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Retraites agricoles : les anciens exploitants s’adressent aux parlementaires

06 février 2020

Retraites agricoles : les anciens exploitants s’adressent aux parlementaires

La section des anciens exploitants de la FDSEA participe au mouvement national de la FNSEA en adressant un courrier à l’ensemble des parlementaires du département. Ce courrier souligne les points d’amélioration à apporter au projet de loi sur la réforme des retraites. Le point avec Pierre Rouquette, co-président de la section.

Pourquoi ce courrier aux parlementaires ?

P. Rouquette : «La FNSEA et sa section des Anciens saluent la mise en œuvre d’un régime de retraite unifié qui alignera les cotisations et l’acquisition des droits et minima de pensions. Indispensable dans son principe, cette réforme doit cependant au plus vite être élargie aux retraités agricoles actuels et améliorée sur plusieurs autres points. Et c’est justement sur ces points que nous voulons alerter nos parlementaires.

Il n’est pas normal que les retraites des mono-pensionnés agricoles, bénéficiant d’une carrière complète, ne dépassent pas 740 € par mois, bien loin des 1 390 euros moyens de l’ensemble des retraités français.

Les annonces sur la retraite minimum à 1 000 euros par mois ont fait naître l’espoir dans nos campagnes. Certes, la revalorisation des pensions des futurs retraités agricoles pour une carrière complète à partir de 2022 est une avancée à saluer, mais comment justifier le fait que nos retraités actuels ne puissent bénéficier du même traitement ?

Que demandez-vous ?

P. Rouquette : Aucun motif ne peut justifier le maintien de près de 300 000 retraités agricoles, sur les 1,3 million de personnes que compte actuellement le régime, en dessous du seuil de pauvreté, soit 1 015 euros par mois. Le sentiment est unanime : nos retraités actuels se considèrent légitimement comme les grands oubliés de la réforme. Une centaine d’euros par mois, telle est la réalité de leur revendication ! Passer de 75 à 85 % du Smic la retraite minimum pour les anciens chefs d’exploitation coûterait 270 millions d’euros annuels sur les 325 milliards bruts distribués chaque année par le système de retraites.

Et pour les retraités à venir, des points doivent-ils être améliorés ?

P. Rouquette : Le premier point concerne le minimum de retraite à 1 000 euros, accordé à compter de 2022, qui ne doit pas se limiter aux seules carrières complètes de chefs d’exploitation. Le gouvernement envisage de se contenter de revaloriser la retraite de 75 % à 85 % du Smic pour les nouveaux départs en retraite entre 2022 et 2037. Or, cette hausse ne concernerait que des années de carrière de chefs d’exploitation à titre principal. La retraite à 1 000 euros par mois ne serait alors une réalité que pour une faible part des non-salariés agricoles. La FNSEA estime que toutes les années cotisées au régime non-salarié agricole doivent compter pour le calcul de la retraite à 1 000 € par mois dès 2022. La réforme doit par ailleurs permettre d’améliorer les retraites des femmes collaborateurs dont la retraite minimale est aujourd’hui fixée à 547 € pour une carrière complète.

Le second point concerne la question de la pénibilité qui appelle à la plus grande prudence. Nous sommes vigilants sur les coûts que pourrait induire, sur les exploitations, la négociation menée entre les pouvoirs publics et les syndicats de salariés. De ce fait nous ne demandons pas l’élargissement de la pénibilité aux non-salariés agricoles (chefs d’exploitation).

Il y a enfin, une autre problématique qui concerne la possibilité de cumuler emploi et retraite en agriculture. Actuellement, les retraités non-salariés agricoles peuvent avoir accès à un dispositif de cumul emploi-retraite sous certaines conditions (âge, durée d’assurance, liquidation de la totalité de leurs retraites). Ils peuvent reprendre une activité en tant que collaborateur sur l’exploitation. Ils ne peuvent toutefois reprendre une activité en tant que chef d’exploitation sur une activité assujettie sur une base foncière. Pour la FNSEA, il est primordial de continuer à encourager au maximum l’installation en agriculture par une offre foncière dynamique. Elle demande que cette limitation du cumul emploi/retraite sur une base foncière soit étendue à l’ensemble des retraités quel que soit leur régime d’origine. Il serait en effet incohérent de limiter aux anciens chefs d’exploitation une activité agricole sur une base foncière alors qu’un retraité du régime général pourrait en bénéficier.

Quelle va être votre démarche auprès des parlementaires ?

P. Rouquette : Nous allons leur adresser un courrier, que nous avons signé avec Marie-Pierre Lanne (co-présidente de la section des anciens exploitants) et Laurent Saint Affre (président de la FDSEA) afin de les sensibiliser à nos demandes. Mais je tiens à rappeler que le travail de la section des anciens exploitants de la FDSEA en relais de la section nationale et de la FNSEA, ne date pas d’hier. Nous travaillons depuis plusieurs années à la revalorisation des retraites agricoles. Je rappelle que l’année dernière, notre pétition avait recueilli plus de 2 500 signatures. Nous avons aussi multiplié les contacts et rendez-vous avec nos députés et sénateurs et je pense que toutes ces actions ont eu leur influence sur les propositions actuelles».

Recueillis par Eva DZ