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26 Juin 2020 | Actus Aveyron | Actus élevage

Attaques de L214 : la profession agricole «pour le bien-être animal»

La ligne d’abattage ovine de l’abattoir d’Arcadie Sud Ouest a été suspendue par le ministre de l’agriculture et de l’alimentation mercredi 24 juin, en attendant les résultats d’une inspection complète de l’abattoir.

Une vidéo publiée le 24 juin par l’association L214 met en cause les conditions de mise à mort des agneaux à l’abattoir Arcadie de Rodez ainsi que la filière engraissement d’agneaux de Roquefort. La profession agricole à travers la FDSEA, les JA et la Chambre d’agriculture a décidé de réagir rapidement suite à la suspension de la ligne d’abattage ovine décrétée par le ministre de l’agri- culture et de l’alimentation le jour même.

«Nous avons rencontré ce 23 juin, la préfète de l’Aveyron, afin de prendre acte de la suspension de la ligne d’abattage ovine de l’abattoir Arcadie à Rodez visée par la vidéo de l’association L214», a introduit Romain Déléris, président de JA 12. Il était accompagné de Laurent Saint Affre, président de la FDSEA, de Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, de Germain Albespy, président de l’association CoSE ! (Compréhension et communication Société Elevage), du secrétaire général de JA 12, Rémi Agrinier et de Pierre Cabrit, administrateur d’UNICOR, l’un des actionnaires d’Arcadie Sud Ouest. A l’issue de la rencontre en préfecture, tous ont souhaité faire un point avec la presse pour réagir à ces attaques sur la filière ovine et l’abattage.

Plutôt dans la journée, le ministère de l’agriculture et de l’alimentation avait ordonné au préfet de l’Aveyron, «la suspension immédiate de l’agrément de la chaîne ovine de cet abattoir» suite à la publication de cette vidéo qui «montre des pratiques inacceptables avec des manquements graves aux règles de protection animale». Didier Guillaume a demandé «une inspection complète de l’abattoir programmée le jour même par les services de l’Etat». «Les conclusions de cette inspection devront permettre de déterminer quelles suites doivent être données», concluait le communiqué.

«La bientraitance dans nos élevages fait la qualité de nos produits aveyronnais»

La profession n’a pas souhaité «sur-réagir» à cette vidéo et «condamne toute forme de maltraitance contraire aux pratiques quotidiennes dans nos élevages et toute dérive sur la méthode d’abattage filmée dans l’extrait», a commenté Romain Déléris. «Quel éleveur sur son exploitation n’a pas été confronté à des animaux malades et quand c’est le cas, notre missions est de les soigner. Le bien- être animal est le souci quotidien des éleveurs», explique Laurent Saint Affre, en réaction à l’extrait de vidéo dans l’atelier d’engraisse- ment où l’on voit quelques agneaux souffrants.

Les éleveurs ont conscience des attentes sociétales et ne cessent d’améliorer leurs pratiques pour y répondre. Des filières ont d’ailleurs engagé des travaux avec plusieurs associations welfaristes pour améliorer encore le bien-être animal. «Il faut savoir qu’il y a deux types d’associations qui se disent pour la protection des animaux : celles avec qui nous travaillons en bonne intelligence, dans un esprit de dialogue et de construction pour être de vrais acteurs du bien-être animal et les autres associations comme L 214 qui sont clairement anti-élevage», poursuit Laurent Saint Affre.

«L 214 a un seul objectif : la fin de l’élevage»

Et Germain Albespy, président de l’association CoSE ! qui regroupe les acteurs du monde agricole du département pour comprendre les oppositions sociétales et prendre la parole, d’affirmer : «Clairement L 214 n’est pas une association qui défend les animaux, elle veut la fin de l’élevage et elle n’hésite pas à entrer illégalement dans des élevages pour réaliser ses vidéos et ainsi faire le buzz !». Pourtant, les agriculteurs du département ne sont pas avares en matière de visites d’exploitation comme l’explique Rémi Agrinier : «Nous n’avons jamais refusé d’ouvrir nos fermes pour montrer la réalité du terrain qui ne correspond en rien à celle que l’on voit sur ces vidéos».

«Dans l’Aveyron, nous sommes plus que jamais pour le bien- être animal», renchérit Jacques Molières. «Nos produits de qualité en attestent. Des améliorations ont été apportées sur nos fermes, des efforts sont réalisés pour le bien-être animal et celui des éleveurs. Nous faisons notre métier avec passion ce qui sous-entend que nous respectons nos animaux. Si des manquements sont avérés, bien sûr nous les condamnons. Si des dérives sont prouvées, elles ne reflètent pas les pratiques quotidiennes de tous. Nous devons être prudents sur les images qui sont publiées».

Des coïncidences frappantes

Concernant la suspension de la ligne d’abattage ovine d’Arcadie, Jacques Molières est frappé par certaines «coïncidences» : «Cette vidéo est sortie la veille d’un audit prévu depuis plusieurs jours sur le site d’Arcadie. Elle intervient aussi à une période où le groupe Arcadie a communiqué sur ses difficultés économiques... Au delà de ces coïncidences, toute la profession agricole se positionne pour le maintien d’un outil d’abattage à gouvernance locale qui sécurise la production aveyronnaise».

Pierre Cabrit, administrateur de la coopérative UNICOR, l’un des actionnaires d’Arcadie Sud Ouest, complète cette position : «Arcadie est en difficulté mais si on veut se donner les moyens que ce site se projette dans l’avenir, il est impératif que l’activité continue. C’est pour cette raison que nous espérons que la ligne d’abattage pourra redémarrer rapidement, en mettant en œuvre les réajustements nécessaires, si réajustements il y a. L’outil de Rodez est performant et sa proximité avec nos filières de production est un atout que nous devons conserver».

L’atout d’un outil de proximité

La profession sera donc attentive aux conclusions de l’audit réa- lisé par les services de l’Etat. Elle espère une réouverture rapide du site d’abattage pour que l’impact soit le plus minime possible pour la filière ovine. «Il est nécessaire de conserver des abattoirs à l’échelle locale, c’est à cette seule condition que l’on pourra maîtriser leur gestion et ainsi éviter les dérives. Tout cela va dans le sens des Egalim, du projet de souveraineté alimentaire défendu ces derniers mois suite à la crise sanitaire», concluent les responsables professionnels.

Eva DZ

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