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22 Octobre 2020 | Actus nationales | Actus Aveyron | Actus élevage

Cours du broutard : «Trois semaines pour ramener du prix aux éleveurs»

Communiqué FDSEA-JA Aveyron :

«Depuis plusieurs semaines, le prix de vente des bovins destinés à l’export, les «broutards», baisse de manière injustifiée. Les syndicats JA et FDSEA ont rencontré des acheteurs locaux pour mieux comprendre la situation, mais face à leur impuissance, le ministre de l’Agriculture a réuni les principaux exportateurs et leur a donné trois semaines pour trouver des solutions.

De semaine en semaine, le prix baisse

Déjà cinq semaines que le prix baisse. A ce jour, cela équivaut à une diminution de 25 centimes d’euros du kilo. Si l’on compare les prix sur la même période l’année dernière, ils sont 35 centimes d’euros plus bas. Un éleveur perd en moyenne 150€ par animal vendu. Il en est de même pour les veaux gras, un autre type de bovins viande, pour lesquels on observe une perte de 15 à 30 centimes d’euros, selon les âges et les catégories par rapport à l'année dernière. Les prix de ventes sont toujours tirés vers le bas alors que les coûts de production augmentent (paille, fourrage...).La situation devient insoutenable pour les éleveurs bovin viande.

Des prix décorrélés de la réalité du marché

Les prix pratiqués ne correspondent pas à la réalité du marché. En Italie, le pays qui constitue le débouché majoritaire pour la vente de broutards, le cours du jeune bovin augmente progressivement: + 5 centimes d’euros cette semaine après neuf semaines de stabilité. L’export des broutards vers l’Italie augmente également: + 1% ces deux dernières semaines. En septembre, ce pays avait acheté autant de broutards que durant l’ensemble de l’année 2019.La demande semble donc être en hausse, mais le prix d’achat aux éleveurs baisse. Les éleveurs s’interrogent alors sur qui profite de la situation et s’enrichit.

Les éleveurs sont allés rencontrer des exportateurs

La Fédération nationale bovine (FNB) est allée exposer la situation auprès des différents opérateurs de marché qui n’ont pas su apporter de contestation. En Aveyron, les JA et la FDSEA sont allés à la rencontre de Bévimac et Unicor, deux organisations de producteurs spécialisées dans l’exportation de broutards pour échanger directement avec eux et essayer de comprendre la situation. L’une comme l’autre semblaient désarmées face à l’attitude de certains intermédiaires italiens qui exigent à la fois de la qualité et des prix bas, trop bas.

Intervention du ministre de l’Agriculture

Les éleveurs ne peuvent pas être éternellement la variable d’ajustement. La viabilité de la profession est engagée et cette situation alimente la déprise agricole. La France perd 2% de vaches chaque année, soit 765200* bovins viande en moins par an (*source: SPIE-BDNI). Après plusieurs semaines de pression syndicale, le ministre de l'Agriculture a réuni les principaux exportateurs et les représentants de la FNB dans le cadre d’un déplacement dans le Puy-de-Dôme, le vendredi 16 octobre. Eurofeder, Deltagro export et Bévimac ont répondu présents, Parma France a décliné l'invitation. Julien De Normandie,a donné trois semaines aux exportateurs pour trouver des solutions. Il a demandé à ce que de nouveaux débouchés soient trouvés et a insisté pour que les qualités des bovins français soient mises en avant : qualités sanitaires, de traçabilité, génétique... Pour l'heure, les JA et la FDSEA encouragent les éleveurs qui le peuvent à continuer de faire de la rétention d’animaux maigres pour essayer de peser sur le marché».

 éleveurs+broutards+bovins

09 Octobre 2020 | Actus Aveyron | Actus élevage

La FDSEA réfléchit à un projet économique collectif [points de vue]

Françoise Fontanier, présidente de la section production et transformation de produits fermiers FDSEA et Valérie Imbert, secrétaire générale de la FDSEA.

La FDSEA de l’Aveyron a participé à une journée autour du syndicalisme économique, initiée par la FDSEA de l’Ain à Bourg en Bresse, le 1er octobre. Françoise Fontanier et Valérie Imbert donnent leur point de vue sur cette journée.

