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ADPSA-CFPPA La Roque : les BTS font escale en Irlande

03 janvier 2019

ADPSA-CFPPA La Roque : les BTS font escale en Irlande

Pour la troisième année, l’ADPSA et le CFPPA La Roque ont proposé à leurs apprentis en BTSA ACSE et Technico-Commercial un séjour en Irlande, grâce à une aide régionale pour la mobilité européenne. Une expérience sur des exploitations qui les a enchantés !

Fin octobre, 14 apprentis en BTSA ACSE de l’ADPSA et 4 apprentis et un jeune en contrat de professionnalisation en BTSA TC du CFPPA La Roque (annexes du CFAA de l’Aveyron), accompagnés de deux formatrices, Laurette Saurel et Carole Laur, ont passé 15 jours en dans l’est de l’Irlande, à Navan. Un séjour qui bénéficie du soutien de la Région et cofinancé par ERASMUS, dans le cadre de la mobilité européenne. L’ADPSA et le CFPPA La Roque en font profiter leurs apprentis depuis 3 ans. «C’est une expérience vraiment enrichissante pour nos jeunes», confirme Laurette Saurel. «Tant sur le plan technique puisqu’ils sont accueillis sur des exploitations ou dans des entreprises en lien avec le milieu agroalimentaire, que sur le plan culturel avec des visites et des rencontres».

Des visites, des rencontres, des échanges de savoir-faire

Les apprentis ont ainsi travaillé 15 jours dans des élevages bovins lait et viande, ovins, équins, porcins... ou chez des grossistes spécialisés dans la vente de produits à destination des restaurants Fish and Chips. Et profité de 3 jours de découverte touristique et patrimoniale : Trim Castle (château du film Braveheart), The Hill of Tara, Belfast, les Musées du Titanic, de la Guiness... et des magnifiques paysages de l’île. Ils ont également rencontré des membres du Teagasc (agence d’Etat gérant la recherche agronomique, l’enseignement et le conseil en agriculture) et visité un de ces centres de recherche sur la production bovins viande et particulièrement l’engraissement à l’herbe.

«Certains avaient quelques appréhensions avant le départ notamment par rapport à la maîtrise de la langue de Shakespeare mais finalement tout s’est très bien passé et certains sont même prêts à repartir !», souligne Laurette Saurel. Les formatrices ont également relayés la satisfaction des chefs d’entreprise irlandais qui ont reçu les jeunes : «Les agriculteurs irlandais ont félicité les apprentis pour leur professionnalisme, leur sérieux et leur savoir-faire. Ils sont prêts à les accueillir de nouveau !». Un groupe envisage d’ailleurs sérieusement de séjourner en Aveyron au printemps, pour découvrir à leur tour, les méthodes de travail des agriculteurs français, notamment sur leur gestion de l’herbe en été, les Irlandais ayant été eux aussi touchés par la sécheresse. «Depuis 3 ans, nous nous sommes constitués un bon réseau d’agriculteurs en Irlande prêts à recevoir nos jeunes, pour partager leur conduite de troupeau et d’exploitation, certains ont convaincu des nouveaux d’accueillir aussi des apprentis», explique Laurette qui espère que ce séjour en Irlande sera renouvelé.

«Ce type d’expérience est vraiment bénéfique pour les jeunes, qui peuvent mettre en pratique leurs connaissances et découvrir de nouvelles méthodes et un nouveau pays. Grâce à ce séjour, les apprentis gagnent en confiance. Ils fédèrent un groupe solidaire autour de l’équipe pédagogique qui leur permet d’envisager la suite de leur formation avec sérénité», conclut Laurette Saurel.

A leur retour, les apprentis ont pu partager leur expérience lors d’une soirée de restitution avec les équipes pédagogiques, les maîtres de stage, les membres du conseil d’administration de l’ADPSA et le directeur du CFAA de l’Aveyron. En bînome, ils ont présenté le fonctionnement des fermes et entreprises dans lesquelles ils ont travaillés.

