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Assemblée générale de l’IRVA : le Veau d’Aveyron et du Ségala et l’IRVA de demain

04 juillet 2019

Assemblée générale de l’IRVA : le Veau d’Aveyron et du Ségala et l’IRVA de demain

L’interprofession régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala, IRVA, a lancé une grande réflexion sur son avenir et celui de son produit d’excellence. Tous les éleveurs ont été associés à cette démarche qui consiste à définir les orientations de la filière de qualité pour demain. Une présentation d’étape de cette réflexion a été réalisée lors de l’assemblée générale de l’IRVA, le 28 juin à Naucelle.

Pour son assemblée générale, l’IRVA tenait à inviter l’ensemble des éleveurs. Une formule innovante qui va dans le sens de la réflexion participative lancée par l’interprofession régionale depuis les réunions de cet hiver. «L’IRVA a démarré sur une dynamique d’éleveurs initiée par Daniel Carrié notamment. A l’heure où le monde change et où les agriculteurs doivent prendre en compte ces changements pour ne pas laisser partir le train sans eux, nous avons décidé de prendre le taureau par les cornes !», a introduit Pierre Cabrit, président de l’IRVA.

Une stratégie collective

«Notre produit qu’est le Veau d’Aveyron et du Ségala est reconnu pour ses qualités organoleptiques, son histoire, son label, son territoire... mais aujourd’hui les attentes des consommateurs changent et elles sont plurielles en matière de respect des animaux, de préoccupation environnementale, de fonctionnement équitable... A nous de nous poser les bonnes questions pour amorcer ce tournant», a-t-il poursuivi. C’est dans cette optique que l’IRVA a proposé cet hiver une nouvelle formule pour ses réunions de secteur : la parole a été donnée aux éleveurs pour savoir ce qu’ils attendaient de l’IRVA, pour recueillir leurs avis, leurs besoins... «afin d’être porteurs de solutions pour demain», complète Pierre Cabrit. 70% des éleveurs ont répondu à cette première invitation du conseil d’administration de l’IRVA : 259 problèmes ont été exposés et 464 solutions envisagées... L’équipe administrative de l’IRVA a étudié et travaillé ces pistes qu’elle a présenté lors d’un séminaire au conseil d’administration accompagné du groupe Jeunes Eleveurs. Douze axes prioritaires sont apparus. Des axes qui ont été intégrés à une démarche stratégique globale de l’IRVA, sa vision pour demain. «Nous avons construit les bases de notre vision commune : ce qui nous anime, ce qui nous rassemble», avancent les responsables. Pierre Cabrit accompagné des administrateurs, Nicolas Mouysset, Bertrand Clavel et Joël Clergue, ont posé sur le papier le fruit de ce travail collectif. De ce travail ressortent des idées fortes : «la confiance en nos valeurs», «l’ancrage territorial», «la création de richesses», «œuvrer pour élever la qualité», «être à l’écoute d’un monde qui bouge»... Les participants à l’assemblée générale ont pu partager leurs remarques, leurs suggestions qui vont permettre d’ajuster cette stratégie collective qui sera présentée définitivement en fin d’année ou début 2020.

L’influence des Millenials (18-35 ans)

Pour alimenter sa réflexion, l’IRVA avait invité Denis Lerouge, directeur de la communication à INTERBEV et responsable des études de consommateurs, à intervenir sur la consommation des viandes et expliquer notamment les nouvelles tendances. «Les achats des ménages sont en baisse de façon générale et le seul créneau qui se porte bien concerne le libre service et le traiteur», résume-t-il. Comme une preuve de ce changement des habitudes de consommation, les Français achètent moins de viandes brutes (-5,2%) et les viandes élaborées sont moins impactées par la baisse de consommation (-1%). A noter que 79% des achats d’agneaux et 75% des achats de veau sont réalisés par les plus de 50 ans.

Certes les ménages achètent moins de viande bovine (-7%) mais ils en consomment toujours dans les plats préparés et en restauration hors domicile puisque les abattages se maintiennent. Indéniablement les produits tout prêts l’emportent sur les produits traditionnels.

A ces changements de consommation, plusieurs explications selon Denis Lerouge, les campagnes de communication sur la livraison de repas à domicile tout prêt. A l’image de cette campagne d’Uber Eats : «45 minutes de cardio 0 minute de cuisine» ! Mais aussi le métissage et la circulation des hommes, des produits, des idées, des biens, des nouveaux modèles de repas (le plat unique du jour remplace le traditionnel menu à 3 plats), les petites portions, les bouchées, les apéritifs dînatoires, la cuisine d’assemblage, du monde, l’instantanéité avec des repas pris sur le pouce, debout, en marchant... «La viande n’a pas disparu de cette nouvelle façon de consommer, elle est simplement considérée différemment. Si elle n’est plus une évidence, elle doit reconquérir sa place dans ces nouvelles façons de consommer grâce à un travail sur l’offre et la distribution», a avancé Denis Lerouge.

«D’abord on doit accepter que l’on a changé d’époque : 88% des consommateurs aiment la viande mais 32% déclarent vouloir en manger moins. Le rapport à la consommation a changé, on pense davantage santé, environnement et cause animale», argumente Denis Lerouge. «La vraie question est : pourquoi le message des «anti-viande» est-il entendu ? Parce que la société est prête à l’écouter !».

Une campagne de communication efficace

Sous l’impulsion des Millenials (18-35 ans), on consomme en conscience des impacts éthiques, on est sous l’influence de l’ensemble de la société par ses comportements, on active les modèles de consommation de demain. C’est dans ce contexte qu’INTERBEV a lancé sa campagne de communication : «Nous avons choisi de ne pas opposer les catégories en (ré)autorisant à aimer la viande, en déculpabilisant», a détaillé Denis Lerouge. «Dans notre campagne «Aimez la viande, mangez en mieux» incarnée par Thomas, on explique que la viande a toute sa place dans une alimentation équilibrée si elle est consommée en quantité raisonnable et qu’elle provient d’une filière qui travaille de façon responsable et durable. Et le message passe puisque nous avons bénéficié de 180 retombées presse. Cette campagne basée sur un discours de raison a été très bien accueillie». C’est pourquoi, Denis Lerouge est convaincu que la viande a encore une longue et belle histoire devant elle grâce au travail sur l’offre et la distribution (constance de la qualité, nouveaux produits adaptés aux nouvelles formes de consommation, nouvelles formes de distribution qui valorisent les produits frais). «Notre mission est aussi de redonner du sens en prenant en compte les attentes des consommateurs (bien-être animal, santé, bien-traitance...), en créant du lien et en le faisant savoir», a-t-il encouragé. Des messages porteurs pour l’avenir... et qui inspireront la stratégie collective de l’IRVA.

Eva DZ