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Jean-Louis Grimal : «l’agriculture, socle des communes»

02 janvier 2020

Jean-Louis Grimal : «l’agriculture, socle des communes»

Jean-Louis Grimal, maire de Curan, préside l’Assemblée départementale des maires de l’Aveyron (ADM12) depuis 2008.

- Qu’est-ce que l’ADM 12 ?

«C’est une association départementale rassemblant les 285 communes de l’Aveyron, avec trois salariés permanents. Nous sommes représentés au niveau national par l’Assemblée des maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF) que préside François Baroin. Je suis membre des commissions finances, territoires ruraux et intercommunalités au sein de l’AMF, au nom des adhérents de l’ADM12.

- Comment se répartissent les 285 communes aveyronnaises ?

Nous pouvons les classer en trois catégories. Dix communes ont plus de 3 500 habitants, 52 comptent entre 1 000 et 3 500 habitants, et 223 recensent moins de 1 000 habitants. L’Aveyron fait partie des départements les plus ruraux et agricoles de France. L’agroalimentaire et l’agriculture représentent le premier secteur économique de l’Aveyron.

- Qu’en est-il de la représentativité des agriculteurs dans les conseils municipaux ?

Ils représentent environ 30 % des élus municipaux aveyronnais. Ils sont actifs ou retraités. Parmi les 285 maires de l’Aveyron, 13 sont des agriculteurs actifs. Il est difficile de mener un vie d’agriculteur avec les fonctions de maire, même dans les plus petites communes. Il faut préciser que 60 % des maires de l’Aveyron sont des retraités, tous milieux socio-professionnels confondus (chiffres 2019).

- Quel bilan tirez-vous de la mise en place des Communautés de communes ?

L’Aveyron compte 18 intercommunalités (voir carte ci-contre), plus l’agglomération de Rodez. Elles ont comme rôles la structuration des territoires, la mutualisation des moyens. Cette entité territoriale est issue des lois de la décentralisation sous François Mitterrand (1982), lancée en 1992, avec des évolutions lors des mandats de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy. Puis avec François Hollande et la loi NOTRe (2015) visant à renforcer les compétences des Régions et des établissements publics de coopération intercommunale.

- Cette loi NOTRe est très critiquée...

Cette loi a vidé les communes de leur substance, en termes de compétences ! Celles-ci ont été transférées aux intercommunalités faute de moyens pour les communes, suite à la baisse drastique des dotations de l’Etat. Les intercommunalités ont donc été appelées à tout gérer. En pratique, les communes ne conservent que l’état civil à gérer ! La loi NOTRe a donné le coup de grâce aux communes. C’est ce qui explique en partie le malaise ressenti par les maires délégués, lesquels passent du temps dans les commissions intercommunales, sans aucun pouvoir de décision. Le gouvernement a compris le message. Il autorise de différer le transfert des compétences eau-assainissement des communes aux intercommunalités en 2026, voire la possibilité d’un transfert facultatif suite à la demande de l’AMF.

- Quel est votre avis concernant la vitalité des territoires ruraux ?

La ruralité aveyronnaise est toujours portée par le dynamisme de son agriculture. Ce secteur génère de l’activité économique locale, des emplois, malgré la baisse du nombre d’agriculteurs. Sur ma commune de Curan, il y avait 42 fermes en 2001, il en reste 28 en 2019. En 1959, il y avait 700 habitants, 300 aujourd’hui. La solution est de rendre nos territoires plus attractifs. La fibre optique s’installe partout pour séduire le secteur tertiaire, le télétravail. Le Conseil départemental se mobilise de son côté pour aménager les routes. Et des villages réhabilitent leur habitat ancien.

- Les communes nouvelles peuvent-elles redonner un nouveau souffle à la gouvernance locale ?

L’Aveyron compte huit communes nouvelles. Avec une population plus importante, il est plus facile de maintenir des services, des commerces. Ce regroupement est une bonne idée, à l’image des CUMA. Les agriculteurs sont des pionniers en la matière. Ils s’organisent depuis longtemps au delà des frontières communales. C’est un bon exemple à suivre !».

D.B.