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Action FDSEA-JA contre les accords MERCOSUR-CETA : «cette agriculture : on n’en veut pas !»

04 juillet 2019

Action FDSEA-JA contre les accords MERCOSUR-CETA : «cette agriculture : on n’en veut pas !»

Mardi 2 juillet en soirée, la FDSEA et les JA de l’Aveyron ont répondu à l’appel à mobilisation nationale pour dénoncer les accords de libéralisation commerciale actés entre l’Union européenne et le MERCOSUR en fin de semaine dernière. Ils étaient environ 120 devant la préfecture à Rodez pour affirmer haut et fort : «N’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas !».

«Parce que l’agriculture ne doit pas être une nouvelle fois sacrifiée par la commission européenne», plusieurs milliers d’agriculteurs se sont mobilisés cette semaine dans toute la France pour dénoncer les accords convenus entre l’Union européenne et les pays du MERCOSUR. A Rodez, ils étaient environ 120 à répondre à l’appel de la FDSEA et des JA, devant la préfecture.

Les producteurs français et européens s’attachent à produire une alimentation de qualité, qui respecte des règles sanitaires et environnementales strictes pour protéger les consommateurs. «C’est dans une incohérence totale, que le gouvernement qui semblait nous avoir entendus, dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation, semble maintenant approuver ces accords UE-MERCOSUR», ont dénoncé les responsables FDSEA et JA, emmenés par leurs présidents, Laurent Saint Affre et Anthony Quintard.

Une délégation de responsables professionnels a rencontré la préfète, Catherine Sarlandie de la Robertie et la secrétaire générale de la DDT, Delphine Torres, pour leur signifier leur colère face à ce nouveau coup porté à l’agriculture et aux agriculteurs. «Nous sommes dans l’incompréhension totale, il y a quelques semaines encore, le ministre de l’agriculture nous assurait que les négociations étaient interrompues et qu’il n’y aurait pas de signature !», ont dénoncé FDSEA et JA.

«C’est incroyable, en France on protège mieux la terre que les hommes !», a alerté Germain Albespy, secrétaire général adjoint de la FDSEA. «On nous demande d’être irréprochables sur l’utilisation des produits phytos, sur l’épandage, sur les nitrates... pour la protection de nos sols et d’un autre côté on autorise l’entrée de produits dont on ne connaît pas les conditions de production, sujets de nombreux scandales de corruption ou encore sanitaires, destructeurs de la forêt amazonienne et qui menacent l’avenir de nos propres élevages en France !», a-t-il poursuivi. «Bref des saloperies qui vont atterrir dans nos assiettes et bien souvent dans les circuits de restauration collective dont les cantines de nos enfants, dans les plats préparés sans aucun affichage et information aux consommateurs, ce n’est pas acceptable !».

Et Benoît Fagegaltier, vice-président de la FDSEA de renchérir : «c’est une nouvelle fois les zones difficiles et la ruralité qui sont mises à mal à travers cet accord, des zones où nous n’avons pas d’autre choix que l’élevage. Quel sera leur avenir si nous sommes voués à disparaître car nous ne pourrons pas lutter face à ces viandes à bas pris ?!», s’est-il indigné. Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande de la FDSEA a complété sur l’avenir de l’élevage en France : «Que dire à nos enfants qui voudront s’installer ? Le renouvellement des générations en agriculture est un vrai défi quand on sait que 50% des agriculteurs qui détiennent 50% du cheptel allaitant en France, ont plus de 50 ans. Un tel accord ne peut pas encourager les jeunes à s’installer et les agriculteurs à continuer !».

Comme un symbole, les agriculteurs présents à Rodez ont rempli des formulaires factices d’inscription à Pôle Emploi et ont déposé leur combinaison et leurs bottes, ainsi que celles de leurs enfants, devant les portes de la préfecture : «parce qu’avec un tel accord, nous ne serons plus là demain, ni nos enfants !».

La préfète de l’Aveyron a écouté le message des responsables FDSEA et JA et s’est engagée à le relayer auprès du ministère de l’agriculture. Elle a annoncé que l’Etat allait faire une évaluation complète de l’incidence du traité s’il était signé en l’état. Elle a rappelé les conditions d’engagement de la France : respect des normes sanitaires, clause de sauvegarde sur les filières sensibles dont la viande bovine et les volailles si le marché était déséquilibré et respect des accords de Paris sur le climat.

«L’accord doit encore être ratifié, notre combat ne fait que se poursuivre», ont conclu Laurent Saint Affre et Anthony Quintard.

Eva DZ