lavolontepaysanne.fr Actualités - Agriculture - Aveyron
Elevage - Cultures - Machinisme - Ruralité

Archives VP
Education et dressage du chien de troupeau : des formations «sur-mesure» !

09 janvier 2020

Education et dressage du chien de troupeau : des formations «sur-mesure» !

 

L’ADPSA en partenariat avec l’association des salariés agricoles de l’Aveyron, propose régulièrement des formations à l’éducation et au dressage du chien de troupeau, en initiation ou en perfectionnement. Elles sont animées par Stéphanie Daydé Fonda, formatrice agréée par l’Institut de l’élevage. De nouvelles formations sont proposées en février, mars et avril, sur plusieurs sites en Aveyron.

Le premier volet de cette formation est une initiation au dressage d’un chien de travail au troupeau pour obtenir un chien utilisable sur la ferme en particulier pour la manipulation et les déplacements d’animaux. La formation est à la fois théorique :

- comprendre le fonctionnement du chien de troupeau,

- les ordres de bases incontournables,

- démarrer un jeune chien dans des conditions pédagogiques pour développer sa motivation,

- développer l’importance des relations Homme/Chien/Troupeau.

Et pratique :

- Observer et comprendre les modes de communication du chien

- Travail au parc en présence des animaux

- Conseil pour suivre le dressage.

L’intervenante, Stéphanie Dayde-Fonda, formatrice agréée par l’Institut de l’élevage, propose des exposés théoriques complétés par des échanges en salle, ainsi que des démonstrations, exercices individuels ou collectifs, des mises en situation sur une exploitation.

Le deuxième volet est un perfectionnement à l’éducation et au dressage du chien de troupeau. Il ne peut être réalisé sans avoir suivi la formation initiation. Il permet d’être capable de travailler confortablement en tenant compte des risques liés à la manipulation des animaux (sécurité des personnes) et d’apprendre à son chien les ordres de contention. Avec l’intervenante, les participants revoient les ordres de direction, ils se perfectionnent dans des exercices de déplacement, et de recherche avec des niveaux de contraintes adaptés à chaque stagiaire. Ils abordent également les risques liés à la personne dans les manipulations avec le chien, les paramètres à prendre en compte dans différentes situations...

Ils ont participé aux formations

Bertrand Martin, éleveur ovins lait à Sévérac le Château et Joséphine Renaud, éleveur bovins lait à Firmi ont suivi une formation initiation puis perfectionnement à l’éducation et au dressage du chien de troupeau. Ils livrent leur témoignage.

- Comment êtes-vous venus à la formation éducation et dressage du chien de troupeau ?

Bertrand Martin : «Je suis tout nouveau dans l’utilisation d’un chien sur mon exploitation. Jusqu’alors je n’avais pas de chien spécialement dressé. Via une connaissance de l’ACT 12 (association des chiens de troupeau de l’Aveyron), j’ai acheté un chien âgé de 5 mois avec des origines et capable de travailler. Et je me suis beaucoup impliqué dans la formation : les premiers résultats m’ont bien encouragé et ça m’a tout de suite plu !

Joséphine Renaud : J’ai été salariée sur une exploitation bovins lait pendant 10 ans dans le Lot. Je travaillais avec un chien de race Kelpie, âgé de 8 ans et j’avais suivi une formation de dressage du chien. Depuis 1,5 an, je me suis associée avec mon ancien patron et avec une troisième personne. Nous avons repris une ferme à Firmi toujours en élevage bovins lait. J’ai acheté un autre chien de race Kelpie et j’ai suivi une formation initiation puis perfectionnement avec lui, en Aveyron.

- Comment s’est passée la formation ?

Bertrand Martin : J’ai d’abord suivi l’initiation à Gabriac. Et avant de suivre le perfectionnement, j’ai beaucoup travaillé avec mon chien pour mettre en pratique les exercices au quotidien sur la ferme. Le chien a bien réagi. J’ai tout de suite vu la différence ! Cela m’a encouragé et motivé encore plus. L’initiation est plus générale tandis que le perfectionnement s’adapte vraiment à la demande de chacun, aux niveaux des chiens comme des hommes. L’intervenante répond précisément à nos questions et adapte les exercices en fonction de nos attentes. C’est vraiment du «sur-mesure» ! La clé de la réussite à mon avis, c’est l’implication de chacun dans la formation. Le travail du chien ne vient pas tout seul ! C’est important aussi de travailler entre chaque séance, sur son exploitation, en situation réelle avec son propre troupeau. Cela permet de parler de son vécu avec l’intervenante, d’apporter des améliorations... Nous avons tous fait des progrès.

Joséphine Renaud : L’initiation m’a permis de déclarer le chien auprès des animaux. J’ai eu quelques difficultés pendant la formation perfectionnement. Nous avons dû faire une pause avec la chienne le temps qu’elle ait ses petits. Mais nous nous sommes remis rapidement au dressage. Entre deux séances de formation, ma chienne a aussi pris le jus, ce qui a créé un réel blocage et j’ai eu du mal à la remettre au travail. Heureusement, l’intervenante m’a bien conseillé, elle qui possède aussi un chien de race Kelpie, elle connaît bien le comportement. Finalement la formation m’a permis de mieux appréhender ces difficultés et de trouver les réponses. La formation permet aussi d’apprendre les bons réflexes, à faire passer les bons messages aussi. La formation bénéficie aussi bien au chien qu’au maître. Mon seul regret est que le perfectionnement ne comporte pas un exercice pratique avec un lot de bovins, ce serait une meilleure adaptation pour nos chiens...

- Comment utilisez-vous le chien au quotidien sur la ferme ?

Bertrand Martin : Il m’accompagne lorsque je transfère les brebis d’une bergerie à l’autre. Plus besoin de charger les animaux en plusieurs voyages ! Désormais je peux déplacer les animaux seul, avec mon chien, à pied. C’est très commode notamment l’été car nous rentrons les brebis tous les soirs. La présence de mon chien a aussi changé le comportement du troupeau : les brebis ne courent plus dans tous les sens, elles sont plus sereines, plus calmes, plus disciplinées.

Joséphine Renaud : Sans mon chien, je suis perdue ! Il fait le boulot d’une personne. Il m’aide à sortir les vaches au pré, nous avons des sites éloignés de quelques kilomètres, nous réalisons tous les déplacements à pied.

- Comment envisagez-vous la suite ?

Bertrand Martin : J’aimerai participer à quelques concours de chiens de berger. Il me faudrait donc encore me perfectionner. Depuis la formation, nous avons formé un petit groupe d’éleveurs sur Sévérac, nous nous réunissons tous les vendredis matin, sur ma ferme, pour nous entraîner avec un lot de brebis. Chacun vient en fonction de ses disponibilités. On partage nos expériences et on se motive aussi à continuer ! Ce petit entraînement n’est pas vécu comme une contrainte mais comme une façon de progresser tous ensemble. Personnellement, j’ai pris sous mon aile, le chien d’une voisine pour le dresser et je vais peut-être passer par la formation avec lui. Et sûrement avec mon propre chien pour franchir de nouvelles étapes. J’aime aussi participer aux journées organisées par l’ACT 12. Cela me permet de faire de nouvelles rencontres, de visiter des coins d’Aveyron où je ne serai jamais allé !

Joséphine Renaud : Pour l’instant avec ma chienne, nous tentons de résoudre ce problème de blocage, j’envisage de suivre une nouvelle formation de perfectionnement avec elle. Nous avons gardé un chien de sa portée que nous comptons aussi dresser en suivant des formations également. Ainsi chaque associé aura son propre chien !».

Recueillis par Eva DZ