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AOP Roquefort : une filière et un goût «haut et fort» !

06 juin 2019

AOP Roquefort : une filière et un goût «haut et fort» !

La première fête du Roquefort est l’une des actions issues de la réflexion collective initiée par la Confédération générale de Roquefort par l’ensemble des acteurs de la filière. Un événement qui s’inscrit dans le plan de relance de la filière initié l’année dernière. Son vice-président, Jérôme Faramond, également président de l’Association des producteurs de Lait de Brebis de l’aire Roquefort (APLBR), présente les nombreux travaux en cours et les projets.

- Lors de votre assemblée générale il y a un an, vous avez présenté votre réflexion collective baptisée MOFF, qu’en est-il ?

J. Faramond : «Face à la baisse des ventes de Roquefort, tous les acteurs de notre filière ont décidé de réfléchir ensemble aux leviers qui nous permettront d’enrayer cette baisse. Lors d’un séminaire, nous avons travaillé sur un plan baptisé MOFF pour identifier les Menaces Opportunités Forces et Faiblesses. L’idée est bien de montrer que nous croyons en notre produit et que nous sommes prêts à reconquérir des parts de marché. Après la réforme de notre filière, nous avons traversé une période de reconstruction. Aujourd’hui nous avons retrouvé une cohésion autour de notre produit phare le Roquefort.

- Quels sont les enjeux pour l’avenir de la filière Roquefort ?

J. Faramond : Ils sont multiples : la baisse du nombre de points de collecte, l’arrivée d’un nouvel opérateur sur notre zone de production, la mise en place de la réforme qui a donné de la liberté aux producteurs et la baisse des ventes de Roquefort qui impacte forcément mais de façon variable les ventes de chaque fabricant et donc le prix payé aux producteurs. Je peux aussi évoquer l’arrivée du Bleu de brebis. Sur ce dossier, la Confédération générale de Roquefort a demandé une conciliation avec la marque Société prévue fin juin. Nous avons aussi sollicité l’INAO et la DDCSPP de l’Aveyron pour avis. Nous attendons de leur part une position juridique écrite claire. Nous n’hésiterons pas à aller chercher ces réponses si besoin.

- La fête du Roquefort est l’une des premières actions de ce MOFF. Une première pour le roi des fromages, comment l’avez-vous imaginé ?

J. Faramond : Faire venir du monde à Roquefort était un projet de longue date mais l’accès au village nécessite une grande organisation. Il est en effet à flanc de Combalou, avec des rues étroites, très fréquentées par les camions des fabricants. Mais nous avons la chance d’avoir ce village typique, construit autour de l’activité du Roquefort qui ne demande qu’à être connu ! Tous les acteurs de la filière accompagnés de nombreux partenaires dont le Conseil départemental, la Région Occitanie, le PNR des Grands Causses... se sont unis autour de cette fête qui contribuera indéniablement à l’attractivité du village et de tout un territoire.

Cette fête est un outil pour faire prendre conscience que le Roquefort est un maillon essentiel du territoire. Elle est aussi un levier dans notre communication autour du produit : nous dirons combien nous sommes fiers et acteurs en zone Roquefort de notre développement. Et combien nous avons besoin de tous : pouvoirs publics, citoyens, éleveurs, fabricants...

- Qu’en est-il des autres chantiers en cours pour dynamiser la filière Roquefort ?

J. Faramond : C’est sûr que la fête a accaparé beaucoup de notre temps et celui de nos équipes. Pour autant nous avons poursuivi le travail de réflexion du MOFF.

Nous avons engagé une étude auprès des consommateurs pour identifier les raisons de la baisse des ventes de Roquefort. Les résultats seront connus début 2020. En prenant connaissance des freins à la consommation, nous serons en mesure de réfléchir à des solutions pour y remédier mais toujours en adéquation avec les fondamentaux de notre cahier des charges. Il n’est pas question notamment que nous remettions en question le lait cru ! Par contre certains aspects peuvent être étudiés comme nous l’avons fait pour la découpe de petites portions destinées au marché japonais. Cela nous a permis de nous ouvrir un nouveau marché porteur.

Par ailleurs, pour tenir compte des nouvelles attentes sociétales, notamment en terme de bien-être animal, nous avons fait appel à une éthologue qui a étudié les éléments de notre cahier des charges à travers cette notion. Nous avons de nombreux points sur lesquels capitaliser auprès des consommateurs : le pâturage, l’autonomie alimentaire... et certains sur lesquels nous devrons être vigilants comme la place en bergerie... Un groupe de travail composé d’éleveurs et de fabricants travaille aussi avec cette éthologue sur les pratiques d’élevage. L’idée est de donner les clés d’une communication positive autour de nos pratiques.

Dans le même esprit, nous travaillons aussi sur l’empreinte énergétique et environnementale de notre filière, en lien notamment avec le PNR des Grands Causses. Nous avons déposé un certain nombre de dossiers pour accompagner notre démarche de progrès en matière d’agroécologie. La définition d’indicateurs nous permettra d’évaluer ce projet.

- La qualité du lait est l’un des fondamentaux de la filière Roquefort. Quels sont vos projets ?

J. Faramond : Le travail sur le lait cru nécessite une qualité irréprochable. C’est pourquoi nous voulons continuer de capitaliser sur le savoir-faire des éleveurs, il ne faut rien relâcher. Notre commission qualité continue de les accompagner et nous avons créé un nouveau service sur l’ambiance bâtiment. La qualité c’est le plus gros poste de notre budget, c’est aussi ce qui fait la spécificité de notre filière et de notre produit».

Recueillis par Eva DZ