- En quoi consistait cette rencontre ?

F. Fontanier : «Il s’agissait d’échanges entre départements sur des démarches collectives de valorisation de produits (lait, viande, céréales...), dans l’esprit d’organisation de filières, initié par les Etats généraux de l’alimentation. Des FDSEA ont expliqué comment elles avaient initié la mise en place d’associations d’éleveurs pour porter une marque et la commercialisation de leurs produits. Cette journée a permis de partager les expériences de chacun, de témoigner d’un vécu, des différentes étapes à franchir pour concrétiser un projet collectif, les écueils à éviter, les partenariats à créer...

- Que retenez-vous de cette journée ?

F. Fontanier : La majorité de ces projets étaient bâtis à partir de l’attente des consommateurs, car ce sont finalement eux qui valident le projet par leur acte d’achat ! Les projets en viande travaillent à flux tiré, c’est-à-dire que ne sont amenés à l’abattoir que les volumes correspondant aux demandes, il y a très peu de stocks de façon à éviter tout bradage ! Dans le département de l’Ain, une marque a été créée par les producteurs en relation étroite avec le Département qui plutôt que de financer la démarche, assure l’achat de produits pour ses cantines.

Des idées à retenir pour alimenter notre réflexion en Aveyron sur la mise en œuvre d’un projet de valorisation de nos broutards destinés à l’Italie qui pourraient par exemple être valorisés localement dans les cantines, les EPHAD, la restauration et pourquoi pas les GMS... L’idée est de créer une démarche complémentaire de l’existant, en nous appuyant sur notre réseau FDSEA et nos partenaires.

V. Imbert : Cette journée nous a montré aussi que le syndicalisme, au-delà de la revendication, pou- vait se réinventer en travaillant sur des projets économiques collectifs. Un syndicat de projets dans l’objectif de valoriser les produits et dans lequel les agriculteurs seraient acteurs de l’organisation de leur filière en se réappropriant la commercialisation. En assurant la valorisation, nous pourrions conforter nos exploitations et penser à l’avenir».

Eva DZ

 éleveurs+viande+cantines

05 Octobre 2020 | Actus Aveyron | Actus élevage

Préfète de l’Aveyron : «Je promets de me battre pour vous» [point de vue]

Lundi 28 septembre, la FDSEA et les JA accompagnés de nombreux agriculteurs de la commune de Florentin la Capelle et des responsables FDSEA et JA du nord Aveyron et de la vallée du Lot ont accueilli la préfète et le DDT sur une exploitation où les représentants de l’Etat ont pu constater, chiffres et témoignages à l’appui, les conséquences de la nouvelle sécheresse qui touche ce territoire (notre photo). A l’issue de la rencontre avec les agriculteurs, Valérie Michel Moreaux, a «fait la promesse» de se battre pour défendre la cause des agriculteurs.

- Que retenez-vous de cette visite de terrain auprès des agriculteurs touchés par la sécheresse ?

V. Michel Moreaux : «J’ai noté les différences d’interprétation des cartes météo qui ne retracent pas précisément les réalités du terrain. J’ai compris qu’il n’y avait pas que l’absence de fourrage à un moment donné qui posait problème, les conséquences impactent l’élevage. Le manque de fourrages nécessite d’acheter de l’aliment supplémentaire pour maintenir le poids des animaux. A défaut, les animaux seront plus légers et donc moins bien valorisés. Les agriculteurs m’ont aussi parlé des conséquences des sécheresses sur leurs prairies à moyen et long terme. J’ai retenu aussi l’inquiétude des responsables professionnels mais aussi des élus locaux sur la pérennité des exploitations face à ces difficultés et sur l’enjeu du renouvellement des générations, le maintien de la dynamique locale.

- Quel a été votre message aux agriculteurs ?

V. Michel Moreaux : Je n’ai pas le pouvoir de faire changer le système des calamités agricoles mais je ferai entendre ma voix sur ses incohérences, auprès du ministre. C’est mon rôle de faire remonter les problématiques du terrain et pour cela, je devais aller à la rencontre des agriculteurs pour mettre du concret, écouter leur vécu.

