lavolontepaysanne.fr Actualités - Agriculture - Aveyron
Elevage - Cultures - Machinisme - Ruralité

Archives VP
Grandes cultures bio : céréales et bonnes valorisations

05 décembre 2019

Grandes cultures bio : céréales et bonnes valorisations

Laurent Gannac, 52 ans, est installé depuis 1990 en individuel à Drulhe, sur une exploitation bovins viande et céréales convertie en AB depuis trois ans.

Cet adhérent de l’APABA est à la tête d’un cheptel d’une trentaine de vaches Limousines sur une SAU de 50 ha. Il vend ses génisses pour la reprod en partie et ses mâles partent en Italie pour la repousse. «Je vends aussi quelques colis de viande...», confie-t-il sans enthousiasme. Car Laurent Gannac «s’éclate» surtout dans le métier avec ses céréales bio qui concernent la moitié de sa SAU, et représentent le tiers de son revenu.

Il cultive 5 ha de maïs, 7 ha de blé, 5 ha de soja, 2,5 ha de tournesol, 5 ha de mélanges de céréales (orge, petits pois...), 2 ha de pommes de terre, 1 ha de potimarrons.., le reste de la surface regroupe les prairies naturelles et de luzerne. «Toutes mes céréales sont commercialisées en vente directe», explique Laurent Gannac, «sauf le soja, le tournesol et le blé vendus à RAGT». Il a diversifié ses cultures bio cette année avec le potimarron, mais aussi la courge butternut et des lentilles qu’il vend à des collectivités (cantines) et un grossiste.

Pour lui, cultiver des céréales bio est stimulant : «tout est positif. Il y a encore des marges de progrès technique et commercial possibles. La culture bio est très exigeante en agronomie. La valorisation est au rendez-vous, avec un blé meunier vendu actuellement 420 euros/tonne (150 euros en conventionnel), ou le soja commercialisé à RAGT à 650 euros/tonne (280 euros en conventionnel). Les oléagineux et les oléoprotéagineux bio sont les cultures de demain. Le seule condition, c’est l’eau».

Laurent Gannac irrigue ses cultures en juillet et août, grâce à une retenue collinaire personnelle de 20 000 m3, créée en 1970 par son père. «Irriguer en été, c’est du travail un jour sur deux». Laurent Gannac conclut : «mon système a toujours été autonome. Le bio a été un choix éthique mais aussi économique. J’avais fait une première tentative de conversion bio dans les années 1990, sans succès. Aujourd’hui, la valorisation du travail est correct. Je suis libre chaque week-end. Et je commence à préparer l’installation de mon fils de 22 ans sur la ferme».

D.B.