petite taille, sa stature trapue ont forgé un animal rustique», poursuit Nicolas. «Notre cheval est très polyvalent, il est principalement utilisé en performance équestre et en attelage de part son modèle postier (faisant référence aux diligences)».

Le couple contribue donc à sa relance : «nous avons démarré avec une jument de pays que nous avions achetée à la foire de Laguiole puis avec un étalon repéré en Corrèze et issu d’un élevage de souche pure. Au fil des années, nous avons fait évoluer notre cheptel grâce à la sélection, la génétique, l’échange entre éleveurs,...», continue le couple, à la tête d’un cheptel de 25 chevaux environ et de deux étalons. Ils proposent à la vente des chevaux très typés dans la race (de tous âges) ainsi que des saillies en monte naturelle et peuvent accueillir des juments suitées.

En tant que membre de l’association nationale du Cheval d’Auvergne, Nicolas écume les concours comme jury, ce qui lui permet de bien connaître la race et de se réjouir du chemin parcouru. Il cite ainsi avec plaisir les 46 chevaux de race pure réunis récemment au concours de Riom es Montagne et le premier salon du cheval à Cournon fin juin ayant accueilli plus de 20 000 entrées. La race Cheval d’Auvergne fut aussi l’une des premières races de chevaux à être présente au Sommet de l’élevage. Un rassemblement de la race est en projet à Issoire. Et régulièrement Pascale et Nicolas accueillent des compétitions et événements autour de l’attelage comme le championnat régional de course endurance attelée le week-end dernier ou encore les rencontres du tourisme équestre en Aveyron avec de nombreux parcours d’attelages les 8 et 9 septembre.

L’auto-école du cheval !

Outre l’élevage qui constitue l’activité principale du couple, Pascale et Nicolas ont développé l’enseignement de l’attelage, de la découverte au perfectionnement, jusqu’à la formation de futurs professionnels. «Apprendre l’attelage c’est l’auto-école du cheval !», résume Nicolas. «Tout le monde peut le faire, mon petit-fils de 3 ans a déjà commencé ! Chacun va à son rythme». C’est pour cette raison que le moniteur propose des formations individualisées, qui s’adaptent au niveau de chacun, et des voitures hippomobiles très diverses : marathon, loisir cheval, loisir poney, wagonnettes 10 places, charrette anglaise, phaéton, traîneau (même si ces dernières années, cette activité est un peu plus compliquée en raison du manque de neige),... Les cours sont basés sur la pratique, «comme à l’auto-école».

Pour découvrir l’attelage, l’école propose plusieurs formules : à la journée, à la demi-journée, le week-end ou à la semaine. Pour faciliter l’accueil sur plusieurs jours, Pascale a développé un camping à la ferme, labellisé par le réseau Bienvenue à la ferme, sur la base de mobil-home chalet pouvant accueillir 6 personnes. «C’est grâce au technicien de la Chambre d’agriculture, Philippe Barthas, qui s’occupait alors de l’association des chevaux de trait et du réseau Bienvenue à la ferme et nous a parlé de ce label. Nous nous sommes dits que de lier les deux était finalement très naturel, c’est ainsi que nous avons aussi développé les balades pour les vacanciers, de bons exercices pratiques pour les gens que nous formons !», explique Pascale.

Il faut dire que le réseau routier de l’Aubrac et particulièrement dans les alentours de Cantoin s’y prête bien : «Nous avons été bien accueillis par la mairie qui a installé des panneaux de signalisation et par nos voisins qui ont maintenant l’habitude de voir nos attelages et nos chevaux sur les routes et chemins», tient à noter Nicolas. «Notre cadre de travail est idéal : le plateau de l’Aubrac, la vue imprenable sur le plomb du Cantal,... Bien sûr nous profitons de nos balades pour mettre en avant ce territoire qui nous a bien accueilli et sur lequel on vit bien», résume Pascale.

Eva DZ