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Didier Guillaume à Rodez : le ministre à l’écoute des agriculteurs

03 octobre 2019

Didier Guillaume à Rodez : le ministre à l’écoute des agriculteurs

Le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Didier Guillaume, a rencontré la profession agricole aveyronnaise jeudi 26 septembre à la Maison de l’agriculture à Rodez.

Cette réunion agricole était programmée en préambule à la visite d’Emmanuel Macron, lequel devait animer le Grand débat national sur les retraites. Ce débat a été reporté au 3 octobre, suite au décès de Jacques Chirac (lire page 24). La réunion avec Didier Guillaume s’est déroulée en présence notamment de la FDSEA, des JA, des membres du Conseil de l’Agriculture Française (CAF) et de tous les parlementaires aveyronnais et des services de l’Etat. Vu son calendrier chargé, le ministre a promis de revenir en Aveyron pour une durée plus longue. Cette rencontre de deux heures a quand même permis de passer en revue les différents dossiers qui préoccupent les OPA (lire ci-dessous).

«Le modèle aveyronnais»

A sa sortie de réunion, Didier Guillaume a loué l’agriculture aveyronnaise : «ce modèle, par excellence, permet à la fois d’aménager le territoire, de faire vivre les agriculteurs, et d’alimenter les concitoyens par des circuits courts. Ce modèle, c’est de la polyculture-élevage, du lait, de la transformation avec le Roquefort, du Veau d’Aveyron, et beaucoup de labels. Ce modèle est formidable. Je ne dis pas ça parce que je suis en Aveyron !». Le ministre tempère cependant : «l’agriculture française est diverse et ce n’est pas le modèle aveyronnais qui peut tout résoudre. Mais il faut, que partout ailleurs, l’on regarde ce qui se fait ici !».

Jacques Molières confirme : «le modèle agricole aveyronnais, c’est un équilibre entre les hommes, le territoire et l’économie. C’est à partir de là que se construit l’agriculture de demain dans ce département». Pour Laurent St-Affre, «notre modèle plaît en effet au ministre, avec ses exploitations agricoles familiales, à taille humaine, qui installent et se renouvellent au maximum. Didier Guillaume défend aussi les productions de qualité et ne veut pas que les territoires dits difficiles soient abandonnés».

Dominique Fayel (FNSEA) résume quelques points évoqués lors de cette rencontre : «sur l’agribashing, le ministre a été habile, en commençant la réunion sur ce sujet là, en lien avec les ZNT, certains arrêtés municipaux, les agressions d’éleveurs, et attaques d’élevages. Didier Guillaume affiche certes son soutien total et ferme, mais nous attendons plus encore. Le gouvernement doit mobiliser ses forces de l’ordre et apporter une réponse judiciaire ferme ! Et mettre un terme à certaines ambiguïtés dans un discours public pouvant donner l’impression d’aller dans le sens des caprices sociétaux qui vont trop loin. Nous attendons un soutien verbal avec une réaction plus ferme de la part des pouvoirs publics».

A propos des Egalim, selon Dominique Fayel, «le ministre fait lui aussi un constat d’échec, partiel à ce stade, notamment sur le relèvement du seuil de vente à perte. Sur ce point, le ministre a annoncé qu’il reviendrait sur ce seuil si la situation n’évoluait pas en faveur des producteurs. Nous avons mis l’accent sur cet angle mort des Egalim, et le poids excessif de la grande distribution. Le ministre nous a dit qu’il s’appuierait sur le récent rapport parlementaire pour faire évoluer certaines règles».

Le maintien de l’ICHN

A propos de la PAC 2020, la profession agricole a prévu d’en reparler avec le ministre lors de sa venue au Sommet de l’élevage cette semaine. «Nous voulons le maintien du budget, malgré le Brexit. Pour l’heure, ce débat est français, et nous savons que cela se négocie difficilement au niveau des Etats membres de l’UE. Nous voulons aussi le maintien de l’ICHN» martèle le représentant aveyronnais de la FNSEA. Les OPA ont également mis l’accent sur la contribution climat évoquée dans une nouvelle PAC.

Pour Dominique Fayel, «notre modèle agricole aveyronnais amène une solution avec la prairie permanente, et celle qui est cultivée. Le tout a un intérêt certain pour stocker du carbone. Ces points-là devront être intégrés avec l’ICHN ou aux éco-dispositifs (éco-scheme)». Dominique Fayel conclut : «avec cette rencontre, l’essentiel pour nous était de planter quelques jalons en vue de la PAC 2020 !».

D.B.