- Beaucoup d’agriculteurs présents ont fait part de leur découragement face aux sécheresses successives mais aussi face au manque de rémunération en filière bovin viande. Quelle est votre réaction ?

V. Michel Moreaux : En effet, les représentants professionnels m’ont fait part des difficultés sur la filière viande, je comprends que face à ce manque de recon- naissance, les éleveurs se découragent. Mais je pense qu’il y a une vraie évolution dans la perception du métier d’agriculteur : en cette période difficile, ils ont montré que l’on pouvait compter sur eux. Ils ne sont pas oubliés et je pense que la société évolue vers des produits plus qualitatifs. En cela, l’Aveyron a une vraie carte à jouer. Je suis optimiste. J’ai vu sur cette ferme à Florentin la Capelle, beaucoup de jeunes agriculteurs, ça me fait plaisir et ils doivent savoir que les services de l’Etat, que leur préfète sont là pour les accompagner et les aider à passer ces difficultés».

Eva DZ

 éleveurs+sécheresse+préfète

28 Septembre 2020 | Actus Aveyron | Actus élevage

Mont Lait : mobiliser les troupes !

Quelques jours après l’assemblée générale de l’association des producteurs de lait de montagne (APLM), le président Dominique Barrau fait le point sur la dynamique de la marque Mont Lait, son développement et sur les chantiers à venir.

Comment se portent les produits de la marque Mont Lait, portée par les producteurs de lait de montagne pendant cette période de crise ?

D. Barrau : «Nous avançons sur une belle dynamique car nos produits, que ce soit le lait, la raclette ou le beurre de baratte, correspondent à des systèmes de production plébiscités par les consommateurs. L’origine, le lien au territoire, le respect de l’environnement sont autant de notions qui «leur parlent» et déclenchent leur acte d’achat. Pendant la crise, nous avons ressenti ce souci de proximité des consommateurs avec les producteurs et cet atout nous l’avons puisque notre association est à l’initiative de producteurs qui ont créé leur propre marque pour commercialiser leur lait. A condition bien sûr qu’il y ait un retour différencié aux producteurs, c’est une préoccupation aussi des consommateurs.

Les producteurs sont d’excellents ambassadeurs

Comment se passe le développement de Mont Lait en France ?

D. Barrau : Nous voyons l’avenir avec optimisme car nous avons réussi notre implantation dans nos départements d’origine du Massif central (Puy de Dôme, Creuse, Corrèze, Cantal, Haute-Loire, Lozère et Aveyron). Et nous arriverons aussi à nous développer dans d’autres régions. Récemment, une enseigne nous a proposé d’entrer sur sa plateforme pour distribuer nos produits sur l’ensemble de la région parisienne. C’est un signe positif et une nouveauté pour nous. Notre développement est donc positif sur le marché intérieur français. Beaucoup s’intéressent à notre démarche. Je pense aussi aux régions de l’Ouest, comme le Poitou-Charentes, une zone laitière qui s’ouvre à d’autres produits comme les nôtres ! A nous de tirer partie de cet avantage !

Quelles sont les répercussions pour les producteurs ?

D. Barrau : Lors de notre assemblée générale de septembre, nous avons annoncé que le retour aux producteurs pour l’année 2019 serait identique à celui de 2018. Et je peux déjà annoncer qu’en 2020 il sera supérieur puisque les ventes de nos produits ont progressé de plus de 25 %.

Quels sont les enjeux de demain pour Mont Lait ?

D. Barrau : Nous avons besoin d’une remobilisation de tous dans la vie de notre marque. Les producteurs doivent prendre conscience de leur pouvoir commercial. Je l’ai dit, nous avons tous les atouts, les arguments en main mais le mieux c’est quand c’est le producteur qui le dit ! L’ADN de Mont Lait d’ailleurs, dès le départ, est d’impliquer le producteur de A à Z. Nous avons déjà d’excellents ambassadeurs dans nos rangs, nous devons nous appuyer sur leur réussite dans les animations magasins, sur les salons professionnels et grand public... pour étendre cette implication dans la promotion de nos produits. Pendant l’hiver, nous allons mener un travail de mobilisation autour de nos produits et des moyens de transmission des savoir-faire des producteurs avec les moyens modernes de communication. C’est notre gros challenge des mois à venir.