Cédric, Floran et Anaïs, ravis de leur séjour

Cédric Gombert, Floran Mouliac, apprentis en BTSA ACSE et Anaïs Soulié, apprentis en BTSA TC, sont revenus enchantés de ce séjour : «C’est une expérience qui ne se renouvellera peut-être pas, alors nous l’avons saisie !». Même s’ils avaient quelques craintes quant à la barrière de la langue, ils gardent un excellent souvenir de leur accueil en Irlande. «Nous avons réussi à nous faire comprendre et nous avons progressé dans la compréhension de la langue. C’était même trop court !».

Cédric Gombert a travaillé dans une ferme de 220 vaches laitières sur 150 ha tout en herbe, sur la base d’un pâturage tournant de février à mi-novembre. Le jeune apprenti a noté quelques spécificités : une salle de traite 2x24, la traite du soir confiée à un salarié, absence de cultures, de semis, juste un peu d’ensilage, la disponibilité de l’eau dans toutes les parcelles, un bâtiment «succinct» pour protéger les vaches de la pluie de mi-novembre à février. «Le seul travail de l’éleveur sur les terres est l’entretien des clôtures !».

Cédric a également été surpris par la compétitivité du système : un lait payé à 395 euros/1 000 L livré à deux coopératives pour faire jouer la concurrence. «Leur lait est peu cher à produire, leur système est exclusivement basé sur le pâturage. Du coup, ils n’ont pas le même souci de la qualité du lait et notamment de l’hygiène de la traite, ils se préoccupent simplement du taux de protéines», souligne l’apprenti.

Floran Mouliac, lui, a découvert un élevage laitier aussi, de 300 vaches à la traite sur 180 ha dont 30 ha de maïs ensilage et du ray grass ensilé. Là aussi, le pâturage est exclusif, même de nuit. «C’est un système très abouti puisque l’exploitant effectue une fois par semaine des relevés d’herbe dans ses parcelles pour déterminer la quantité d’herbe disponible et ainsi optimiser la gestion de son pâturage», détaille Floran.

L’un des points qui a surpris l’apprenti est la main d’œuvre disponible sur l’exploitation : un couple associé, un fils salarié, un salarié à temps plein et deux salariés à temps partiel (l’un pour la traite du matin et l’autre pour la traite un week-end sur deux). «Clairement, les chefs d’exploitation ont fait le choix de déléguer la traite, ils en sont fiers d’ailleurs ! Cette façon d’apprenhender le métier m’a surpris car ils n’ont pas la même passion pour leurs animaux que nous ! Il y a beaucoup moins d’affect ! Ils gèrent leur exploitation comme une entreprise «classique» avec des salariés», témoigne Floran.

Des systèmes tout pâturage

Anaïs Soulié, apprentie en BTSA TC, a travaillé sur une exploitation de 220 vaches laitières, classée «meilleur exploitant de la région en matière de production d’herbe de qualité». «Le système est basé sur du tout pâturage sauf 2 mois de l’année à l’ensilage d’herbe», souligne Anaïs. «Le chef d’exploitation était très au point sur la qualité et le volume d’herbe, il réalise une analyse d’herbe dans les champs chaque semaine». Elle aussi a remarqué une relation à l’animal plus détachée : «l’agriculteur confie la traite à son salarié». «Là bas les éleveurs laitiers gagnent bien leur vie, contrairement aux éleveurs bovins viande, la production de viande étant essentiellement issue du troupeau laitier». Conquise par l’accueil qu’elle a reçu, Anaïs est prête à revenir travailler quelques mois sur d’autres fermes en Irlande !

«Ce séjour nous a permis de découvrir de nouvelles conduites et techniques», affirment les apprentis. «Il nous a apporté une vision différente et nous a permis de prendre un peu de recul par rapport à nos pratiques, notamment sur le pâturage tournant que nous avions abordé préalablement en cours. Ce fut très enrichissant», concluent les jeunes. Une expérience à renouveler !

Eva DZ