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Race Limousine : l’élevage Combelles, Sabot d’Or

07 février 2019

Race Limousine : l’élevage Combelles, Sabot d’Or

Au dernier Sommet de l’élevage, le GAEC Combelles d’Istournet a reçu le Sabot d’or, récompensant l’efficacité du duo éleveur-technicien. Désignés meilleur élevage au niveau national, Christophe et son épouse, Fabienne sont fiers de cette distinction qu’ils partagent avec leur technicien, Frédéric Barthe et aujourd’hui, Michaël Vayssade.

Dans les années 70, le père de Christophe Combelles fut l’un des premiers à se lancer dans la race Limousine en Aveyron. Aujourd’hui première race en effectif dans le département, la Limousine a fait du chemin grâce notamment à des éleveurs bien investis, consciencieux et soucieux de faire avancer la race, avec l’appui de leurs techniciens.

Le GAEC Combelles d’Istournet à Sainte Radegonde est de ceux-là. Comme son père avant lui, Christophe installé depuis 2001 avec son père d’abord puis depuis 2007 avec son épouse, Fabienne, a poursuivi l’implication de l’élevage à l’Herd Book Limousin (depuis 1973) et au contrôle de performances au sein de la Chambre d’agriculture de l’Aveyron (depuis environ 40 ans).

Complémentarité efficace

«La complémentarité du Herd Book pour la sélection génétique et du contrôle de performances pour la technicité, est un atout dans un élevage pour sélectionner les meilleurs animaux, et progresser d’un point de vue des résultats technico-économiques. Les chiffres m’aident à orienter mes choix et l’œil extérieur et objectif du technicien est aussi très appréciable pour progresser», estime Christophe Combelles. Passionné de la race Limousine, Christophe sélectionne avant tout la facilité de naissance et la docilité, des atouts de poids pour ce sélectionneur qui vend beaucoup d’animaux pour la repro (la moitié des mâles et toutes les femelles). Chaque année, entre 5 et 10 veaux sont évalués en station à Gélioc à Naucelle ou à Lanaud. Parmi eux, de nombreux veaux nés sur la ferme ont été diffusés par la suite à l’IA. A noter que l’éleveur travaille aussi au développement du gène sans corne au sein de son troupeau. Chaque année, entre 10 et 15 veaux naissent avec ce gène. Ce travail mené depuis longtemps lui a permis de diffuser à l’IA, le taureau Jensuis PP né sur l’exploitation. Le troupeau est mixte viande. L’élevage a développé la vente directe (entre 5 et 10 vaches et quelques veaux par an) avec son propre atelier de découpe.

A la tête d’un troupeau stabilisé à 90 vaches sur 115 ha, le couple a vu son engagement récompensé par un Sabot d’or au Sommet de l’élevage 2018 (Sabot d’argent en 2017). «Cette distinction récompense le meilleur éleveur au niveau national au sein de chaque race. C’est le fruit de la conciliation des bons résultats de productivité du troupeau (IVV, âge au premier vêlage, maîtrise de la mortalité et réactivité de l’éleveur dans la réforme des vaches) et d’un très bon niveau génétique global (ISEVR des veaux et IVMAT des mères avec pesée et pointage). Et ce, sur 5 ans», détaille le technicien bovin viande de la Chambre d’agriculture, Michaël Vayssade, qui suit l’élevage Combelles près d’un an. Il a remplacé Frédéric Barthes, ancien technicien qui suivait l’élevage depuis 2004. «Je me souviens d’un éleveur très investi, toujours en recherche d’informations, prêt à avancer et ouvert aux échanges avec d’autres éleveurs, avec son technicien et les partenaires de son élevage, comme l’inséminateur», se rappelle Frédéric Barthes. «C’était vraiment très facile de travailler ensemble pour faire progresser l’élevage et je vois avec plaisir que ses efforts ont été récompensés», complète celui qui est devenu aujourd’hui éleveur sur l’Aubrac.

Un éleveur investi et un technicien à l’écoute

Aujourd’hui c’est Michaël Vayssade qui assure le pointage et Yves Ricard la pesée des veaux au GAEC Combelles d’Istournet. «On voit de suite que l’éleveur est proche de ses animaux, les animaux sont très dociles, on les approche très facilement pour faire les pesées et les pointages», note le jeune technicien. Sur cet élevage, plusieurs pesées sont effectuées dans la vie des veaux afin d’estimer le potentiel lait et croissance des parents et de mesurer leurs performances (120 jours et 210 jours). Et les pointages sont réalisés à 7-8 mois. La majeure partie des vêlages est groupée (août - septembre) en extérieur de façon à limiter au maximum le développement des pathologies néonatales chez les veaux et la stratégie fonctionne puisque l’élevage affiche un faible taux de mortalité (en 2017  : 1,2%).

Depuis quelques années, Christophe Combelles opte pour le vêlage à 2 ans, une pratique encore peu commune en race Limousine. «Je sélectionne les génisses qui ont le plus de gabarit (13 sur 19 en 2018) et le reste est conduit en vêlage à 3 ans», détaille l’éleveur. «Ce travail est le fruit de la sélection et de la complémentarité du travail avec mon technicien sur le suivi de la croissance, l’alimentation... sinon les résultats ne seraient pas au rendez-vous», assure Christophe. «Nous sommes en train de comparer les écarts de croissance et de poids entre les génisses prévues pour vêler à 2 ans et celles qui vêleront à 3 ans pour voir la différence de poids carcasse. C’est un travail sur le long terme qui me permettra de mesurer le gain de productivité», poursuit-il. Côté productivité justement, l’élevage Combelles d’Istournet affiche de beaux résultats. «La «règle» d’un veau par vache et par an est respecté !», souligne Michaël Vayssade. Depuis plusieurs années, l’IVV moyen du troupeau est en constante amélioration (366 jours en 2017 et 363 en 2018).

Vêlage à deux ans et plan d’alimentation à perfectionner

L’autre chantier auquel le GAEC souhaite s’atteler est le coût alimentaire des broutards. L’alimentation hivernale est principalement constituée d’ensilage d’herbe et d’ensilage de maïs avec en plus de la paille qui joue le rôle de la fibre. Du printemps à l’automne, le troupeau pâture. «Sur ce point, je suis autonome, excepté pour la paille que j’achète», explique Christophe. Il souhaite diminuer ses achats de concentré pour les broutards en trouvant des alternatives. «Avec Michaël, nous allons travailler sur la mise en place d’espèces fourragères diversifiées, de prairies multi-espèces à adapter selon le type de sols comme le méteil par exemple, qui offre un bon compromis énergie-azote», détaille Christophe. Et Michaël de compléter : «Nous pourrions réaliser des annalyses fourrages de façon à avoir un ordre d’idée de leur valeur et ainsi orienter la stratégie». L’éleveur se pose aussi la question de diminuer les surfaces en maïs. «C’est important de mesurer les performances d’une vache et de son veau en fonction de sa ration, c’est ce que nous essaierons de réaliser ensemble», avancent les deux spécialistes.

De beaux chantiers en perspective pour l’élevage Combelles d’Istournet qui devrait voir arriver l’année prochaine, un nouvel associé, le neveu de Christophe.

Eva DZ