Quelles seront vos actions ?

D. Barrau : Nos 800 producteurs adhérents à l’association (420 fermes) sont autant de commerciaux en puissance que nous souhaitons impliquer davantage dans la vie de Mont Lait. C’est pour cette raison que nous avons décidé d’ouvrir notre prochaine assemblée générale à l’ensemble de nos adhérents. L’idée est qu’ils participent concrètement à la vie de leurs produits. Et qu’ils apprennent aussi à se connaître et à œuvrer ensemble dans un même objectif : promouvoir le lait de montagne».

Eva DZ

 éleveurs+lait+montlait

22 Septembre 2020 | Actus nationales | Actus Aveyron | Actus élevage

«Eleveurs en otage, les chiffres plus têtus que les discours !»

Tribune de Christian Bajard, du Berceau des races à viande du Massif central.

A l’issue d’une rencontre du Berceau des races à viande du Massif central, Christian Bajard, coordonnateur du Berceau des races à viande du Massif central, publie une tribune dans la presse agricole.

«Le 31 août, à l’invitation de la FNB, nous rencontrions les plus importants exportateurs de broutards français pour avoir des explications sur la situation de l’export d’animaux vifs sur l’Italie. Alors que le broutard Charolais a perdu 20 cts d’euro/kg en 5 semaines et même 30 cts d’euro par rapport à 2018, les éleveurs du Berceau, déjà fragilisés par une succession de sècheresse sont en colère, en détresse et surtout se sentent trompés par nos exportateurs.

Lors de la rencontre FNB/exportateurs, on nous affirmait que le marché italien était atone, que l’on exportait difficilement les broutards. Mais, que disent finalement les données transmises par le ministère (à partir des remontées des opérateurs de la filière) ? + 1% d’animaux vifs exportés en Italie ces 2 dernières semaines et autant d’animaux exportés qu’en 2019 depuis le début de l’année.

La cotation du jeune bovin italien ne cesserait de s’effondrer ? Faux, les cours du JB à Modène augmentent de 5 centimes cette semaine après 9 semaines de stabilité.

Nous sommes complétement dépendants du marché italien ? Oui mais l’Italie est surtout très dépendante des achats français : 83% des importations des bovins vivants étaient français en 2018 contre seulement 67% il y a 10 ans. Cela devrait traduire un export dynamique. Personne n’a contesté ces données, et personne n’a amené de contradictions à la suite de notre rencontre.

Mais alors, à quoi sert-il de distiller des informations erronées dans les cours de fermes ? A fragiliser des éleveurs déjà bien éprouvés ? Pourquoi les opérateurs français parlent-ils uniquement de la situation de leur client italien omettant de parler de la détresse des éleveurs français ? Nous pouvons légitimement nous interroger, s’agit-il d’une stratégie commerciale encline à créer de la valeur ? La présence d’opérateurs puissants pour exporter aurait pu permettre un équilibre dans les négociations commerciales, l’éleveur ne pouvant éternellement être la variable d’ajustement. Force est de constater que pour le moment, ça ne marche pas.

Notre regard est sans doute trop simpliste, mais nous fondions légitimement un espoir que les exportateurs pèsent de tout leur poids pour rémunérer les éleveurs qui les font vivre. Les éleveurs ne peuvent se satisfaire des réponses qui leur ont été faites. Nous appelons donc à un comportement différent qui ambitionne la création de valeur pour nos broutards reconnus pour leurs qualités sanitaires, leur croissance et leurs qualités de viande. La défense des éleveurs doit être une priorité sinon l’élevage français continuera de se fragiliser. Ce n’est même plus une menace, c’est un fait avéré. Aussi, nous appelons la filière à faire une véritable analyse de marché, à mener une réflexion collective et à apporter une réponse rapide aux éleveurs de ce territoire ! Le revenu des éleveurs se construira avec des prix rémunérateurs. Nous vous attendons !".

 bovins+viande+prix

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