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Capr’Inov : deux élevages aveyronnais primés

03 janvier 2019

Capr’Inov : deux élevages aveyronnais primés

Tous les 2 ans, le salon Capr’Inov à Niort, met à l’honneur la filière caprine. La coopérative laitière, Terra Lacta profite de cette occasion pour récompenser ses éleveurs en mettant à l’honneur leurs performances. Pour sa deuxième édition, fin novembre, le Challenge caprin a primé six élevages dont deux en Aveyron, le GAEC de la Chamoisée à Mouret et le GAEC de Bertrand à Rodelle.

Prix du lait, régularité de livraison, bonification cellulaire/taux cellule bas, développement de production et installation, la coopérative laitière, Terra Lacta a pris l’habitude de récompenser parmi ses éleveurs, ceux ayant enregistré les meilleures performances dans ces thématiques. La deuxième édition de son challenge caprin a récompensé six élevages dont deux en Aveyron.

Le GAEC de la Chamoisée formé par Sandrine et Vincent Marcenac à Mouret a été récompensé pour sa bonification cellulaire et son taux de cellule bas. Et Pauline Rouquet du GAEC de Bertrand à Rodelle a reçu le prix de l’installation. Ces lauréats ont été sélectionnés par les techniciens de leur secteur et sur leurs résultats sur l’année 2017.

Au GAEC de la Chamoisée, les cellules sont au plus bas !

Sandrine et Vincent Marcenac élèvent 180 chèvres de race Alpine ainsi qu’une vingtaine d’Aubrac sur 88 ha à Mouret. Un élevage caprin historique en Aveyron ! En 1997, Vincent a repris le flambeau de ses parents qui s’était lancés dans la production de lait de chèvre en 1981 avec la coopérative des Gorges du Lot alors installée à Entraygues sur Truyère qui après restructuration, a rejoint Terra Lacta. Son épouse, Sandrine, l’a rejoint en 2003. Ils produisent 134 000 litres de lait par an.

Particulièrement rigoureux sur la santé des mamelles, le suivi régulier des indicateurs techniques du contrôle laitier, les efforts des deux éleveurs ont été récompensés par une bonification de 10,3 euros/1 000 litres en 2017 pour leur taux de cellules bas

(1 103 000 cellules). «Nous suivons quelques régles de base simples : le contrôle régulier de la machine à traire et de la salle de traite, la traite des primipares en premier de façon à préserver la santé des mamelles», explique Vincent. «Grâce à l’appui du contrôle laitier, particulièrement efficace en Aveyron, nous obtenons un comptage cellulaire à l’animal qui nous permet de trier les réformes, d’organiser le tarissement pour traiter...», complète Sandrine.

«Ce qui peut faire la différence chez nous c’est une lactation de 10 mois et un tarissement de 2 mois qui permet de reposer la mamelle», poursuit Vincent. L’alimentation est aussi un élément clé. La ration que proposent Vincent et Sandrine à leurs chèvres est composée de fourrages séchés en grange : pas d’ensilage, ni d’enrubannage. Et un peu de concentré.

«Nous ne cherchons pas à augmenter le litrage par chèvre mais plutôt la performance économique et l’autonomie pour limiter les intrants. C’est grâce à cette approche que nos chèvres sont en bonne santé», disent encore les deux éleveurs. L’exploitation a fait le choix d’une production de qualité et de la sélection génétique du troupeau. «L’histoire de notre élevage avec plus de 35 ans d’IA est aussi un atout», confirme Vincent, qui a sélectionné sur la conformation des mamelles pour une traite plus rapide. «Ce prix est une belle récompense qui va bien au-delà de nos résultats sur la seule année 2017. Même quand nous avions un troupeau plus important, nous n’avons jamais rencontré de gros soucis de cellules», conclut le couple.

Pauline Rouquet, une installation réussie

En 2015, Pauline a rejoint son père sur l’exploitation familiale, à Rodelle, un élevage bovins lait et viande. Mais la jeune agricultrice avait un projet bien en tête : la création d’un atelier caprin. Après des études agricoles spécialisées dans cette production, son emploi au Contrôle laitier caprin lui a permis de bien mûrir son projet. Pauline a choisi d’y aller doucement en achetant ses chevrettes. Les premières mises bas ont démarré à l’automne 2016. Aujourd’hui Pauline élève 200 chèvres de race Alpine et produit 156 000 litres de lait. Trois ans après son installation, elle attaque sa troisième campagne et ne regrette pas son choix et voit avec plaisir l’arrivée de son frère, Romain installé depuis le 1er décembre. «Ensemble nous avons pris la décision d’arrêter le troupeau bovin lait, pour nous consacrer à l’atelier caprin et à un petit troupeau de vaches allaitantes qui assure une bonne complémentarité».

Pauline a bénéficié d’un accompagnement de la part de Terra Lacta au moment de son installation et son frère Romain profitera du nouveau dispositif (lire encadré). «Nous avons fait le choix de ne pas augmenter le troupeau mais plutôt d’améliorer la qualité du lait via la génétique, l’alimentation...», détaille la jeune agricultrice. «Nous travaillons à l’équilibre de notre système tant d’un point de vue économique avec nos deux troupeaux que social d’un point de vue vivabilité». Après la construction de la chèvrerie, Pauline a installé un séchage en grange et une nouvelle machine à traire (ligne haute). «Nous recherchons le confort de travail et la qualité de production», confirme-t-elle.

Dans cette réalisation, les administrateurs de Terra Lacta ont été séduits par la création de cet atelier de A à Z de façon réfléchie, progressive, qui a permis quelques années plus tard d’accueillir un nouveau jeune. L’aménagement du bâtiment, la mise en place du séchage en grange pour plus d’autonomie, le démarrage progressif avec les chevrettes... sont le fruit d’un projet raisonné, à taille humaine. «Un bon exemple de réussite et de pérennité», a conclu Elodie Vidaillac de Terra Lacta.

Eva DZ